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échapper à la royauté du Beth-léhémite David, Guileäd, Ephraïm, Beniamin et tout Israël se donnèrent à Ischboschet.
Pendant cinq ans, Abner s’occupa de chasser les Pelischtim du territoire d'Israël, après quoi il put faire sacrer le descendant de Schaôul. En déployant cette activité, Abner servait sa propre famille: son père Ner était le frère de Schaôul, et ce pauvre enfant, faible et délaissé, dont il avait fait un roi, était son propre cousin.
Cependant, malgré sa valeur et son habileté, Abner dut reculer devant Ioab, chef des troupes de David. Les Iehoudites s’emparèrent de territoires appartenant à Beniamin et à Dan; ils prirent les villes de Zora et d’Eschtaol, huit cités danites, le bourg boisé de Qiriath- -Jârim, où était la barque d'alliance, et la haute Mispa, qui avait vu le sacre de Schaüul. Aux frontières nord-ouest, Iehouda s’étendit jusqu'a Guibeôün. Près du réservoir de cette ville, se rencontrèrent Abner et Ioab. Douze Beniaminites, partisans d’Ischboschet, et douze Iehoudites, dévoués au roi de Hébron, sortirent des rangs pour un combat singulier : tous les vingt-quatre, chose étrange! après des efforts furieux, tombèrent, percés au flanc. La lutte devenant générale, Abner dut céder devant les bandes redoutables de David.
Ioab, Abischaï et Azahel, tous trois fils de Serouya, sœur de David, s’élancèrent a la poursuite d’Abner. Léger comme une biche des champs, Azahel pressait le chef vaincu. En vain Abner lui dit: « Cesse de me poursuivre, sinon je serai forcé de t’étendre à terre; et comment, après cela, oserai-je me présenter devant ton frère Loab 8 » Azahel n’arrêta pas sa course. Alors, se retournant, Abner lui enfonça dans le ventre le bois de sa lance et l’étendit mort à ses pieds.
Au coucher du soleil, près de Guibeath-Amma, situé en face de Guia, ‘dans la direction du désert de Guibeôn, les Beniaminites, massés autour d’Abner sur une colline, firent volte-face, Dans cette forte posi-
tion, leur chef, poursuivi par Ioab et Abischaï, put se retourner et demander la paix à des conditions avantageuses, Sonnant de la trompette, Ioab annonça, aux Jehoudites, la fin de la lutte. Ceux-ci avaient perdu dans l'affaire dix-neuf hommes et Azahel. Trois cent soixante étaient tombés parmi les gens d’Abner. Dans la nuit, Abner s’enfuit furtivement, passa l’Iardèn, et revint dans Mahanaïm, d’où il nargua encore la maison de David. Quant à Azahel, on ensevelit son corps à Beth-léhem dans le tombeau de son père.
Malgré la lutte entre David et Ischboschet, toute relation entre eux ne paraît pas avoir été rompue.
Le nombre des femmes de David s'était multiplié sans doute au delà de ce que permettait l’esprit du mosaïsme. À Hébron, le nouveau roi eut d’Ahinoäm un fils Amnon1; d’Abigaïl, un autre fils Kileäb ; de Maaka, la fille de Talmaï, roi de Geschour, il lui naquit Abschalom (père de la paix); Hagguit lui donna Adonia (mon maître, c’est lahvé): et Abital, Schephateya (Dieu est juge). Son sixième fils, né à Hébron, lthreäm, ce fut Egla qui le mit au jour.
Cependant, au milieu de ces femmes, choisies çà et la dans les expéditions parmi les plus belles, la pensée de David ne pouvait se détacher de cette Mikal qu’il avait tant aimée dans sa première jeunesse et sur laquelle brillait dans tout son éclat la beauté merveilleuse qui semble avoir appartenu à la maison de Schaôul Il l’envoya redemander à Abner et à Ischboschet ; elle lui fut rendue, Cédant à la force, son second mari vint l’accompagner en pleurant jusqu’à Bahourim; la voix impérieuse d’Abner put seule l’arracher aux derniers embrassements de la belle Mikal.
Depuis deux ans, Abner luttait vigoureusement; mais, en homme habile, voyant que la fortune préférait décidément Hébron à Mahanaïm, il fit tout son possible pour se remettre en grâce avec Hébron.
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