‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 190 sur 244 · Josèphe, Bell, Jud., v. v · texte numérisé non relu

Josèphe, Bell, Jud., v. v

SCHELOMO,. 335

La première cour, ou parvis intérieur, était formée de trois rangées de pierres de taille et d’un rang de planches de cèdre sculptées. A l'entrée, était un autel d’airain avec un grand bassin d’eau appelé Mer d’airain. Sur douze taureaux, tournés trois par trois vers chacun des points cardinaux, l'artiste phénicien Hiram avait posé la Mer d’airain, dont les bords ressemblaient à ceux d’une coupe, et qui contenait deux mille baths. Hiram plaça encore tout autour de la Mer un rang de bassins d’airain ou de coupes avec des fleurs de lis et des coloquintes.

L’eau qui tombait dans ces bassins pour laver les pieds et les mains des prêtres venait de citernes disposées avec soin dans le temple. On en avait réparti çà et là un certain nombre dont il est facile aujourd’hui de retrouver les trates. Ell:s fournissaient de leau pour les ablutions et pour laver le sang des victimes, Par un canal qui les reliait entre elles, s’écoulait dans la vallée du Qidron la vidange du parvisi.

Au bout de sept ans (vers 1006), le’ merveilleux édifice, auquel les djinns, suivant les traditions arabes, avaient travaillé, se dressa, dans toute sa munificence, sur le mont Moria. On était au mois de Boul?. Alors se déploya une de ces solennités dont les peuples gardent longtemps la mémoire : on fit la dédicace du nouveau temple. Chez les nations sémitiques, et chez les Phéniciens en particulier, rien n’était plus pompeux que ces sortes de cérémonies. Schelomo, dans Ierouschalaïm, donna tout l'éclat possible à la fête.

Dans la ville étaient accourus les chefs de tribus et les zeqénim avec une foule de peuple. Du mont Zion au Moria, on transporta la barque d’alliance contenant les deux stèles de la loi. Les lévites la portèrent sur leurs épaules jusqu’à l'entrée du temple, où ils la li-

1. Pierotti, Jerusalem explored, pl. x11 et p. 91-100. — Vogué, p. 57.

2, I Rois, virr.

vrèrent aux Aharonides. Ceux-ci la placèrent dans le Debir sous les ailes déployées et étincelantes des keroubim.

Pendant ce temps-là ruisselait le sang d’innombrables victimes, les plus belles des troupeaux, et devant Iahvé fumait une telle masse de parfums qu’elle enveloppait le Debir d’un nuage obscur. On chantait aussi des psaumes, dans lesquels s’exhalait l’enthousiasme pieux des tribus.

Chacune d’entre elles va finir par quitter pour le temple son autel particulier, La plus jeune cité d’Israël dépassera toutes les autres. Désormais la ville de David n'aura même plus rien à envier à Thèbes, à Bubaste, à Abydos et à Byblos, aux cités des pèlerinages antiques. Elle sera une ville sainte, vers laquelle afflueront, avec des chants sur les lèvres et des présents aux mains, ceux du sud comme ceux du nord, et dont la gloire s’étendra au loin :

Page 1