‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 180 sur 244 · Il Sam,, xur · texte numérisé non relu

Il Sam,, xur

— O mon frère, ne m’opprime pas. On n'agit pas ainsi en Israël ; ne commets pas cette infamie. » Mais, sans écouter ses plaintes, le farouche Amnon s’empara d’elle par violence.

Sa passion satisfaite, il conçut aussitôt pour Thamar un grand dégoût et la chassa d’auprès de lui. Mise honteusement à la porte par un esclave, Thamar déchira la tunique à manches que portaient les princesses royales tant qu’elles étaient vierges, mit de la cendre sur sa tête et poussa de grands cris. Elle s’enferma chez son frère Abschalom, dont la haine contre Amnon ne connut pas de bornes. Mais il sut la dissimuler.

Deux années après la violence accomplie sur Thamar, Abschalom faisait à Baal-Hazor, dans la vallée des Rephaïm, la tonte de ses nombreuses brebis. Il invita les fils du roi, et tout particulièrement Amnon, à venir aux réjouissances qui accompagnaient la moisson de la laine comme celle du blé. Souvent, dans ces fétes, on poussait la joie jusqu’à l'ivresse. Abschalom avait recommandé de ne pas ménager à Amnon le vin parfumé. Quand la tête de celui-ci fut prise par les fumées du vin, les serviteurs d’'Abschalom, sur l’ordre de leur maître, le massacrèrent. Effrayés, tous les fils du roi prirent la fuite sur leurs ânesses. Mais ce n’était pas à eux, c'était au seul oppresseur de Thamar qu’en voulait ‘Abschalom.

Dans l'entourage de David, le meurtre d’Amnon ne semble pas avoir excité une ?indignation bien vive. Le roi seul, fort attaché à Amnon, son aîné, ne put pardonner sa mort à Abschalom. Celui-ci s’était réfugié chez le père de sa mère, le roi de Gueschour, Talmaï,

A plusieurs reprises, la famille de David semble être intervenue pour obtenir le retour d’Abschalom. Où était son crime? N’avait-il pas eu le droit de venger l’honneur de sa sœur Thamar? Le sauvage Amnon, du reste, ne devait pas avoir éveillé de bien vives sympathies dans sa maison. Mais le motif que

l’on fit valoir auprès du roi, ce fut qu'ayant déjà perdu un fils dans la personne de son aîné, il ne réparerait pas ce malheur en se privant lui-même de son autre fils, Abschalom. Sur l’ordre d’Ioab, une femme âgée, de Théqoäl, raconta un jour au roi que, deux de ses fils s'étant battus dans la campagne, et l’un ayant succombé dans la lutte, on voulait, pour tout réparer, livrer à la mort celui qui restait. « Par Iahvé! cria le roi à la pauvre femme, il ne tombera pas un cheveu de sa tête. — Mais en prononçant cet arrêt, répondit-elle, le roi se condamne lui-même, puisqu'il ne rappelle pas le proscrit. — Est-ce que, dans cette affaire, la main d’loab n’est pas avec toi? — Mon maître a deviné juste. »

Alors, mandant Ioab, David lui dit : Va, ramène l'enfant Abschalom. Celui-ci revint; mais David lui interdit l'entrée du palais, et Abschalom dut s’enfermer dans sa maison, à lerouschalaïm.

Cependant il était merveilleusement beau et, dans Israël, éveillait de vives sympathies. De la plante des pieds jusqu’à la tête on aurait en vain cherché en lui une tache qui eût pu nuire a ses charmes, C'était le plus beau de tous les Benê-[sraël. Une épaisse et magnifique chevelure tombait sur ses épaules. Chaque année, comme elle devenait pesante, il la coupait. Avec lui vivaient son fils et sa fille Thamar, extraordinairement belle.

Mais, ennuyé de cette espèce d’exil qu’il subissait au milieu d’lerouschalaïm, il appela Iloab, espérant obtenir sa protection auprès de David. Ioab ne voulut même pas répondre à son invitation. Pour le contraindre à venir lui parler, Abschalom fit mettre le feu à un champ d’orge qui appartenait à Ioab. Celui-ci étant venu s’en plaindre, Abschalom lui exposa sa demande : « Je t'ai appelé afin que je puisse dire au roi par ton entremise : « Pourquoi suis-je revenu

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