Sam., xxix, 2. II Rois, 1x, 4, 3. 1 Sam., xxi
SCHAOUL (sSAÜL). 259
ms
De Gath, la ville des Pelischtim, David se retira sur une hauteur, dans la caverne d’Adoullam {, peutêtre Merharet-Kharitoun, à huit kilomètres de Beth- Jéhem; c'est un assemblage de grottes creusées de main d'homme. Dans ce labyrinthe, connu dès l’enfance, David put songer à se réfugier sans péril.
Sa famille de Beth-léhem, sans doute traquée par Schaôul, ainsi que quatre cents hommes disposés à tout et pour la plupart s'étant mis hors la loi de leur pays, se joignirent à lui. Le fils d’Ischaï se trouva à peu près dans la même situation qu’'Iphtah le Guileädite, qui, chassé de la maison paternelle, se fit chef de bande. Poursuivi ardemment par le roi, David confia les plus faibles des siens au roi moabite, résidant au delà de l’Iardèn, ne gardant avec lui que les hommes les plus déterminés et les plus habiles dans les coups de main. Parmi eux se signalèrent les Beth-léhémites, neveux de David, Ioab, Abischaïet Azahel; un autre parent du hardi chef de bande, Elhanan, fils d’Iair; trois jeunes gens audacieux, Ieschobeäm de laville de Hamon, Éléasar, et Schama; Ioïada, fils de Benayahou. Tous ces jeunes hommes avaient des poitrines de guibborim (héros).
Cependant il est probable que tout d’abord David, hésitant à entrer en lutte ouverte avec Schaôul, l’oint d’Iahvé, avait songé à rester avec toute sa troupe dans la ville forte de Mizpa-Moab, où il était soutenu par le roi du pays et aussi par Nahasch, roi d’Ammon. Ce fut sur les ordres du prophète Gad qu’il repassa l’Iardèn et vint avec ses hommes à l’ouest d’Iehouda et au sud d’Adoullam.
Cependant, malgré ses luttes contre Schaôul et l'asile
An Re 0 0 2 0 0
1. I Sam., xxu1. Sur la grotte d’Adoullam, voyez Grætz, Geschichte der Israeliten, t. 1, note 14. — Guérin, Description de la Palestine, Judée, t. III, p. 134-136, — Tobler, Topographie von Jerusalem und seinen Umgebunges,t. IT, p.$10, etc, — Clermont-Ganneau, Revue archéologique de 1877.
qu’il avait sollicité du roi Akisch et des scheiks transjordaniques, l’amour d’Israël et la haine des Pelischtim n'avaient pas faibli dans l’âme de David. Apprenant que les Pelischtim enserraient le bourg de Qeïlaf, dans la Scheféla d’Iehouda, mais sur une haute colline (Khirbet-Kila, aujourd’hui ruines de Kila ?), il y courut, après avoir consulté le grand-prêtre Ebyathar, fit des ennemis un grand massacre et leur enleva leurs troupeaux.
Il séjournait dans Qeïla délivrée, quand il apprit que Schaôul, avec une troupe nombreuse, marchait contre le bourg, espérant l’y enfermer et s'emparer enfin de lui pour le faire mourir. Les habitants de la ville, il en acquit la certitude, étaient disposés à le livrer aux mains du roi. Quittant alors le bourg ingratet ne se croyant pas en sûreté à l’ouest d’Iehouda, il courut à l'est, près de la Mer-Morte.
Il gagna de là les montagnes de Ziph, à une heure environ au sud-est de Hébron, et se cacha dans les forêts de chênes verts, dont les restes sont encore debout 3. La, dans un endroit nommé Horscha (la forêt), il reçut la visite d’Ionathan. « Tu seras roi sur Israël, lui dit le fils de Schaôul, et après toi, je serai le second. Mon père le sait bien. » Après qu’ils eurent renouvelé devant Iahvé leur pacte d’amitié, Jonathan, laissant David, retourna dans Guibeä.
Soit pour plaire au roi, soit pour se délivrer des bandes de David, dont le voisinage ne devait pas être sans les inquiéter, les Ziphites dénoncèrent à Schaôul Ja retraite de son gendre, à Horscha. Mais, occupé tout à coup par les Pelischtim, le roi ne put profiter des renseignements de ceux de Ziph. Le rusé David, du reste, informé de la trahison des Ziphites, avait déjà changé de séjour : il s'était retiré à Maon, à une
14 1 Sam,, xx11x.
