II Rois
JO$SCHAPHAT. — JORAM. 399
l’extrémité où l’armée était réduite, voulut consulter le disciple d’Eliya. Le roi d’Israël le fit comparaître. « Apportez-moi un luth,» dit Élischa. Comme il faisait vibrer les cordes du luth, la main d’Iahvé se posa sur lui; ils’écria : «Dans cet ouad creusez des citernes, des fosses, vous ne verrez ni le vent ni la pluie, et cependant cet ouad se remplira d’eau, vous y étancherez votre soif, celle de vos troupeaux et de votre bétail. Mais tout cela est peu pour Iahvé, car il livrera Moab entre vos mains; et vous frapperez toute ville forte et toute ville choisie, tout bon arbre vous couperez, vous détruirez les fontaines et couvrirez de pierre tout héritage fertile.»
La prédiction d’Élischa eut son accomplissement : l’eau coula dans la vallée, et le riche pays de Moab fut saccagé par les rois vainqueurs. Jusque sous les murs de Moab ils s’avancèrent, La ville se dressait sur une hauteur dont la belle teinte rouge, noire et blanche, coupée de quelques plaques de verdure, charme le regard : c’est un véritable paysage alpestre. La plate-forme de Qir-Moab, ou Kérak actuel, s'élève à 3,720 pieds au-dessus du niveau de la mer 1, Là, en présence des bandes ennemies, le roi Mescha fit monter son propre fils sur la muraille pour l’offrir en holocauste au dieu Kamosch. Horrible spectacle! la flamme enveloppa le te homme, allumée par le père lui-même ; en présence des bandes d’Iehouda, d'Israël, d’'Édom, et des vignes charmantes de Kérak, la victime de Kamosch flamba. Ce coup d’œil tragique fit frissonner Israël tout entier.
Rencontrant dans Qir-Moab une défense désespérée, Ioschaphat et Ioram repassèrent l’[ardèn. Kamosch venait de délivrer son fils, le roi Mescha, et de soustraire pour longtemps les’ Moabites à la honte du tribut payé à Israël ?.