‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 55 sur 244 · Nomb., xiui · texte numérisé non relu

Nomb., xiui

ché et par Hobad le Midianite, parent de l’ Hébreu, ils traversèrent ces lieux désolés. Le désert d’Et-Tih est un plateau de pierres calcaires fort irrégulier. Sa partie sud s'enfonce comme un coin dans la péninsule du Sinaï ; au nord, il a pour bornes la Méditerranée et les montagnes d’Iehouda; à l’ouest, l’isthme de Suez; et, à l’est, l’ouad Araba, longue vallée, ou dépression de terrain, qui court du golfe d’Akaba à la Mer-Morte.

La contrée d’Et-Tih est très aride avec un tapis de cailloux lisses qui souvent couvre lesol, Pendant la plus grande partie de l’année, on y aperçoit, par endroits, des herbes brunes et desséchéces, dont les campements se peuvent servir pour faire du feu, Ces herbes prennent avec les pluies d’hiver une vie soudaine, mais très éphémère, Aux arbustes sont attachés, en nombre considérable, des limaçons qui attendent la pendant V’été le retour des pluies. Différentes espèces de lichens adhèrent parfois aux rochers dans les endroits même les plus brûlés du soleil.

Dans les rares ouads, on rencontre quelques sources, avec un peu de végétation, et des pâturages suffisants pour les chameaux, Certains coins de terre seraient même susceptibles d’être cultivés. Autrefois ce district fut certainement habité, comme en témoignent de nombreuses pierres rangées en cercle. Les Arabes le parcouraient sans doute au temps où le traversèrent les Israélites.

Ceux-ci se rendirent à Qadesch, qu’il faut identifier avec Aïn-Gadis. Là il y a trois sources, ou plutôt trois étangs peu profonds, dont l’un, débordant dans la saison des pluies, donne naissance a un torrent. Aïn- Gadis est sur la frontière du Nedjeb (contrée du Sud) de l’Écriture et du désert d’Et-Tih,

Ce fut de là que Mosché fit partir les Israélites choisis pour explorer le sud de Kenaan, dont l'invasion était décidée. Parmi les Benê-Israël chargés de reconnaître le Nedjeb, Oschéa (Osée), plus tard Ioschoua (Josué), fils de Noun, représentait la tribu d’ ’Éphraïm, et Kaleb celle d’ lehouda. Ils allèrent jusqu’à Hébron,

et après quarante jours de voyage revinrent à Qadesch, vers le peuple, apportant une branche énorme de vigne avec ses grappes, ainsi que des grenades et des figues,

Tous ces fruits, ils les avaient cueillis à Eschkol (peut-être Hassein, où il y a encore aujourd’hui beaucoup de raisins). Peut-être aussi vaut-il encore mieux voir l’antique Eschkol dans Aïn-Eskal, à vingt minutes de Hébron, Là se déploient les plus belles vignes de la Palestine, en face desquelles on se redit presque sans y songer la vieille chanson : Mon bien-aimé ayait une vigne, recueillie par Eschaya (Isaïe) 1,

« Nous sommes allés, dirent-ils, dans le pays où vous nous avez envoyés. Il est en effet tout ruisselant de lait et de miel, et voici ses fruits. Seulement le peuple qui l’habite est fort, ses villes sont enfermées dans de grands murs, et là nous avons vu la race d’Anaq. Amaleq est établi dans le Nedjeb; le Hithite, V’Iébousite et l’Emorite séjournent dans la montagne; le Kenaanite (Chananéen) sur le bord de la mer et près de l’Iardèn (Jourdain). »

A ce récit des explorateurs, un murmure s'élève du milieu du peuple. Kaleb ayant essayé de réveiller le courage d’Israël et s'étant écrié : « Montons, et prenons cette terre; nous en avons la force, » les autres explorateurs renchérirent encore sur la première peinture qu'ils en avaient tracée : « Nous ne pouvons monter là-bas, car ce peuple est plus fort que nous. » Ils décrièrent le pays qu’ils avaient visité : « La terre où nous sommes allés dévore ses habitants... Là nous avons vu les hommes prodigieux, fils d'Anaq, de la race des Nephilim, aux yeux de qui nous sommes comme des sauterelles. »

Il y a dans ces dernières paroles des explorateurs une allusion à la mythologie kananéenne. Au commencement, les peuples de Palestine plaçaient pour habitants de leur sol les Rephaïm ou dieux guérisseurs.

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