‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 186 sur 244 · Cant., IV, 4, etc · texte numérisé non relu

Cant., IV, 4, etc

SCHELOMO. 327

La myrrhe, l'aloës et la casse, tout cela ce sont tous tes vêtements ; Dans tes salles d'ivoire, la musique te réjouit,

Des filles de rois sont dans lon harem.

Se tient à ta droite l’épouse,

Couverte des trésors d’'Ophir.

Écoute, 6 fille, vois et incline ton oreille [lui dit-on],

Oublie ton peuple et la maison de ton père ;

Le roi désire ta beauté, il est lon maître;

Fais-lui le prosternement.

[Voici] devant toi les filles de Zour (Tyr) avec leurs présents; Les riches nations te font leurs offrandes.

Toute glorieuse, elle entre, la fille du roi;

De tissus d'or est sa role.

Dans des habits versicolores, elle est amenée vers le roi; A sa suile, des vierges, ses compagnes,

Te sont conduites.

Elles viennent dans la joie et l’exaltation.

Elles entrent dans le palais du roi.

Avant cette fille de roi, si passionnément aimée, Schelomo avait épousé Naama (la belle), fille du roi d'Ammon, pour laquelle il semble avoir éprouvé aussi une inclination assez forte. Ses femmes, du reste, en dehors des plus aimées, furent très nombreuses. Il eut sept cents princesses et trois cents concubines, parmi lesquelles des Moabites, des Araméennes, des Hithites, des Kenaanites, et probablement une fille de la maison de Hiram. Ne paraît-il pas que sa préoccupation ait été d’avoir un harem qui fit pâlir par son éclat celui des rois d'Egypte et de Phénicie2,

Un grand harem ne va pas sans un nombreux domestique et de grandes dépenses, De plus, Schelomo, qui voulait étendre au loin sa renommée de magnificence, faisait de brillantes réceptions aux ambassa-

hp, XV:

2, 1 Rois, xI, 1, 2, 3. — Cant. des cantiques.

deurs des rois voisins qui venaient lui payer le tribut ou lui rendre hommage. Chaque jour, il fallait pour sa table et pour la nourriture de sa cour trente kors de fine farine et soixante de farine ordinaire, dix bœufs gras, vingt bœufs des champs, cent brebis, sans compter les biches, les gazelles et les grasses volailles,

C'était du pays divisé en douze parties qu’il tirait tous ces biens. La justice l’avait contraint de renoncer à l’ancienne division par tribus. Trop petite pour fournir une part considérable aux délices du roi, la petite tribu de Beniamin s'était vu adjoindre une partie d'Ephraïm. Ainsi pouvait-etle sans trop de peine garnir pendant un mois la table royale. Sur ces douze fractions du peuple, chargés de lever le tribut en nature, Schelomo avait établi douze nezibim ou intendants. Ils comptaient parmi les grands dignitaires du pays; l’un d’eux, Ahimahaz, préposé à Naphtäli, était même le gendre de Schelomo : il avait épousé Bacemath, fille du roi sage. Les tribus d'au dela, comptant pour deux sections, avaient deux intendants : Ben-Guéber (le fils du héros), installé à Ramoth-Guileäd, et Ahi-Nadab, qui séjournait a Mahanaïm. Sur ces douze fonctionnaires, Schelomo, portant fort loin le goût des hiérarchies administratives, dont l'Égypte, qu reste, lui offrait un parfait modèle, plaça un grand intendant (Al-hanezibim). Ce fut Azaria ben-Nathan qui le premier fut décoré de ce titre éminent.

Voilà comment le roi sage avait organisé ses plaisirs. Douze dignitaires de l'Etat devaient veiller à ce que sa table fût toujours abondamment et mollement servie, et son palais tout étincelant de luxe et digne de l'admiration des étrangers,

Mais Israël ne devait-il pas, sans murmurer, envoyer ses prémices à celui qui le couvrait de splendeur et qui lui érigeait de beaux monuments P Il faut que le peuple sache se résigner à verser sa sueur quand elle sert à

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