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s6 HISTOIRE DU PEUPLE D’ISRAEL,
il exerça peut-être une certaine suzeraineté. Les terres seules des prêtres restèrent à leurs possesseurs, car ils purent vivre, sans les vendre, du revenu que leur donnait le roi. Pour ensemencer les champs qu’ils tenaient de Sa Majesté, Ioseph donna du blé aux Egyptiens, à condition que le cinquième de la récolte serait remis au Per-aa. Ce fut une loi qui subsista, dit la Genèse, après Ioseph; mais elle dut bien vite s’effacer, et la terre revenir aux particuliers, car, dans l’histoire de l'Égypte, il n’est fait mention nulle part d’un pareil état de choses 1,
Israël vécut encore dix-sept ans; il supplia Ioseph de l’ensevelir avec ses pères dans la terre de Kenaan. La main sous la cuisse de son père, Ioseph en fit le serment.
Averti de la dernière maladie d’Israël, Ioseph arriva avec ses deux fils, Menasché et Ephraïm. On dit à Iaqob : « Ton fils foseph vient vers toi. » Israël fit un effort et s’assit sur sa couche, Il redit à Ioseph la vision de Louz, la promesse, qu'Iahvé lui avait faite, d’une nombreuse postérité qui posséderait le pays de Kenaan. Sa pensée, un peu flottante comme celle d’un mourant, se reporta vers les années d’autrefois : « Quand je re= vins du pays d’'Aram, Rahel mourut dans la terre de Kenaan, sur le chemin d’Ephratha, et là je l’ensevelis dans cette route d’Ephratha ?. » Apercevant les fils d’Ioseph, Israël dit : « Qui sont ceux-ci? — Ce sont
1. On a rapproché l’histoire d’Ioseph du Conte des deux frères, publié dans les Select papyri du British Museum. Sans doute les Hébreux ne dédaignaient pas les contes, non plus que les Égyptiens; mais ils semblent leur avoir donné toujours un caractère haggadique. I] ne nous est pas permis de ranger dans la catégorie des contes les récits dont la leçon morale n’est pas assez palpable. Ici, du reste, l’histoire d'Ioseph, dans la pensée de son auteur, est bien un anneau nécessaire de l’histoire générale d'Israël.