‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 198 sur 244 · Rois, 1x, 26 et suiv · texte numérisé non relu

Rois, 1x, 26 et suiv

Les triomphes sur Séir et sur Amaleq avaient délivré des pillards, qui l’encombraient, la contrée qui s’étend des frontières d’Iehouda à l'Idumée, et de là j jusqu'aux rivages orientaux du golfe élanitique, j jusqu’à Élath et Ézion-Guéber. Sans rien craindre, les caravanes pouvaient aller avec leurs chameaux d’Ierouschalaïm à la pointe nord du golfe.

Ce fut la rade d’Ézion-Guéber (l’épine dorsale du géant) que Schelomo, conseillé par Hiram, choisit pour en faire un chantier où l’on construisît des : vaisseaux. À ces navires on donna le nom de « flotte de Tarschisch ». Hiram, pour former les Israélites, prêta ses marins, les habiles marchands phéniciens, habitués à sillonner la Méditerranée et l'Océan même. Zeboulon et Dan, voisins de la mer, donnèrent aussi leurs marins au roi d’Iehouda.

Appareillée, la première flotte d'Israël cingla vers l'embouchure de l’Indus. Ce qu’elle portait aux lointaines contrées, c’étaient sans doute les produits de la Phénicie, la pourpre, le verre, peut-être aussi les beaux tissus de Mizraïm et le baume de Guileäd, si doux aux blessés.

Après une assez longue traversée, qui leur permit d’apercevoir l’Arabie, l'Egypte, la Nubie, le pays de Kousch, les matelots hébreux débarquèrent avec leur chargement au pays d'Ophir (Abhira), aujourd’hui Sind, à l’embouchure de l’Indus. Au marché, les Israélites déployèrent leurs richesses; là affluaient les populations du nord et de l’est de l’Inde. On troquait les unes contre les auines les marchandises des pays les plus divers.

L’or coulait à flots dans la ville d’Ophir, charrié par le haut Indus. Pour la pourpre tyrienne, pour les merveilles sortant des belles verreries d’Akko, la Venise de l’antiquité, les habitants d’Ophir donnèrent des monceaux d’or.

Au bout de trois ans, la flotte de Schelomo revinf de sa première expédition. D’Ezion-Guéber, où elle débarqua, jusqu’à Ierouschalaïm, des chameaux pesämment

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chargés portèrent les richesses d’Ophir. Avec quelle curiosité les filles de Zion, si coquettes, attendaient les chameaux, on se l’imagine difficilement. Leur imagination, depuis longtemps sans doute, leur peignait des mondes enchantés, des parures plus rares que le lin d'Egypte, plus éclatantes que la pourpre de Tyr.

Dans Ierouschalaïm émerveillée, les chameaux firent leur entrée, portant plus de 420 kikars d’or, une masse d’argent, de l’ivoire, de l’ébène, du bois de santal, toutes sortes de plantes, La population d’Ierouschalaïm dut rire et s'amuser beaucoup, en contemplant des êtres inconnus, fort semblables à l'homme, aux tours infinis, que les marins hébreux avaient amenés en même temps que l'or d’Ophir: c'étaient des singes des forêts indiennes. Des paons splendides,-introduits aussi dans leur cargaison, firent l'étonnement du peuple d’Ierouschalaïm ?. Sans doute Schelomo les mit dans ses jardins, ces paons plus richement vêtus que lui-même et ses bien-aimées.

Avec le bois de santal, il fit dès harpes et d’autres instruments de musique pour les fêtes du temple et aussi pour les voluptés de son palais. Un pont qui reliait la demeure royale au temple eut aussi une balustrade en bois de santal à.

Ces merveilleuses expéditions, Schelomo les renouvela plusieurs fois, ce qui enrichit Israël. Elath obtint par là une grande importance; ce fut une ville maritime de cet Israël dont le territoire s’étendait maintenant du golfe élanitique jusque vers Aram et vers l’Euphrate.

Pour attirer la richesse dans une contrée et pour y

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2. Sur l’origine sanscrite des mots qui désignent les singes, les paons et le bois de santal, voir Lassen, Indische Alter thumskunde, t. I, p. 627.

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