NT: CARRY
LE DÉSERT: -—(L'INVASION, — POÈME DE BILEAM.—LESCHANSONS D’ISRAEL, — BÉNÉDICTION ET MORTDE MOSCHÉ.
Es Hébreux prirent la route du désert.
C'était par la qu’autrefois Iaqgob avait gagné la vallée du Nil. En quelques jours Mosché, avec les enfants d’Israël, aurait pu atteindre la terre promise. Mais il fallut quitter la route directe, qui aurait conduit vers les cités de la côte ouest, vers Gaza, par exemple, où l’on se serait heurté à des garnisons égyptiennes. Une nouvelle armée du Per-aa aurait encore pu se jeter sur la trace des pasteurs hébreux, et les ensevelir dans le désert, avec leurs troupeaux. On descendit la côte orientale du golfe de Suez.
Le Sinaï, que va parcourir le peuple d’Iahvé, est une péninsule triangulaire située entre les deux bras de la Mer-Rouge, le golfe de Suez et celui d'Akaba. Ce n’est pas le désert complet : les ouads, les eaux et les pâturages n’y font pas défaut, Soit au nord, où le sable domine, soit surtout dans la région granitique, dont les points les plus élevés sont ie Djebel-Serbal, le Djebel-Mousa et le pic magnifique d’'Oum-Schomer, on rencontre de temps à autre des sources avec des bouquets de palmiers et de tamaris.
Ce ne sont pas seulement les vallées qui se décorent de végétations : ailleurs se dressent des acacias et
des tamaris; sur les hauteurs on peut cueillir la myrrhe, le thym et d’autres herbes parfumées. La montagne la plus pelée même est rarement dépourvue de toute végétation; c’est dans les endroits les plus arides que pousse, par exemple, la rose de Jéricho, qui, après vingt-cinq ans passés dans une chambre, a la faculté de s'épanouir quand on la met dans l’eau.
Le guide d’Israël, Mosché, connaissait cette contrée, où il avait autrefois mené les troupeaux de son beaupère. La première station des Israélites fut, sans aucun doute, l’ouad auquel les Arabes ont donné le nom d'Aïn-Mousa (puits de Mosché), et qui verdit sur la rive asiatique, en face du Ras-Akaba, promontoire africain au noble contour et tout enveloppé d’une teinte pourprée. L’Aïn-Mousa, petite oasis pleine de grâce, consiste en quelques sources d’une eau limpide, mais d’un goût un peu saumâtre, en petits. étangs plantés sur leurs bords de palmiers, de tamaris et d'herbes excellentes.
Après cette station, ce fut, pour les Bené-Israël, le désert, sans eau, pendant trois jours. Ils marchèrent, dans la solitude la plus monotone, entre le mur de montagne (schour, mur) qui est au nord et le golfe de Suez. Ils atteignirent Mara, dont les eaux étaient amères. Aujourd’hui encore, dans ces parages, le terrain, tout imprégné de natron, ne laisse échapper que des sources salées (la première fontaine de ce genre que rencontra l’expédition anglaise fut Aïn-Haouara). A certains moments, ces sources présentent des eaux potables, comme celles qu'obtint le pouvoir miraculeux de Mosché. ,
Les Benë-Israël arrivèrent enfin à Elim (aujourd’hui Ouad Gharandel), où ils campèrent autour de douze fontaines et de soixante-dix palmiers. Là il y a encore des dattiers, des tamaris et une belle végétation avec un ruisseau qui ne tarit pas. Quittant Élimi, ils se