‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 200 sur 244 · Josèphe, Antig., viir · texte numérisé non relu

Josèphe, Antig., viir

2 Ï Rois, 1x, 17.

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de ce beau temple du soleil dont les débris annoncent ce que fut jadis la fille de Schelomo, de quel éclat elle s’environna dans le 11%€ siècle de notre ère, alors que, sous son nom grec de Palmyre, elle jouissait d’une complète liberté et du patronage de Rome.

Ce que l’on a recueilli d’inscriptions, parmi ses ruines, appartient à cette époque. L’ancienne Thadmor, du temps de Schelomo, est peu connue; elle n'apparaît, avec ses bazars, que dans une lueur crépusculaire plus propice peut-être à l’enchantement que le grand jour.

Outre les cités-stations et les villes de cavalerie et de chars, Schelomo établit des lieux d’approvisionnements, où, pour les années de disette, on entassait le surplus des années d’abondance.

Ce qui distingue les grands rois, lesprit de prévoyance, Schelomo l’introduisit à un degré rare dans l'Etat israélite, La thebouna ou subtilité pratique, que les Moschlim (proverbes) souhaitent au fils de la sagesse encore plus que la kokma ou science spéculative, le fils de David la posséda largement. Il n’avait pas, comme son père, d’habiles conseillers ; par ses lumières, il se suffisait à lui-même.

Toutefois il crée un certain nombre de fonctionnaires que nous avons déjà rencontrés : le majordome; les douze intendants répandus sur le territoire d’[sraël, ayant à leur tête le al-ha-nezibim; une sorte d’ingénieur ou ministre des travaux publics (al-ha-maz). Il les adjoint aux hauts dignitaires laissés par David, le sar en chef ou général des troupes, le scribe tenant les rôles de l’armée (sopher) et le chancelier royal (maskir). 11 semble que ces fonctions aient été héréditaires ?.

Comment une si belle organisation n’aurait-elle pas excité l'admiration d'Israël? Aussi la sagesse de Sche-

1. Vogué, Syrie centrale. Inscriptions sémiliques. 2 LI Ro!s, 1V

lomo prit-elle ‘une origine toute merveilleuse, On racontait qu'avant d’avoir bâti le temple, étant jeune roi, il était un jour monté à Guibeôn, où il y avait un bamà (haut lieu) fort célèbre, pour y offrir mille holo= caustes et y faire brûler des parfums sur les cassolettesi, Dans un songe de nuit, il reçut la visite d'Iahvé : « Demande, lui dit Elohim, ce que tu veux que je te donne. — Jahvé, mon Elohim, lui avait répondu le roi, tu as fait régner ton serviteur à la place de David, je ne suis encore qu’un adolescent, je ne sais ni sortir ni entrer [sans discernement]. Or, nombreux est ton peuple élu; donne à ton serviteur un cœur subtil pour le juger, pour distinguer entre le bien et le mal.»

Content de cette réponse et de ce’ que Schelomo n'avait demandé ni les richesses ni une longue vie, Iahvé Jui dit : « Voici que j'ai fait selon ta parole; je t'ai donné un cœur sage et subtil, si bien qu’il ne s’est vu personne semblable à toi aux temps passés et qu’il ne s’en lèvera pas dans les temps à venir. Je veux te donner aussi plus qu’à tous les rois la richesse et la gloire, que tu n’as pas sollicitées. Et si tu gardes mes préceptes, comme a fait David, ton père, je prolongerai tes jours?. »

Cette sagesse d’origine surnaturelle, Schelomo la déploya dans une circonstance dont Israël se souvint toujours,

Deux courtisanes se présentèrent un jour devant le roi. « Sois moi favorable, ô Adonaï, lui dit l’une d’elles; cette femme et moi, nous habitons fa même maison; là, près d'elle, j'ai enfanté; trois jours après moi, cette femme aussi a eu un fils; nous étions là, ensemble, sans que personne fût avec nous, Le fils de celle-ci est mort, parce que, pendant la nuit, elle s’est couchée sur lui. Se levant alors, elle a pris, pendant que je dormais,

Ta D'ROISITIN 2. I Rois, 111, 16 et suiv.

