Guérin, Description de la Samarie, t. II, p
ASSA, — OMRI, AHAB, 375
(Tyr).Sur cette ville dominait un prêtre d’Aschthoreth, Itthobaal (avec lui est Baal), qui, après le meurtre de son prédécesseur Phallès, s'était emparé du pouvoir. Ce qui rendra son nom éternellement célèbre, c’est qu’il eut pour fille la tragique Izébel, qu'Omri fit épouser à son fils Ahab.
Ce qui attirait aussi vers Tyr le roi d'Israël, c'était sans doute la brillante civilisation phénicienne : ce peuple de marchands, drapé dans la pourpre, se mirant dans ses beaux verres, aimant les voluptés inouïes, sans perdre son intelligence, tout cela fascinait les yeux dOmri. Des rudes pasteurs d’Israël il entreprit même de faire des Phéniciens. Mais on ne change pas ainsi la nature d’un peuple.
En vain élevait-il un temple à Baal et à Astarté dans sa nouvellle capitale, près de cette ravissante vallée de Schekem qui ne parle que de plaisir. Malgré cette construction et les sacrifices offerts, Israël gardait sa vigoureuse personnalité. Il ne cessait de produire des nabis qui protestaient contre les importations étrangères, et qui, dans leur personne, prouvaient bien que la nature israélite n’était pas morte.
Six ans après la construction de Schomron, s’éteignit Omri, C’est ie premier roi d’Israël, après Iarobeäm, à qui la vie n’est pas violemment arrachée. Il semble m'avoir fait qu’une expédition guerrière : pour faire rentrer Moab dans sa condition de tributaire, il passa l’Iardèn et prit quelques villes.
À ce roi pacifique, le Schelomo d’Israël, succéda son fils Ahab (Achab), 920-000. C'était un prince doux et faible, tout tremblant sous le regard de sa femme, l’énergique Izébel.
En réalité, ce fut elle qui — chose étrange dans ce monde juif! — s’assit sur le trône : Ahab était à ses pieds. En sa qualité de fille d’un roi tyrien et d’un prêtre d’Aschthoreth, elle était animée d’un zèle ardent pour l’œuvre d’Omri, Fondre ensemble la Phénicie et Israël lui semblait un but qu’il était permis de poursuivre de toutes les manières possibles, Les arbres
phalliques, les aschéras, se multiplièrent. C'était par le plaisir qu’on travaillerait le mieux ces voluptueuses natures israélites. Elle fit venir quatre cent cinquante prêtres pour le culte de Baal,et quatre cents pour celui des aschéras (ou arbres phalliques) {
Couverts d’habits féminins, le visage et les yeux peinis comme les femmes, les bras découverts jusqu'aux épaules, les prêtres et les prophètes de Baal portaient des épées, des haches, avec des cymbales, des tambourins et d’autres instruments de musique, En cercle, ils dansaient avec des airs frénétiques. On les voyait rouler leur tête dans la poussière, se tordre les bras, se frapper avec des épées et des couteaux jusqu’à ce que le sang coulât. Parfois, dans des moments de fureur pieuse, quelques-uns se châtraient eux-mêmes. Appelés gedeschim (sacrés), un certain nombre d’entre eux donnaient à Israël incliné, comme les Sémites, vers les ardeurs monstrueuses, des heures étranges.
Ajoutez à ces prophètes délirants les belles filles tyriennes, les courtisanes sacrées, dont Izébel peupla Ja vallée de Schekem et les montagnes voisines. Elles procuraient des joies si folles, à l’ombre des grottes, que le peuple élu se laissait tomber dans leurs bras. On lès appelait qedeschoth (les sacrées).
Izébel avait allumé là comme une ardente fournaise de joie, où devait se précipiter tout Israël et y devenir un autre peuple.
Ceux que ne vaincrait pas le plaisir, la reine se réservait de les dompter par la violence.
Malgré tous ses efforts un grand nombre d’Israélites (7,000) refusèrent d’adorer Baal avec les aschéras.
Bientôt, en face de cette Tyrienne audacieuse, un homme va se dresser, le plus ardent et le plus audacieux que l’on ait vu depuis l’époque des schofetim (juges). Éliya (mondieu, c’est Iahvé, Elie), le Thesbite, apparaît d’abord sur les montagnes de Guileäd, la patrie d’Iphtah,
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