Josèphe, Antig. jud., vit, xIv
voix qui s’adressait à lui. Comme il y faisait peu d’attention, tout à coup le prophète leva son visage, et Ahab put enfin reconnaître un nabi d’Israël, « Parce que tu as épargné un homme de mort, ta vie prendra la place de la sienne, et ton peuple la place de son peuple. » Avec un dédain apparent, mais l’âme au fond toute bouillonnante de colère, le roi rentra dans Schomron.
Ces nabis populaires, inaccessibles à la peur, on était bien obligé d’en tenir compte, même à la cour d’Izébel, et de contenir les sentiments que l’on avait à leur égard.
Mais bientôt, revenant d’Aram, où, en quittant l'Horeb, il s'était rendu tout d’abord, avec son disciple Eli-
scha, recruté sur le chemin, Éliya va faire bouillonner
les ardentes écoles de nabis. Lui-même, aigri par les douleurs de l'exil dans le désert, est ‘plus âpre que jamais. En son absence, Ahab a fait couler le sang de Naboth, Dans la vigne même de l’Isreélite, il alla surprendre le roi d’Israël : « À l’endroit, lui cria- -il, où les chiens ont léché le sang de Naboth, ils lècheront aussi ton sang... D’Ahab, dit le nabi prenant le personnage d’Iahvé, je retrancherai tout ce qui pisse contre le mur, et je ferai de ta maison comme de ia maison d’Iarobeäm, fils de Naboth, et de la maison de Baëscha, fils d'Ahiya..… Et pour Izébel, voici ce que dit [ahvé: « Les chiens dévoreront Izébel dans les champs d’Isréel, Ce qui mourra d’Ahab dans la ville, les chiens le mangeront; ce qui mourra dans la campagne sera la proie de l'oiseau du ciel. » Mais, Ahab, terrifié, ayant, après ces prédictions, porté le cilice et jeûné, Eliya lui mois que ces événements terribles n’arriveraient qu'après sa mort. Ennemi jusque-là d’Iehouda, Israël va faire alliance avec lui. Ahab, l’adorateur des hauts lieux, s’unit avec le pieux Ioschaphat (Dieu est juge) pour en tirer du secours contre Aram. Après avoir vécu trois années en bonne intelligence avec Ben-Hadad, Israël dut songer à la guerre, Le roi de Damesseq,
IOSCHAP HAT, — AHAB. 397
malgré sa promesse de rendre toutes les villes prises sous Omri, ne restituait pas Ramoth-Guileäd, au delà de l’Iardèn. Avant d’entreprendre la lutte, Ahab s’assura l'alliance d’Iehouda. 11 donna même en mariage à Ioram, le fils d’Ioschaphat, sa propre fille Athalia. C’est la première fois, depuis le partage des tribus, que les deux frères ennemis, Israël et Iehouda, s’embrassent aussi doucementi.
Il était fort avantageux à Ahab de faire un traité d'alliance avec Ioschaphat. Ce roi avait développé singulièrement la puissance d’Iehouda (017-892). Tout dévoué an mosaïsme, il avait l’appui des nabis. On raconte que, la troisième année de son règne, rassemblant autour de lui, dans Ierouschalaïm, les chefs des provinces et les prophètes, il leur avait enjoint de répandre partout la loi de Moïse et le culte d’Iahvé. Ce que son père avait laissé de qedeschim, il les extermina et coupa les aschéras ou arbres pballiques?,
Ce roi dévot, asseyant fort bien sa puissance à l’intérieur, rêva aussi des conquêtes. Il visait à voir les rois des contrées voisines lui apporter de riches présents et se promener dans Ierouschalaïm. Fort différent, par l’esprit, de Schelomo, il lui ressemblait par son amour du luxe et dela représentation. L’Idumée, on ne sait comment, redevint, sous son règne, tributaire d’Iehouda, et sans roi national pour la gouverner. Chaque année, Ioschaphat, avec un plaisir infini, recevait les trois cent soixante brebis et les trois cent soixante chevreaux que lui amenaient les rudes montagnards d'Edom,
Il tenta de rétablir la flotte d’'Ophir, cinglant vers le pays de l’or, des singes et des paons; mais une tempîte la brisa, près d’Ezion-Guéber 8.
Il fit d’Iehouda une véritable citadelle, y élevant
TA Ross IXxITe 2. II Chron. xvir.