‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 53 sur 244 · Ex}, XVII · texte numérisé non relu

Ex}, XVII

Amaleq fut défait. Dès lors commença une longue inimitié entre les deux peuples.

Avec les autres tribus du désert, Israël paraît avoir vécu en assez bonne intelligence. Les Qénites, parmi lesquels le beau-père de Mosché était prêtre, semblent même avoir eu de la sollicitude pour les Hébreux. Ithro apparaît dans le camp d’Israël, avec sa fille, la femme de Mosché, et ses deux petits-fils !, Sans doute, les Qénites différaient peu des Bédouins que l’on trouve aujourd’hui dans la péninsule du Sinaï.

Selon la coutume du désert, et comme il avait fait autrefois à Mosché, Ithro, le Midianite, fut invité à s’asseoir sous les palmiers et à manger avec Aharon et les chefs d’Israël. Il reconnut la supériorité d’Iahvé sur les autres dieux, et lui offrit des holocaustes, sans abandonner pour cela la divinité nationale des Qénites. Voyant Mosché juger seul le peuple, ce qui absorbait tous ses instants, il l’engagea à formuler un code de lois, d’après lequel des kiliarches, des centeniers et des dizainiers, établis en Israël, pourraient statuer sur presque toutes les causes. Les plus importantes seules seraient réservées à Mosché. Celui-ci accueillit fort bien le conseil de son beau-père, qui laissa bientôt le délicieux ouad Feiran, son ruisseau et ses palmiers, pour retourner parmi les siens, dans le Nedjeb.

Les Hébreux eux-mêmes ne pouvaient s’attarder indéfiniment dans ce site, le plus riant de la péninsule. Ils s’acheminèrent à l’est, vers les sommets un peu romantiques du Djebel-Mousa (mont de Mosché), qu’ils pouvaient atteindre en un jour ?. C’est du moins l’espace de temps que le récit biblique assigne au voyage. Peut-être Mosché, avec les principaux d'Israël, prenant le chemin le plus court, laissa-t-il le reste de la caravane venir plus lentement par l’ouad esch-Scheïik, large vallée s’étendant jusqu’au pied du Djebel-

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Mousa. Ce fut lui seulement qui parvint en un jour à la longue ligne bleue de la montagne qui devait plus tard porter son nom.

Laissant le peuple dans la plaine et ses environs, Mosché gravit le mont qui était devant lui.

D’après l’opinionla plus acceptée, c’est dansla plaine d’'Er-Rahah que le peuple campe, et sur le Ras- Sufsafeh que monte l’homme d’Elohim. Le Ras-Sufsafeh, haut de 2453 mètres, semble, en effet, un admirable théâtre pour la conversation d’un homme avec Dieu. C’est une masse isolée, solennelle, élevant sa tête au-dessus de la plaine comme dans une contemplation dédaigneuse des choses d’ici-bas 1. Cependant le Djebel-Katarina, dans le même groupe, mais légèrement au sud-est, offre peut-être un site encore plus grandiose pour la proclamation de la loi. C’est une imposante masse de porphyre. De son sommet, on embrasse, sans changer de place, le plus merveilleux panorama : au sud, la grande plaine d’El-Gaah avec le golfe de Suez, et, sur la côte d’Afrique, la ligne sombre du Djebel-Akrab; plus à l’est, le pic dentelé d’Oum-Schomer et le djebel eth-Thebt, la belle nappe bleue du golfe Arabique avec les collines de l’Hedjaz sur sa rive opposée. Mais la montagne elle-même est parfois un spectacle aussi curieux que celui qu’elle découvre. On ne saurait imaginer l’aspect fantastique de cette masse de porphyre de 2842 pieds, quand l’orage l’environne.

Après avoir sanctifié Israël et lui avoir fait laver

1. Pour les renseignements géographiques sur la péninsule du Sinaï, voir Palmer, The Desert of the Exodus, Cambridge, Deghton, 1871. — Robinson, Palästina und die südlich angrenzenden Länder, Hall, 184r, t. 1. — Robinson, Biblical Researches in Palästina, Mount Sinaï and Arabia Petra, 1841, t. I, jusqu’à p. 295. — Tischendorf, Reise. — Stanley, Sinaï and Palästina, — The Desert of Sinaï. by Horatius Bonar. — Ebers, Durch Gosen zum Zinaï.

ses vêtements, Mosché monta sur le Djebel-Katarina ou sur le Ras-Sufsafeh. Israël était alors dans son troisième mois de voyage à travers la presqu'île. Enveloppée de flammes et de fumée, la montagne devint effrayante, C'était Iahvé qui descendait sur elle.

I1 dit à Mosché : « C’est moi qui suis Iahvé, ton Élohim, qui t'ai fait sortir du pays de Mizraïn ; tu n'auras point d'autre Élohim que moi. Tu ne feras ni sculpture ni peinture de ce qui est au ciel, ou de ce qui est sur la terre, ou dans les eaux, pour te prosterner devant elles; car c’est moi qui suis Iahvé, ton Elohim, un El (dieu) jaloux châtiant l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, mais faisant miséricorde jusqu’à la millième génération à mes amis et à ceux qui gardent mes ordres. — Tu ne prononceras pas mon nom en vain; car Iahvé ne regarde pas comme innocent celui qui prononce son nom en vain 2 — Rappelle-toi le jour du schabbat (repos), pour le sanctifier. Pendant six jours, tu travailleras et feras ton œuvre; mais, le septième jour du schabbat d’Iahvé, tu ne feras rien de ton œuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni quelque bête de ton troupeau, ni ton colon qui est à tes portes. Car le septième jour marque le repos d’Jahvé après la création, — Honore ton père et ta mère pour . que se prolongent tes jours sur la terre, — Ne tue

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2. La loi égyptienne, telle que la présente le cxxve chapitre du Livre des Morts, a quelques traits de ressemblance avec le Décalogue : « Je n’ai pas crié le nom de Dieu en vain. Je nai pas parlé vivement à mon père. Je n’ai pas tué, je n'ai pas été frappeur, je n’ai pas fait verser de larmes. Je n'ai pas pris la femme d’un mari, je n’ai pas forniqué, je ne me suis pas masturbé, je suis pur, je suis pur, je suis pur. Je n'ai pas fraudé, je n’ai pas commis de dévastation, je n'ai point coupé de bras d’eau sur son passage. Je n’ai point dit de mensonge au tribunal; je n’ai pas dit de fraude, »

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