‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 2 sur 244 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

nuelle, aussi inquiétante pour la foi que pour la raison.

Il y a, dans le récit inspiré, certaines images fort vives qui donnent, à un fait simple en lui-même, des proportions surnaturelles. Pour décrire, par exemple, la prise d’'Ieriho (Jéricho), la terreur de la ville de la lune ouvrant ses portes, le poète hébreu, pour qui les montagnes bondissent comme des béliers, ira jusqu’à écrire que les murailles tombèrent devant les Bené-Israël.

Voici encore une troisième remarque sans laquelle il est difficile de comprendre l’histoire du peuple juif :

Chez les Hébreux ont fleuri, de tous temps, les récits aggadiques. Le dernier mot vient du verbe igguid, annoncer. Ces récits ou contes, sans vérité historique, ont une valeur purement morale. Pour mieux dire à l’homme qu’il doit se tenir en garde contre les charmes dangereux de la femme, un Hébreu, grand poète en même temps que moraliste, a imaginé la légende de Schimschon (Samson). Il a. fait entrer dans la trame du conte quelques éléments mythiques que nous aurons soin de distinguer. — L'auteur du livre d’Iona (Jonas), voulant annoncer la bonté d’Iahvé et ‘exciter les Juifs à la pénitence, a cru qu’un récit valait mieux qu’une prédication solennelle. — Quoi de plus capable d’enflammer le patriotisme que les exploits de l’héroïne fictive, Iehoudith de Bethoulia ! Qu'elle a d’altrait la chasteté, sous a figure de la belle Schoschanna (le lis, Suzanne) !

De toutes les formes d’exhortation morale, l’aggada est de beaucoup la plus persuasive. Nous la rencontrons fréquemment soit au milieu des collections historiques, soit dans des livres séparés.

Ces explications ne rendent-elles pas la Bible infi-

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