‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 211 sur 244 · I. Il Chron., xvi. 2. J Rois, xvi · texte numérisé non relu

I. Il Chron., xvi. 2. J Rois, xvi

ASSA, — ÉLA. 373

aussi tourmenté qu’Israël. Les plaisirs d’une jeunesse étourdie n’enseignent guère la prudence. Or, il fallait une habileté consommée, pour échapper aux pièges qu’un roi rencontrait alors tout autour de lui, jusque parmi. ses sars et les gens de sa maison, L’huile d’onction n’ayant coulé sur aucune famille, le trône en Israël devenait le ‘but des habiles et des violents ; c'était à qui l’escaladerait sur les cadavres du roi régnant et de sa famille.

De plus, Baëscha avait donné, en exterminant la race d’Iarobeäm, un fatal exemple, dont lui-même fut la première victime, et que devait expier toute sa famille. Ela, son fils, eut à peine le temps de s’asseoir sur le trône de Thirza. À un festin chez l’intendant de son palais, Arsa, le jeune roi buvait avec ses amis, sans doute la bière fermentée avec le bon vin de Hébron ou du Liban. Il avait poussé la gaieté jusqu’à l'ivresse, Connaissant les habitudes d’Éla, d’accord aussi peut-être avec un des convives, Zimri, lerrsar de la moitié des équipages, pénétra tout à coup dans la salle du festin. Parmi les coupes et la joie, il égorgea le jeune roi, dont le sang put se mêler au sang des vignes, dans la demeure d’Arsa.

Puis, comme Baëscha avait fait à la famille d’Iarobeäm, et dans la crainte qu’il ne se dressât contre lui un vengeur, Zimri extermina de la seconde dynastie d’Israël tout ce qui pisse contre le mur (les mâles). Dans ces égorgements, les nabis firent voir au peuple le châtiment d’[ahvé contre la race maudite de Baëscha, qui n'avait pas voulu écouter leur voix.

Peu de villes ont été belles comme Thirza, et peu aussi ensanglantées qu’elle, Elle a payé, par des flots de sang, l'honneur d’être pendant quelques années la première ville d'Israël.

Zimri (le chanteur), lui non plus, ne restera pas longtemps en possession de ce pouvoir qu’il s’est acquis au prix d’un lâche assassinat. Ce brutal soldat ne fait qu’apparaître sur la scène, On ne le voit guère que dans la salle du festin, plongeant son épée dans le

sein du jeune roi, étourdi par l’ivresse, ou bien s’ensevelissant sous les ruines du palais de Thirza. Son règne ne dura que sept jours. Israël le prit en dégoût. À la nouvelle du meurtre d'Éla, l’armée des tribus, occupée devant Guibbethon, accourut avec son chef Omri (pour Omria, Iahvé est mon secours), vers la belle Thirza, Le farouche Zimri, pressé dans son dernier asile, la tour de la résidence royale, y mit le feu et périt dans les flammes,

Zimri disparu, les compétitions pour le trône n’étaient pas finies : une moitié du peuple proclamait roi Tibni, fils de Guinath; l’autre moitié s’attachait à Omri. Ce fut celui-ci qui triompha (031-920).

Cette tête foisonnait d’idées démesurées : le règne de Schelomo avec ses magnifiques constructions, avec l'or qui ruisselle partout, et les navires qui cinglent vers Ophir, voila quel était son idéal, Il rêvait le luxe prodigieux des monarques orientaux.

Quand il entra dans Thirza, le palais d’Iarobeäm était endommagé par le feu. I résolut de se bâtir non pas seulement un nouveau palais, mais une nouvelle capitale. Ce ne fut cependant qu'après six années passées à Thirza qu’il put réaliser son dessein. Une montagne forte et belle, près de la fertile vallée de Schekem, Jui présentait sur son plateau un emplacement fort désirable, Ce fut là qu’il bâtit sa nouvelle ville, Schomron (lieu d’où l’on veille), d’où l’on aperçoit à l’ouest la Méditerranée, et à l’est tout un monde de collinesi.

Bien qu’on le surprenne à la tête d’Israël, au siège de Guibbethon, Omri ne semble pas avoir eu l'âme guerrière, Il voulait, pour le peuple comme pour luimême, les richesses de la paix.

Ce sage ne comprenait pas que les deux frères, Israël et Ilehouda, consumassent leurs forces à s’entre-déchirer. Il avait jusqu’à du respect pour la maison de David.

Tolérant comme Schelomo, il fit alliance avec Zour

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