IV PRÉFACE
niment plus respectable en la dégageant de ce qui pourrait en compromettre la vérité historique ?
Y a-t-il, dans le livre sacré, des faits qui soient purement mythiques? Il me semble indispensable d'admettre le mythe elhnographique ou géographique. Schem, fils de Noah, n'est-il pas une contrée? Zidon, une ville? En ce sens, le dixième chapitre de la Genèse, si précieux, n’est qu'une série de mythes.
Baüer, H. Ewald, Hartmann, lout récemment Seinecke et surtout Goldziher sont allés beaucoup plus loin. Le dernier a vu presque partout, dans l’histoire des Juifs, le mythe solaire. La lutte entre Qain et Abel, entre Lot et Abraham, entre Sara et Agar, entre lagob et Ésay, etc., lui représentent le combat des ténèbres et de la lumière. Telle n’est pas ma pensée. Gardons-nous de jouer trop ingénieusement avec les faits, qui se peuvent prêter à toutes les fantaisies de l'esprit. J'accepte le mythe là où il n’est pas douteux, dans les chapitres ethnographiques de la Ge- . nèse et dans l’aggada de Schimschon. Partout ailleurs il est difficile de ne le pas rejeter,
La critique ne S’occupe pas seulement des faits, qu’elle cherche à bien interpréter, mais encore et surtout des documents qui les conservent. L'âge de ces monuments, l’auteur qui les a pu écrire, voilà ce qu’elle doit, avant tout, S’appliquer à connaître. De la valeur des livres dépend, en effet, celle des renseignements qu’ils fournissent. Il me semble avoir apporté dans la critique des livres bibliques une assez grande sincérité et un absolu dégagement de toute préoccupation d’école ou de parti. Respectueux de la tradition, il m'est cependant impossible d'être toujours d’accord avec elle. Puis-je admettre, par exemvle, que le Pentateuque, avec son caractère visible