‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 175 sur 244 · EC · texte numérisé non relu

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plus braves, liés à la fortune du roi, ne le quittaient pas. En outre, il avait deux corps de mercenaires étrangers, les Kréthi et les Pléthi, dont Benayahou était le chef, et qui se tenaient toujours prêts à exécuter les volontés particulières de David.

Avec toutes ces forces organisées, David n’avait rien à craindre des Pelischtim. Quand ils envahirent la plaine des Rephaïm, le roi, après avoir consulté Iahvé, courut à Baal-Perassim (Baal des ruptures). Le respect des alliances et des négociations, là comme autrefois à Schekem, avait été probablement mis sous la protection de Baal. David y défit les Pelischtim dans un combat si prodigieux qu’il rappela celui de Guibeôün, où le soleil s'était arrêté à l’invocation d’Ioschoua. Vainqueur, le roi fit un de ces jeux de mots si familiers à Pesprit sémitique; dans une allusion à Baal-Perassim, il s’écria : « Iahvé a rompu mes ennemis comme une rupture d’eau. »

Dans la même plaine des Rephaïm, les Pelischtim, vaincus, mais indomptables, firent sans plus de succès une deuxième ïincursion (c'était sans doute à l’époque de la moisson) pour piller et saccager tout le pays.

Une troisième fois, ils parurent à Éphès- Dammin, dans la vallée des térébinthes, là même où David, encore enfant, avait tué Goliath. Le roi les mit en pièces et les poursuivit jusqu’à l'entrée de Guézer1,

Pour réduire ce peuple intraitable, David ne crut pas assez faire en le chassant des frontières d’Israël. Il l’alla attaquer sur son propre territoire. Avec ses forces, il entreprit le siège de Gath, la ville du roi Akisch, où il avait entendu autrefois murmurer à son oreille :

Schaôul à tué ses mille, David ses dix-mille.

1, II Sam,, v.

Le vieux roi Akisch dut être fort étonné de devenir le tributaire de ce chef de bandes qui, autrefois chassé d’Iehouda par Schaôul, était venu auprès de lui implorer un asile.

La prise de Gath sembla suffisante à David pour porter l’effroi de ses armes chez les Pelischtim: il ne tenta rien contre Gaza, Aschqelon, Aschdod et Egron.

A l'histoire véritable va se mêler la légende populaire. Le peuple va mettre une auréole au front des plus hardis compagnons du roi.

Le second livre de Schemouël raconte les exploits des héros de David dans les luttes avec les Pelischtimf. La chronique très fragmentaire où ces hauts faits sont marqués a un caractère assez étrange. Il y est question à trois reprises de guibborim ou géants, tout à fait semblables à Goliath et dont l’un est son frère. Le premier de ces colosses, descendant des Rephaïm, s’appelait Ischebobenob, et fut tué par Abischaï, au moment où il allait frapper le roi. À Gob parut le second géant des Pelischtim, que tua Sibkaï de Houscha. Au même endroit, Elhanan de Beth-léhem renversa le frère de Goliath le Gathite, Lahmi?, qui avait une Jance dont le bois ressemblait à une ensuble de tisserand. Un autre colosse, dont chaque main et chaque pied avaient six doigts, tomba sous les coups d’Ionathan, neveu de David.

Dans les différentes luttes contre les Pelischtim se signalèrent non seulement Ioab et les neveux du roi, mais encore quelques vaillants hommes d’Israël dont les écoles de nabis ont enregistré les gestes héroïques. Éléasar tua tant de Pelischtim dans une rencontre que sa main fatiguée en resta comme rivée à sa khopesch. Israël, un jour, fuyant devant les incirconcis, Schamma, fils d’Agué, se tint seul au milieu d’un champ de lentilles. Sa vue ranima les courages endor-

DITS, XD NAS =22; 2,01 Chron., xx, *S.

mis, et à Israël revint la victoirei. Benayahou de Qabseël tua les deux grands lions (héros) de Moab, et, par un temps de neige, égorgea un lion dans une fosse où il eut l’audace de descendre. Parmi ses victimes, on compta aussi un géant de Mizraïm, qu’il perça après lui avoir arraché son énorme lance.

D'autres héros encore sont signalés par les nabis.

Les vaillants compagnons formant la garde favorite de David, la poésie semble plus tard les avoir enveloppés comme d'une vapeur dorée dans la mémoire d’Israël.

Ce fut dans une des invasions de la plaine des Rephaïm qu’eut lieu un fait tout à l’honneur de David et dont les écoles de prophètes ont voulu garder la mémoire. Les Pelischtim CNE cette belle plaine et tenaient aussi Beth-léhem. « Ah! s’écria le roi, mourant de soif, qui me donnera de l’eau du puits de Beth-léhem, creusé près de la porte? » Alors trois chefs israélites, sur ce désir du roi, passant à travers le camp des Pelischtim, allèrent puiser de cette eau aimée à laquelle s’attachaient pour David des souvenirs d’enfance. Mais, quand on lui présenta le vase, le roi refusa de boire, et fit de l’eau une libation à Iahvé : « Par Élohim! je hé boirai jamais cette eau : c’est le sang de ces hommes qui sont allés là-bas au péril de leur vie ».

Les triomphes sur les Pelischtim donnèrent à David un grand prestige parmi le peuple. Agriculteur et pasteur, Israël n’eut plus à craindre, après avoir semé, de voir les étrangers venir ramasser ses gerbes ou écraser ses blés, Pour la première fois, le sud de la Palestine goûtait la douceur de la sécurité. Broyé, humilié, pendant de longs siècles, sous les chars de fer des Pelischtim, Iehouda les pouvait voir en pièces dans ses plaines.

La renommée de David s'était étendue jusqu'en Phénicie. Hiram, qui, de Zidon, avait transporté à Zour

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