G. Rawlinson, The five great monarchies, t. 1, p
A AICeR SERIE
de la vallée qui sépare le Garizim de l’Ebal. C'était la capitale des Hivites. Ce qui retint la le grand ancêtre, ce furent les riches pâturages. Ils sont encore entretenus aujourd’hui dans la vallée par des sources nomnus et des ruisseaux. C’est un des coins les plus verts et les plus ombragés de la Palestine. Sous les oliviers à la teinte douce, les oiseaux chantent plus nombreux que partout ailleurs 1. Immédiatement avant d'entrer dans la Sichem actuelle, quand on vient de Naplouse, on voyage, pendant un quart d'heure, à travers un verger : à, il y a de vraies murailles de mûriers, d’amandiers, de figuiers, de grenadiers, aux branches desquels les vignes s’enlacent et forment des festons ?. On conçoit qu’un coin de terre si fertile ait retenu quelque temps le pasteur Abram avec ses troupeaux. Il planta sa tente près du chêne de Morah. C'était à peu près le centre de la terre de Kenaan. Iahvé lui annonça, dans cet endroit, que sa postérité serait un jour en possession de tout le pays.
Il reprit plus tard sa marche. Après s'être fixé un instant sur la montagne de Beth-el (maison de Dieu), aujourd’hui Beitin, à seize milles d’Iébous, et y avoir élevé un autel pour adorer Iahvé, il continua son voyage vers le midi, où était la ville de Hébron (association) ou Qiriath-Arba (ville d’Arba), ainsi nommée parce qu’elle faisait remonter son origine à Anaq, fils du géant Arba. Aujourd’huiappelée Médinet el-Khalil (ville de l’ami de Dieu), Hébron est toute pleine du souvenir d’Abram. Quand il arriva dans le pays de Hébron, le premier ancêtre ne devait guère avoir dépassé Ja jeunesse ; il est impossible, en effet, d'admettre qu’il quitta Harran à soixante-quinze ans. Saraï, sa femme, en aurait eu soixante-cinq, ce qui rendrait impossible
1. Reise durch Syrien und Palästina, von C.-W. M. Van de Welde, t. II, p. 290, 291,
2. Guérin, Description. de la Palestine. Samarie, ©. 1, p.424. — Van de Welde (endroit cité).
je récit de ce qui leur arriva en Egypte. Souvent on est obligé de modifier les dates du texte hébreu,
Après quelque séjour à Hébron, Abram se vit contraint par une famine de passer en Egypte. À cause du Nil et de la prévoyance dont les seigneurs féodaux de l'Egypte se vantent dans leurs inscriptions, on sentait à peine les années de disette dans le pays de Kem. Les Amou (Asiatiques), pressés par la faim, se rendaient dans la vallée du Nil avec leurs gazelles et leurs ânes, chargés de mesdjem (fard vert) et de belles rotes peintes?, En échange de ces objets on leur devait bien fournir du blé. Abram arriva en Egypte avec sa femme Saraï, dont la beauté était fort grande. Craintif comme un étranger, il eut peur que, s’il passait pour le mari de Saraï, on ne le tuât afin de mieux s'emparer de la belle Kaldéenne. Il se donna pour son frère. Ayant entendu parler d’elle par ses sars, le Per-aa (maison grande, Pharaon) la fit venir pour son gynécée, qui était ordinairement assez bien peuplé. Mais, ayant appris qu’elle était l'épouse et non la sœur d’Abram, il manda celuici, lui reprocha sa fraude, et lui remit avec de riches présents cette femme, que le chapitre cxxv® du Livre des Morts lui interdisait de garder.
Avec ses troupeaux augmentés par la générosité du Per-aa (un roi peut-être de la x11® dynastie), avec Saraï et Lot, Abram retourna du côté de Hébron à.
C’est dans ces voyages d’Abram, allant chercher de nouveaux pâturages ou bien des endroits.que la famine atteignait pas, qu’il faut placer son séjour à Djérar. Peut-être même précéda-t-il le voyage en Egypte#.
Le roi kenaanite de Djérar était Abi-Mélek (mon père
1, Maspero, Histoire des peuples de l'Orient,.p. 12. —E,. Ledrain, Un grand seigneur féodal dans la moyenne Égypte.
2e Chaman Notices sur les monuments d'Égypte et de Nubie, t. 11, — Lepsius, Denkmäler, x, t, IV, 131 et 133.