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et à ta maison, parce que vous avez abandonné les préceptes d’Iahvé pour courir après les baalim, »
À la face du roi et de tout Israël, Eliya voulut tenter une suprême épreuve: il demanda à se mesurer sur le Karmel avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes d’Aschhoreth, qui mangeaient à la table d’Izébel.
Là, sur ces douces montagnes qui regardent si doucement la mer occidentale et dont les têtes bleues s’harmonisent si bien avec les eaux bleues de la Méditerranée, va s’accomplir un drame terrible. Au lieu de torrents réparateurs, vont couler sur les flancs de ces mamelons, qui se tiennent comme une gracieuse chaîne de jeunes filles, de la plaine jusqu’à la mer, des torrents de sang.
À peine les gens d’Israël furent-ils arrivés pour être ‘témoins de Ja lutte entre Éliya et les prophètes phéniciens, que le nabi leur adressa ces énergiques paroles : « Jusqu’à quand boiterez-vous des deux jambes ? Sic’est Iahvé qui est Élohim, allez à sa suite; et si c’est Baal, allez à la suite de Baal.… C’est moi qui suis le seul nabi d’Iahvé; quant aux nabis de Baal, ils sont quatre cents. »
Comme épreuve, il proposa de mettre un taureau sur du bois; les prophètes aimés d’Izébel en feraient autant. On verrait quelle victime le feu du ciel viendrait consumer. Le peuple d’Israël accepta la proposition d’Eliya.
En vain, du matin jusqu’à midi, les nabis de Baal invoquèrent-ils le nom de leur Elohim, disant : « Baal, réponds nous, » Aucune voix ne leur répondit.
Eliya, voyant l’inutilité de leurs efforts et leurs gestes échevelés autour de l’autel, se permit de leur lancer quelques railleries populaires. Plus vigoureux qu’affiné, il leur jetait ces sarcasmes : « Criez d’une voix grande, car il est Elohim; peut-être médite-t-il, ou s’est-il éloigné, ou chemine-t-il; peut-être aussi il sommeille, et il se réveillera. »
Mais, ne sentant pas les fortes flèches que leur dé-
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cochait Éliya, les nabis de Baal continuaient leurs exercices désespérés; tout en criant, ils se perçaient avec des épées et des couteaux; mais, tout couverts de sang, ils avaient beau se tourner vers Baal, ils n’en obtenaient aucune réponse. La victime gisait toujours écumante sur l’autel. La cause de Baal, vers le soir, fut définitivement perdue. Epuisés, les nabis de Baal suspendirent leurs cris aigus et leurs meurtrissures,
C'était le moment qu’Eliya attendait pour agir. « Maintenant approchez de moi!» dit-il au peuple.
Il prit douze pierres, suivant le nombre des tribus, et, avec elles, éleva un autel au nom d’Iahvé, y mit du bois et sur le bois les membres d’un taureau. Autour de l’autel il avait fait creuser et remplir d’eau un fossé 1,
Le temps venu d'offrir le sacrifice, Eliya, le nabi, s’avança, et dit: «Iahvé, l’Élohim d'Abraham, d’Izehaq et d’Iagob, que l’on sache aujourd’hui que tu es l’Elohim d'Israël, et que je suis ton serviteur, n’ayant agi que d’après tes ordres ! »
Aussitôt la flamme se mit à dévorer l'autel; l’eau même flambait comme le bois. La victime fut tout entière consumée. Devant cet incendie merveilleux, le peuple se prosterna, criant : « C’est Iahvé qui est Élohim! c’est Iahvé qui est Élohim! »
Maître alors du peuple, et profitant de son ascendant sur lui » Éliya jeta la foule sur les prophètes de Baal: « Saisissez, s’écria-t-il, les nabis de Baal; qu'aucun d'eux n'échappe! » Le peuple s'étant emparé d’eux, Eliya conduisit le sinistre cortège jusqu’à la rivière de Qisson, qui roule au pied du Karmel. La, on égorgea les nabis. Sans doute le torrent reçut les quatre cents cadavres et les charria jusqu’à la mer occidentale, dans les flots de laquelle ils s’engloutirent.
