Rois, 1v
SCHELOMO. 329
l'épanouissement des arts dans un pays? quel plus noble objet pourrait sortir de ses larmes et de son labeur ? C’est par la que l’illettré justifie sa présence ici-bas, en coopérant ainsi à l’œuvre générale de la civilisation, À sa maison, si riche et si nombreuse, Schelomo, selon la coutume égyptienne, avait préposé un majordome (Al-ha-Beth), Ahischar.
Dès le début de son règne, Schelomo avait songé à exécuter la pensée, si longtemps nourrie par David, d'élever un temple à Jahvé, Il ne tarda pas à y mettre la main. C’était sur les hauteurs que les peuples de Kenaan avaient coutume de dresser leurs autels. Des collines palestiniennes on a, grâce à la limpidité de l'air, de si beaux horizons devant les yeux, et, avec les eaux quelles épanchent, ces montagnes sont si bienfaisantes qu’on s'était mis même à les adorer. Dans tous les cas, c'était la, pour les esprits fidèles, qu'Elohim paraissait le plus admirable. Schelomo choisit, près de la ville, le mont Moria pour y élever le temple d’Iahvé. C’est un contrefort escarpé, une masse de calcaire crayeux, au sud-est, là où se dresse aujourd’hui le Haram-esch-Schérif (noble sanctuaire). Sans doute, ce qui avait fait préférer à toutes les autres collines d’Ierouschalaïm le mont Moria, c'était une légende antique qui s’y rattachait et qui a bien des traits de ressemblance avec celle de la pierre noire de la Kaaba. On prétendait que sur le Moria était uve pierre que l’eau du déluge n’avait pas touchée et qu’on appelait piérre fondamentale, Eben Schatiyah. Qui peut méconnaître là un reste de ce vieux culte kananéen du bétyle ou pierre élevée sur le haut lieu 2? Plus tard, suivant les rabbins, l’Eben Schatiyah, placée dans le Saint des saints, s’élevait de trois doigts au-dessus du solë,