Robinson, Voyage en Palestine et en Syrie, ch, 1v
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et couché sur le sol? Je t’aurais pu donner dix sicles d'argent avec une ceinture, » Malgré la recommandation du vieux roi, Ioab se fit conduire vers le térébinthe et perça Abschalom de trois javelots. Dix écuyers du sar, survenant, achevèrent le beau jeune homme, l’ornement d’Israël.
Abschalom mort, la révolte mourait avec lui. Aussi, après avoir enfoncé ses traits dans le corps du jeune roi, Ioab sonna-t-il de la trompette pour rappeler ses bandes occupées à la poursuite des fuyards. On ensevelit, au milieu d’Iaär-Ephraïm, dans une grande fosse sur laquelle on entassa des pierres, le cadavre sanglant d’Abschalom. Dans Emeg-ha-Mélek (la vallée de Molok), probablement celle du Qédron, Abschalom s'était en vain fait creuser d’avance son sépulcre : il n’y devait jamais dormir.
Cependant, à Mahanaïm, David attendait avec impatience des nouvelles de la lutte. Sur le toit de la porte attenant au mur de la ville, il avait placé un homme en vedette. La sentinelle, voyant quelqu’un accourir dans le lointain, en avertit David, ajoutant que celui qui venait avait la démarche d’Ahimaasch, fils de Zadoq,. En effet, Ahimaasch se présenta bientôt devant David pour lui annoncer la victoire. Il se garda bien de lui rien révéler de la mort tragique d’Abschalom. Un autre messager, le Kouschite (Ethiopien), accourut aussi pour porter au vieux roi, de la part d’Ioab, l’heureuse nouvelle; mais, David lui ayant demandé : « L'enfant Abschalom se porte-t-il bien ? » le Kouschite revéla ce qui était arrivé. Alors le vieux roi se lamenta beaucoup, s’écriant : « O mon fils Abschalom, mon fils, mon fils Abschalom! pourquoi ne suis-je pas mort à ta placer »
En réalité, ce jour de triomphe, par la mort du jeune prince, se changea en un jour de deuil : sans réjouissances, sans cris de joie, et comme à la dérobée, les bandes victorieuses rentrèrent dans Mahanaïm. Le vieux roi, le visage voilé, ne cessait de s’écrier : «O mon fils Abschalom, Abschalom, mon fils, mon fils! »
Comme ces lamentations attristaient la victoire et jetaient le mécontentement dans les bandes de David, Ioab pria le’roi de cacher son deuil et de venir montrer son visage aux troupes triomphantesi, Elles défilérent devant le vieux roi,
La défaite d’'Abschalom acheva de lui enlever en Israël ses derniers partisans. Dans les tribus, on criait aux gens d’Iehouda qui avaient donné le signal de la défection et qui, sans doute, craignaient les vengeances de David :
Le roi nous a tirés de la paume de nos ennemis, Et il nous a sauvés de la paume des Pelischtim.
«TT a fui du pays devant Abschalom, et Abschalom, que nous avions oint pour nous, est mort dans la guerre; pourquoi tardez-vous à rappeler le roi?» Cependant IJehouda fermait l’oreille aux objurgations d'Israël. « Vous êtes mes frères, vous êtes de ma chair et de mon sang, leur fit dire David par Zadogq et Ebyathar; pourquoi donc êtes-vous les derniers à me rétablir dans la royauté ? »
Pour calmer toutes les appréhensions que pouvait inspirer son retour, il promit à Amascha le commandement de l’armée à la place d’Ioab. Gagné par toutes ces promesses de clémence, Iehouda envoya dire à son vieux roi: « Reviens, toi et tous les tiens. » Après avoir repassé l’Iardèn, il rencontra sur la rive droite, à Guilgal, les principaux d’Iehouda, qui venaient pour le saluer et pour le ramener en triomphe dans Ierouschalaïm.
À peine David eut-il mis le pied de ce côté de l’Iardèn que Schimeï, l’insulteur, se prosterna devant lui, implorant son pardon. « Vois! disait-il humblement; de toute la maison d’Ioseph, je suis descendu le premier pour saluer le roi mon maître. » Indigné, Abischaï,