‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 225 sur 244 · II Rois, 1v · texte numérisé non relu

II Rois, 1v

AHAZIA. — JYORAM: 403

Cet enfant naquit,grandit, et quand, traversant la belle Schounem, Élischa se venait reposer dans le pavilion de la femme, il pouvait, avec satisfaction, voir se délopper le fils donné par Iahvé. Mais, un jour d’ardent soleil, au temps de la moisson, s étant rendu dans le champ où son père avec ses gens coupait le froment, le fils de la Schounamite s’écria tout à coup: « Ma tête, ma tête! » Il venait d’être frappé par une de ces ‘ mortelles insolations dont tant de voyageurs sont les victimes{. Transporté chez sa mère, il expira dans le délire. La femme éplorée alla trouver Élischa, qui, comme son maître Éliya, résidait ordinairement sur le Karmel. Apprenant la mort de l’enfant, le nabi donna son bâton à son serviteur Guéhazi, avec ordre de le placer sur le visage de l'enfant. Lui- -même suivait à distance Guéhazi, plus jeune, et dont la marche était plus rapide. En vain le serviteur posa le bâton du maître sur le xisaBe de l’enfant; aucune voix, aucun tressaillement n’y répondit. Mais, à peine arrivé, Élischa s’étendit sur le corps de l'adolescent, lèvres contre lèvres, mains contre mains. À ce contact, le cadavre perdait de sa rigidité froide. Après qu'il eut fait ensuite deux fois le tour de la chambre en sens contraire, le nabi entendit l'enfant éternuer sept fois, et bientôt put le rendre vivant à sa mère.

Élischa, comme son maître, descendant du Karmel, allait visiter les écoles de nabis, et particulièrement celles d’Ieriho et de Guilgal. Un jour qu’il était dans ce dernier bourg, il fit jeter dans la marmite une plante grimpante d’un goût, paraît-il, singulièrement mauvais, car, à peine les "bené- nebiim en eurent-ils porté à leur bouche, qu’ils s’écrièrent : « La mort est dans la marmite, Ô homme d’Élohim! » Mais, sur Vordre d’Élischa, Le mêlé de la farine à la plante, ils en firent un mets délicieux.

La renommée d’elischa, comme thaumaturge, était

1, Renan, Henriette Renan,

grande en Israël. Le sar de l’armée d’Aram, Naaman, atteint de lèpre, apprit, par une jeune Israélite au service de sa femme, qu’il y avait à Schomron un nabi capable de le guérir. Avec une lettre du roi de Damesseq pour celui d’Israël, il se rendit dans la capitale des tribus. « Je t'envoie, disait la missive, Naaman, mon serviteur, pour que tu le sauves de la lèpref, — Suis-je donc Elohim, pour donner ainsi la mort ou la vieP» s’écria le roi d'Israël, en déchirant ses vêtements.

Mais Naaman lui rappela qu’il y avait en Israël, tout-puissant contre les maladies, un prophète. Sur son char, Naäman, conseillé par le roi, alla trouver le nabi. Il résidait probablement alors à Guilgal ou à Leriho, près des benê-nebiim. Laissant à la porte le char et celui qui le montait, le fier nabi envoya seulement dire à l’illustre sar d'Aram : « Va te baigner sept fois dans l'Iardèn. »

En recevant cette réponse, le sar irrité se demanda pourquoi il avait fait un si long voyage. « L’Abana et le Parpar, qui coulent à Damesseq, s’écriait-il, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël? » Mais, ses serviteurs l’ayant vivement engagé à obéir au prophète, il se trempa sept fois dans le fleuve d’Ieriho et de Guilgal. La neige de la lèpre disparut, et ses chairs devinrent, par la pureté et l'éclat, semblables à celles d’un enfant.

Le nabi refusa, pour lui et pour ses serviteurs, tous les présents de Naaman. Ayant à l'insu de son maître accepté deux kikars d’argent et deux habits de fête, Guéhazi vit, à l’adjuration du nabi, la lèpre qui avait quitté Naaman le couvrir tout entier.

. Dans les luttes du roi de Damesseq contre Israël, Elischa savait toujours d’avance les mouvements des bandes araméennes et dérangeait tous les plans d’Aram. Le roi de Damesseq envoya des gens pour

LALDERGES Eve

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le prendre à Dathaïn, où le nabi semble avoir fait un séjour assez éphémère. On vint lui apprendre qu’une quantité d’Aramaïtes étaient là pour s'emparer de sa personne. Mais, devant l’homme effrayé qui lui apportait cette nouvelle, il fit flotter une fort étrange vision. Des chars de feu, ‘semblables : a celui qui avait emporté Eliya, descendaient nombreux du ciel. Qu’avait-il à redouter maintenant des chars de Damesseq?

Audacieux, Élischa se présenta aux gens d'Aram et leur proposa de les guider vers le nabi; mais il les conduisit, sans qu’ils s’en aperçussent, au milieu de Schomron. Là, sur l'avis d’ Elischa, le roi d’Israël leur servit un bon repas, où copieusement ils burent et mangèrent, après quoi ils les renvoya dans leur pays.

Telle est la légende ou plutôt l’histoire particulière d’Elischa, Ce qui apparaît là, c’est la calme auréole qui entoure sa tête de nabi.

Moins sereine est sa vie dans les actes qui se mêlent à l’histoire générale d’Israël. Il milite avec ardeur contre Izébel et l’abominable race d’Omri. Il a part aux révolutions sanglantes, non seulement de Schomron et d'Israël, mais encore de Damesseq.

En paix avec Israël, Ben-Hadad II ne devait guère être aimé des nabis. Pour tenir en haleine la race d’'Omri, ne leur fallait-il pas, à Damesseq, un homme remuant, à la place du pacifique Ben-Hadad II? Elischa se rendait parfois à Damesseq. Un jour qu’il était dans cette ville riante, Ben-Hadad II tomba gravement malade 1. Apprenant que lenabi, dontil savaitla merveilleuse légende, se trouvait dans la cité, le roi envoya vers lui, avec des présents, son serviteur Hazaël, « Par cet homme, lui avait-il dit, demande à Iahvé si je sortirai vivant de cette maladie, » — « Va! répondit Élischa à Hazaël, et dis-lui : « Tu guériras. » Puis, tout en fixant les yeux sur Hazaël, l’homme d’Élohim se troubla

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