I, Ross
mais son disciple le plus aimé, qu’il avait recuellli sur la route en revenant de l’Horeb, accompagaait partout ses pas. Il l’avait sans doute suivi dans Damesseq : tous les deux sombres et secs, incapables de se laisser séduire par le ravissant paysage de la ville, n'avaient eu d’autres pensées que l’œuvre d’Iahvé à accomplir et Jzébel, la monstrueuse Tyrienne, à ren verser.
Épuisé” par ses longues luttes et par les misères de l'exil, Éliya voulut revoir, avant de tomber, toujours suivi par Elischa, ses écoles de nabis. Il se rendit de Guilgal à Beth-el et de Beth-el à Ieriho. Par le serment d’Iahvé, Elischa jura qu’il ne se séparerait jamais de son maître Î.
Il y a je ne sais quelles teintes douces qui se répandent à la fin sur le rude nabi, et qui adoucissent un peu l’austérité de sa légende. Il veut aller mourir, après avoir fait ses suprêmes adieux, dans le pays de son enfance, sur les montagnes ombreuses de Guileäd. Arrêté par les eaux de l’Iardèn, il prend son manteau, s’en couvre, ainsi qu ’Élischa, frappe les eaux, qui se divisent et permettent au maître et au disciple de traverser le fleuve à pied sec. Ils durent passer par un des nombreux gués de l’Iardèn. Sur la rive gauche, infiniment plus verte que celle d’en deca, ils se firent leurs derniers épanchements, « Demande ce que tu veux que je te fasse avant que je ne sois enlevé loin de toi. — Que j'aie ton double esprit! reprit Elischa, — Quel objet difficile ta demandes! Si tu me vois au moment où je serai enlevé, il te sera accordé ; sinon, tu ne l’auras pas.»
Ils s’acheminaient, en causant entre eux, vers les flancs verts de Guileäd, quand tout à coup un char de feu, traîné par des chevaux de feu, les sépara; dans cet attelage, au milieu d’un tourbillon, Eliya monta vers le ciel.
Pour bien témoigner qu’il le voyait faire son ascen-