Chez les Sémites, le feu semble symboliser la divinité ile: et l’eau la divinité féminine.
Presque tous ces prophètes, on le sait, étaient des qedeschim. Comme les qedeschoth, ils s'étaient vendus, pour la joie, aux fils d’Israël.
En les envoyant dormir tout sanglants dans lelit des eaux, Eliya supprimait le principal instrument dont Izébel se servait pour kananiser les tribus.
Iahvé, maintenant, pouvait envoyer la pluie sur les champs morts d’Israël, puisqu'ils avaient cessé de porter les abominables qedeschim.
« Monte, mange et bois, dit re, Eliya au roi Ahab : voici déjà la voix de 7a pluie. )
Pendant qu’Ahab prenait son repas, Éliya gagna un sommet du Karmel d’où il apercevait la mer et pouvait interroger l'horizon.
Sept fois il recommanda à son naär (puer) de regarder du côté de la mer si rien n'apparaissait, A la septième fois, le serviteur vint Jui dire: « Un petit nuage, grand comme Ja paume d’un homme, se lève des eaux, — Alors va dire à Ahab: « Lie ton char et descends, de peur que la pluie ne te retienne. »
Le nuage s'était développé et occupait tous les points du ciel; partout s’étendaient les ténèbres et soufflait le vent, précurseurs de la tempête, et une grande pluie tomba. Sur son char rapide, Ahab avait gagné Isréel,
Avant lui, Éliya, les reins ceints, poussé par la main d’Iahvé, avait atteint la ville. Sans doute il s'était livré à cette course ardente pour prédire lui-même la pluie dans Isréel, et, par son prestige de prophète, y tout dominer.
Mais la T yrienne, avisée comme les gens de sa nation, ne se laissa guère prendre à la prédiction du nabi, Ce qu’elle voyait, c’étaient ses prophètes de Baal égorgés et l’œuvre de kananisation des tribus jetée aux flots avec leurs cadavres. Pour ne pas diminuer dans l'esprit du peuple, Izébel devait se dresser contre le nabi, l’écraser, et, par un supplice inouï, venger les qedeschim massacrés près du torrent de Qisson. « Que je sois traitée comme les nabis de Baal, envoya-t-elle
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dire à Éliya, si demain je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la leur!»
Eliya savait que l’implacable fille d’Itthobaal allait exécuter sa menace : il se sauva dans le pays de Beer-Schéba, Cette ville du sud-ouest appartenait à Iehouda, où régnait en ce moment Ioschaphath (Iahvé est juge, Josaphath). Ami d’Ahab, le roi d’Ierouschalaïm ne présentait aucune sûreté à Éliya : aussi celui-ci s’enfuit-il dans le désert,
La, dure fut la vie pour le nabi. Il était seul, livré à ses tristes pensees. Jahvé, que faisait-il donc ? son prophète mourait de faim et de soif, et Izébel trônait dans Isréel. Personne n'était là pour remonter le courage du nabi. Où étaient les temps heureux de Guileäd, où une troupe de jeunes disciples ne le quittait pas ? le riant séjour sur le Karmel? les montagnes, des deux côtés, avec leurs bois et leurs torrents? Dans un accès de mélancolie et de profond découragement, le rude nabi, à l’entrée du désert, avant de pénétrer dans ces lieux brûlés, s’assit à l'ombre maigre d’un genévrier. Il appela la mort à grands cris: « C’en est trop, lahvé! prends ma vie; ja ne vaux pas mieux que mes pères (qui sont morts). )»
Cependant, accablé par la sr an ardente, la tête en feu, il s’endormit, La plupart du temps, en pareilles circonstances, Iahvé envoyait des visions réconfortantes. À son serviteur il dit en songe : « Lève-toi, et mange! » Éliya, se réveillant, vit près de lui un gâteau avec un verre d’eau. Après avoir réparé ses forces, il se rendormit. « Lève-toi, et mange! lui répéta encore, en le touchant, le messager d’Iahvé, car long est ton chemin.» Fortifié par cette nourriture, il marcha d’ouad en ouad, pendant quarante jours, dans Ja direction du Sinaï, où il se retira dans une grotte des montagnes.
Pendant l'absence d’Eliya, il semble que les rela-