‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 189 sur 244 · Saulcy, Art judaïque · texte numérisé non relu

Saulcy, Art judaïque

SCHELOMO. 333

jadis à la porte de l’Ejen et à celle des sanctuaires assyriens, avait deux keroubim de bois d’olivier doré, de dix coudées (?) de haut, et dont les ailes comptaient cinq coudées (?) d'envergure. On y voyait, ainsi que dans tout le reste de l’édifice, un solivage en cèdre, posé directement sur le mur de pierre de taille. Ses bas-reliefs y représentaient des coloquintes, des fleurs épanouies, comme en Egypte, mêlés d'images de palmiers et de keroubim. Les artistes phéniciens avaient tenu à multiplier là, dans l’endroit le plus sacré d'Israël, l’açgpre symbole de leur patrie, que leurs coïons les plus lointains aimaient à frapper sur les monnaies, Avec les keroubim se manifestait la grandiose Assyrie. Sous l’aile de deux de ces taureaux ailés, à tête d'homme, qui gardent les palais de Ninive, s’abritait la barque d’alliance avec son naos, dont le modèle gisait au fond des sanctuaires égyptiens et même dans le temple des Adonies à Djebal (Byblos) 1. Ces deux keroubim énormes étaient en bois plaqué d’or. Autour de la barque se dressaient l’autel d’or, la table des pains de proposition, assez semblable sans doute aux tables d’offrandes égyptiennes, le chandelier à sept branches, représenté sur l’arc de Titus à Rome.

Dans l’Ekal, ou Saint dont les planches de cèdre plaqué de feuilles d’or, que retenaient des cious de même métal, foisonnaient de coloquintes et de fleurs ouvertes, paraissaient dix tables et dix chandeliers d’or, rangés le long du mur, cinq à droite et autant à gauche.

Comme dans les temple de Mizraïm, d’Assour et de Phénicie, le temple avait des chambres ou cellules; trois étages de chambres étaient adossés au Saint, et trois autres au Saint des saints. C'était dans ces cellules que les prêtresses de Babilou et de Djebal se livraient aux prostitutions sacrées dont le produit servait à augmenter le trésor du temple, Souvent, plus

1, E, Renan, Mission de Phénicie, p. 215.

tard, quand Baal et Aschéra feront invasion dans la ville sainte, aux heures de profanation, les chambres du temple d’Iahvé verront ces joies, auxquelles les idées religieuses donnaient une saveur plus fine et plus délicate. |

Devant le Saint, l’Aoulem ouvert formait un portique soutenu par deux colonnes de bronze, fruit d’un art admirable. Elles avaient quatre coudées de diamètre à la base et dix-huit de hauteur. C’était la proportion égyptienne. Un artiste, Hiram, né d’un père tyrien et d’une mère de Naphtâli, les avait faites. Avec leur chapiteau en forme de lis, où semblait flotter un cordon de cent grenades de bronze, elles faisaient l’étonnement d'Israël. De ces deux colonnes, la gauche s’appelait Boaz (en lui est la force), la droite Jakin (il fonde, il consolide). L’intervalie entre elles était, d’après Ichezqel, de six coudées 1, Est-il possible de ne pas voir dans Boaz et IJakin un souvenir des obélisques qui s’élevaient à la porte des principaux sanctuaires égyptiens ? Mais, en Israël, ces obélisques avaient perdu leur signification primitive, et, en les voyant, nul ne reconnaissait plus en eux la forme phallique. | |

Composé du Debir, de l’Ekal et de PAoulem, le temple était entouré de cours plus basses que l’Ekal. Schelomo n’acheva que la première?, la cour intérieure, qui ceignait le temple, et fit bâtir le côté oriental de la seconde, qui ne fut terminée que sous les rois suivants. Schelomo fit faire la, à l’orient de cette seconde cour, ou parvis extérieur, un mur de soutènement merveilleux composé de blocs énormes et couronné par un portique ou basilique, sous lequel le roi avait placé l’estrade d’où il assistait aux cérémonies publiques. On appela cet endroit Portique de Schelomo 3.

LES Ézéchiel, XL.

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