La Géographie du Talmud, Neubäuer
qu'Abram eût un fils de sa servante, l’Egyptienne Agar (fuite). Les maîtresses de maison, chez les Sémites, quand elles étaient stériles, se substituaient leurs esclaves particulières. Ce fut par sa servante que, plus tard, Rahe] (la brebis) essaya de lutter contre la fécondité de Léa (la languissante).
Agar conçut d’Abram, ce qui lui fit prendre, vis-àvis de Saraï, une attitude peu respectueuse. Celle-ci V’accabla tellement, qu'Agar se vit réduite à s'enfuir. Seule, dans le désert, près d’une fontaine, sur le chemin de Schour, un envoyé d’Iahvé l’aborda. Il lui promit une postérité innombrable, lui recommanda de nommer son fils Ischmaël ( Dieu a entendu), et de retourner dans la maison d'Abram. Revenue près de Saraï, elle enfanta son fils. Abram était alors âgé de quatre-vingt-six ans,
À quatre-vingt- dix-neuf ans, il jouit d’une vision d’'Iahvé qui lui promit un fils, et lui ordonna que, comme marque d’alliance, tout enfant mâle de sa race fût circoncis?.
La circoncision était pratiquée déjà par les peuples kenaanites et par l’Egypte. Un bas-relief du temple de Khons, à Thèbes, nous présente des enfants de dix ou onze ans, soumis à cette cérémonie douloureuse; mais nulle part il ne paraît qu’elle ait été obligatoire pour tout enfant mâle, comme en Israël. Peut-être la circoncision avait-elle un sens religieux et voulait-elle. marquer le suprême domaine de Dieu sur la vie humaine. Dans tous les cas, si l’on se place au point de vue médical, on est obligé de convenir que cette opération a pour résultat de mettre à l’abri d’inflammations diverses l’organe mâle de la génération.
1. Gen., xvi. Pour M. Goldziher, Sara (la reine, la lune), représentant la nuit, combat contre Agar, un des noms du jour. (Der Mythos bei den Hebräern, p. 138 et 139:)