Josèphe, Antig. jud, lib, vu, x. — AT, Chron., xur
ABIAM. — IAROBEAM, 367
quante-sept ans. Il avait épousé une de ses parentes, Mahalath, petite-fille de David et fille d’Ierimoth, laquelle lui avait donné trois fils ; puis Maaka, née de Thamar et nièce d’Abschalom. En dehors de ces deux reines, il avait eu dix-huit épouses et trente concubines; mais celle qu’il préféra à toutes fut la charmante fille de l’inceste, Maaka. Aussi s’arrangea-t-il en sorte qu'après sa mort vint s’asséoir sur son trône Abiam (père du peuple), fruit de la fille de Thamar. Avec lui il avait eu dix-huit fils et soixante filles.
Abiam continua la lutte contre Iarobeäm. Chose étrange ! ce sont toujours ici les deux rois qui combattent, tandis que les deux peuples semblent avoir conservé l’un pour l’autre des sentiments fraternels.
Lorsqu'il vit la puissance d’Iehouda aux mains d’un enfant, Iarobeäm, oubliant le deuil de sa maison et les sinistres prédictions du vieux Ahiya, résolut d’envahir le territoire du fils de Rehabeäm. Il réunit à cet effet quatre-vingt mille hommes.
Dans toute l’ardeur de la jeunesse, ne doutant ni d’Iahvé ni de lui-même, le jeune roi, avec quarante mille hommes d'élite, se porta au- “devant de l’envahisseur, Il établit son camp à Zemaraïm, dans la montagne d’'Ephraïm. Plus habile que son père, il essaya de débaucher, avant la bataille, les gens d’Iarobeäm, évoquant sous leurs yeux le grand souvenir de David, son aïeul, leur montrant les cohènes et les lévites réunis dans la seule Ierouschalaïm pour y adorer Iahvé : « Avec nous, à notre tête est Elohim, et ses prêtres sonnent de la trompette contre vous- Fils d’Israël, ne combattez pas contre Iahvé, l’Élohim de vos pères. »
Pendant qu’'Abiam s exprimait ainsi, larobeäm tenta d’envelopper son armée. Déjà tremblaient les vaillants d’Iehouda en se voyant investis par les bandes ennemies. Mais, sur l’ordre du jeune roi, les prêtres sonnèrent de la trompette, ce qui ranima les courages.
x. I Rois, xv. — II Chron. xunx.
Avec des cris, ils se précipitèrent sur Israël, qui était loin de s'attendre à un pareil enthousiasme. Iahvé, en ce jour-là, livra Israël aux mains d’Iehouda. Quinze cents hommes, la fleur des tribus, tombèrent percés sous les coups d’Abiam et de son peuple.
Le roi d’Iehouda ne s’endormit pas dans sa victoire. Poursuivant Iarobeäm, il s’empara même de Beth-el, la ville du Veau d’or et des villes ses filles, d’Jeschana et de ses filles, d'Éphron et de ses filles ?,
Ce jeune et brillant Abiam, qui relevait ainsi le trône de David, ne survécut pas longtemps à son triomphe ; tout son règne ne dura que trois ans (960-958), C’est sans doute un de ces jeunes princes qui se présentaient à l'imagination des prophètes, lorsqu'ils comparaient mélancoliquement la vie humaine à la fleur, belle, mais qui ne fleurit qu’un jour.
Le jeune Éphraïmite des jours anciens, le beau jeune homme du jardin d'Étham, Iarobeäm, devenu vieux, demeurait debout, au milieu de ses chagrins et de ses défaites. Tout desséché, il se tenait ferme, assistant à la mort de Rehabeäm et à celle de son jeune fils.
De ses quatorze épouses, Abiam avait eu vingt-deux fils avec seize filles, mais sans doute morts. Il paraît bien que ce fut son frère Assa (le guérisseur, Asa) qui monta après lui sur le trône de David (958-017).
Ce fut la seconde année d’Assa (956) que s’éteignit Iarobeäm, après vingt-deux ans de règne, laissant Israël à son fils Nadab (956-955).
L'histoire du vieux roi avait été assez féconde. Mais elle ne nous est pas connue tout entière; sans doute elle offrirait quelques traits curieux à ajouter au Livre du Prince. C'était un roi habile, qui semble n’avoir pas eu une notion bien nette du bien et du mal: le bien,