2. Guérin, Description de la Palestine, Judée, t. III, p. 160. 3. Ibid., p. 341 et suiv.
SCHAÔÜUL (sAÜL). 261
heure et demie environ de Ziph. Au sud de Hébron apparaît aujourd’hui encore Tell-Ziph. Du haut de la colline où ils séjournaient, les habitants de la ville pouvaient surveiller les démarches de David. C’est ce qui explique son prompt départ pour Maon ti.
Si l’on veut juger de la terreur que le fils d’Ischai répandait dans les districts qu’il habitait avec sa bande, qu’on écoute ce qui lui advint dans le pays de Maon, près du bourg de ce nom, dont les débris jonchent la pente occidentale de la hauteur nommée aujourd’hui Tell-Maïn!
Non loin de cet endroit, dans le bourg de Karmel, demeurait un homme fort riche, possédant trois mille brebis avec mille chèvres. Elles paissaient sur les pentes de la colline où gisent maintenant, près de belles citernes, les ruines appelées Khirbet-Karmel. Souvent aussi on les menait dans les environs de Maon, sur les flancs de cette hauteur, Tell-Maïn, d’où l'on a une vue ravissante, et où le riche Karmélite s'était fait, du reste, dresser une habitation 2. Cet homme s’appelait Nabal (l’imbécile), et sa femme, Abigaïl; c'était une créature belle et intelligente, tandis que son mari, qui descendait de Kaleb, avait une nature âpre et mauvaise.
Par sympathie peut-être pour la belle jeune femme qu’il avait entrevue sur les collines, David avait eu soin que sa bande respectât les troupeaux et les propriétés de Nabal. Manquant de nourriture, il envoya un jour quelques-uns des siens vers Nabal, le priant de lui donner un peu de son froment ou de ses brebis.
Qu'est-ce que David?
dit insolemment Nabal aux messagers,
Et qu'est-ce que le fils d’'Ischai?
1. 1 Sam., xxv. — Van de Velde, Reise, t, II, p. 105. 2. Guérin, Judée, t, III, p. 166-170,
Sans doute, j'irai donner à des gens dont je ne sais pas d’où ils viennent les provisions préparées pour mes tondeurs de brebis! »
En apprenant la réception faite à ses ervoyés, David dit à sa bande : « Prenez vos armes. » Quatre cents le suivirent, tandis que deux cents autres restèrent pour garder les bagages.
Cependant la belle Abigaïl, ayant appris le danger qui menaçait sa maison, alla au-devant du rude chef de bande, que probablement elle connaissait déjà. Sur des ânes elle avait fait placer deux cents pains, une outre de vin, cinq moutons cuits, cinq mesures de grains grillés, cent gâteaux de raisins secs et deux cents gâteaux de figues. C'étaient des présents pour David et les siens. En apercevant lÉphratite, la belle et subtile Abigaïl descendit de son âne et se prosterna. À elle seule elle imputa la dure réponse de Nabal : « Que mon maître n’ait pas égard à Nabal! car il est ce que signifie son nom : il s'appelle l’imbécile. » Joints à sa grâce et à sa subtilité, les présents d’Abigaïl touchèrent l’âme de David. — Si tu ne t’étais pas hâtée, lui répondit-il, il ne serait resté à Nabal rien de ce qui pisse contre le mur (aucun mâle). Maintenant remonte en paix chez toi. » Quand Abigaïl rentra dans sa maison, Nabal faisait un grand festin; tout à coup, au milieu de la joie, il tomba comme foudroyé. Dix jours après environ, il expira. David demanda en mariage la belle Abigaïl, qui lalla rejoindre aussitôt sur son âne, avec ses cinq suivantes. Il épousa encore Ahinoäm, de la plaine d’Isréel.
De Maon, pressé par Schaôul, il se rendit à En- Gueddi (Engaddi), au sud de la Mer-Mortei. Libre du côté des Pelischtim, Schaôul avec trois mille hommes essaya de cerner, dans En-Gueddi, David et sa bande. II y a là des rochers incultes et très
De ptet mtiqenteememrrmremenartenens fe am