‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 56 sur 244 · De Saulcy, Voyage en Terre sainte, t. 1, Carte · texte numérisé non relu

De Saulcy, Voyage en Terre sainte, t. 1, Carte

Plus tard, frappés et détrônés, les Rephaïm à la taille colossale prirent le nom de Nephilim (tombés). De ces derniers descendaient les fils d’Anaq résidant à Hébron.

Après que les explorateurs eurent parlé, une grande clameur sortit du milieu de la foule, Ils se disaient l’un à l’autre : « Donnons-nous un chef, et retournons en Mizraïm. » Ioschoua et Kaleb eurent beau crier: « Le pays que nous avons traversé pour l’explorer est excellent; si Iahvé nous favorise, il nous y fera entrer et nous le donnera; c’est une terre ruisselante de lait et de miel; » le peuple, loin de les écouter, les voulut lapider. Irrité, Iahvé déclara qu’à l’exception d’Ioschoua et de Kaleb, toute la foule sortie de Mizraïm périrait dans le désert, sans avoir vu la terre promise, qu’elle dédaignait.

Cette multitude, fort mobile dans ses impressions, se prit bientôt à regretter sa révolte. Malgré Mosché et Ioschoua, qui commence à paraître avec éclat dans l’histoire d’Israël, un détachement du peuple se rendit vers une colline qu’habitaient l’Amaléqite et le Kenaanite, Mais, battu et poursuivi jusqu’à Horma ou Zephath (aujourd’hui Sébaïta), il dut revenir au camp, où était restée la barque d'alliance.

En ce moment va commencer pour Ieschouroun Île Juste, Israël) une nouvelle période de sa vie voyageuse. Jusque-là les Benê-[sraël ont marché vers un but bien déterminé. Quittant l'Egypte, ils se dirigent vers le Sinaï, pour y recevoir la loi; de la montagne sainte, après qu’Iahvé a parlé, ils prennent le chemin de Qadesch, où ils doivent faire leurs derniers préparatifs pour la conquête de Kenaan. Mais, à Qadesch ou Aïn-Gadis, le peuple, sur le rapport exagéré des explorateurs, refuse d’aller plusloin. C’est alors qu’Israël mène une vie nouvelle, errante, dans le désert, depuis Qadesch jusqu’au sud de la presqu'île du Sinaï.

Les événements des trente-huit années qui suivent

1, Nomb., xiv.

sont rassemblés en un petit nombre de versets, Ce que l’on entrevoit, c’est qu’au milieu de ses souffrances et de ses déceptions, le peuple essaya souvent de secouer autorité de Mosché. Aidé par lahvé, le nabi ne cessa de contenir cette masse toujours frémissante, qui s’en prenait à lui de n'avoir pas une terre riche à cultiver et de mourir de faim et de soif dans le désert 1.

Un jour, Qora, Dathan, Abiram et On, jaloux du pouvoir de Mosché et d’Aharon, se dressèrent contre eux en s'écriant : « Pourquoi vous élever ainsi audessus de l’assemblée d’Iahvé?... Nous as-tu donné en possession, dirent-ils à Mosché avec ironie, quelque champ ou quelque vigne? Crèveras-tu les yeux à ces gens-la ? (c’est-à-dire les empêcheras-tu de voir jusqu’à quel point tu les as trompés ?) »

Cette révolte de nassi (chefs) d’Israël, si on ne l’arrêtait pas aussitôt, pouvait avoir de terribles conséquences. Mosché recommanda au peuple de s'éloigner des coupables, Alors la terre s’entr’ouvrit pour engloutir Qora, Dathan et Abiram. Sans doute Iahvé suscita sous les pieds des rebelles une de ces éruptions volcaniques comme il paraît bien qu’il y en ait eu autrefois dans le Sinaï. La tradition arabe place à Pouad Léja, près du Djebel- Mousa, le lieu de la rébellion de Qora, Dathan et Abiram.

Deux cents hommes mêlés à la révolte devinrent la proie du feu d’Iahvé, ce qui souleva les plaintes du peuple contre Mosché et Aharon.

Un grand nombre convoitaient le souverain pontificat dont Aharon était revêtu. Pour montrer qu’il n’avait choisi son frère que par l’ordre d’Iahvé, Mosché plaça dans la lente de convocation douze verges sans compter celle d’Aharon ?. Le jour suivant, le nabi vint vers la fenle de convocation, et voici qu'avait germé la verge d’'Aharon pour la maison de Lévi, et les

Page 1