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mon fils, placé à mon côté, et l’a mis sur son sein, posant, sur mon sein, l’enfant mort. Le matin, lorsque je voulus allaiter mon fils, voici qu’il était mort; mais, après l’avoir considéré, je vis que ce n’était pas celui que j'avais mis au monde, »

L'autre zenona (courtisane) contesta ce récit et affirma que l’enfant vivant était son fils. Sans hésiter, le roi sage s’écria : « Apportez-moi une épée; » et quand on eut obéi : « Faites deux parts de l'enfant; une part sera remise à l’une de ces femmes, l’autre à sa compagne. » Alors, pleine d'émotion, Ja véritable mère s’écria : « O Adonaï, donnez-lui tout l’enfant, et ne le tuez pas. » L'autre, au contraire, disait : « Qu’ il ne soit ni à moi, ni à toi! Coupez. — Remettez-le à cette femme, dit alors le roi, ne le tuez pas, car voici la véritable mère. »

Ce jugement fut connu dans tout Israël, et l’on vit bien que la sagesse d’Élohim était dans le roi quand il rendait la justice.

Ce ne fut pas seulement Israël, mais encore les pays lointains qui connurent sa subtilité autant que sa

magnificence. Bien que tous les traits ici rapportés ne soient pas historiques, la légende peut cependant servir à faire connaître Schelomo et la réputation de sagesse qu’il s'était acquise. De toutes parts, on lui envoyait des énigmes à déchiffrer, des paraboles dont il devait découvrir le sens caché. Il était impossible de le prendre jamais en défaut et de le réduire au silence. Le roi Hiram,avec les sages de Zour, lui proposa des énigmes compliquées, dont Schelomo eut bien vite trouvé la solution. Mais lui-même dut donner au roi d’Israël une somme d’argent considérable, parce qu’il n'avait pu trouver, ni par lui ni par ses serviteurs les plus avisés, les mystères que Schelomo Jui avait envoyés1.

Du pays des sages vint la reine de Scheba (Saba)

1, Josèphe, Antig. jud., vin, fin.

pour proposer aussi des énigmes au grand roi et tenter de le surprendre. Elle avait avec elle une nombreuse suite, des chameaux chargés de baume, d’or, de pierres précieuses. Dans Ierouschalaïm étonnée elle fit son entrée et développa ses paraboles devant Schelomo, qui n’en laissa aucune sans réponse. Elle visita le magnifique palais du roi, s’assit à sa table, admira le bel ordre de ses serviteurs, leurs riches habits, et assista aux cérémonies du temple. Si grande était son admiration qu’elle en pouvait à peine respirer. « Ta sagesse surpasse encore, dit-elle au roi, ce que la renommée m'en a fait connaître. Heureux les hommes et les serviteurs qui, constamment, se tiennent devant toi et entendent ta sagesse 11 »

Avant de le quitter, elle donna au roi cent vingt kikars d’or, une grande quantité de baume, des pierres précieuses; on ne vit plus jamais autant de parfums qu’en apporta la reine de Scheba au roi Schelomo. En échange, celui-ci lui fit aussi de riches présents, qu’elle emporta dans son pays sur ses nombreux chameaux 2. |

Schelomo laissa de sa sagesse une si grande renommée, que l’on fit de lui une sorte de sorcier qui avait enchanté toute la nature. Les Juifs avaient des incantations par lesquelles ils prétendaient guérir de certaines maladies, et qui leur venaient de Schelomoÿ. En son nom, ils conjuraient les:mauvais esprits. Au temps de Josèphe, un Juif, Eléasar, devant Vespasien et son armée, fit sortir d’un homme les esprits du

TS AURors, x:

2. D’après la tradition éthiopienne, la reine, appelée Makéda, était d’Éthiopie. Revenue chez elle, et ayant atteint sa ville, neuf mois et cinq jours après avoir quitté Schelomo, elle fut prise des douleurs de l’enfantement et donna au roi juif un fils qu’elle nomma Baina-Hékem. — F, Prætorius, Fabula de regina Sabea apud Æthiopes.

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