‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 63 sur 244 · Nomb., xx · texte numérisé non relu

Nomb., xx

Comme une vigueur de bœuf sauvage est en lui. Il dévore les nations ses ennemies,

Et leurs os, il les broie,

Et il les crible avec ses flèches.

Il se couche, il gîit comme un lion;

Comme une lionne qui le fera lever ?

Qui te bénit est béni.

Et qui le maudit, maudit soit-il!

Irrité, Balaq voulut encore une prophétie de Bileäm. Alors celui-ci déroula une autre vision que lui envoya le Tout-Puissant :

Paroles de Bileäm, fils de Béor,

Paroles de l’homme à l'œil férmé [par l’extase], De celui qui entend ce que dit El,

Et qui a Ia science de Schaddaï !,

Qui jouit de la vision d'Élion,

Prosterné, et avec les deux yeux ouverts.

Voici ce que je Vois, non maintenant,

Ce que je contemple, mais dans l’avenir:

Une étoile s'avanc d’lagob,

Et se lève une verge d'Israël.

Elle brise les frontières de Moab,

Eï le sol des fils de Scheth (de trouble).

Édom est sa possession,

Et Séir (autre nom d’Édom}, so ennemi, est son héritage. Israël fait des œuvres vaillantes.

Et d'Tagob viendra quelqu'un

Qui délruira le reste des cités [d'Édom].

Voyant Amaleq, le nabi s’écria :

La première des nations, c'est Amaleq; Mais sa destinée, c'est la destruction.

1. Schaddaï(le Puissant), vieux nom sémitique de la Divinité, qu’il faut probablement rapprocher de Set, nom d’un dieu sémite émigré en Égypte.

POÈME DE BILEAM. : 9$

A la vue des Qénites, il dit :

Solide est ta demeure,

Et posé sur le roc est ton nid;

Mais Qaïn (le Qénite) doit étre détruit, En aitendant qu'Assour l’emmène captif.

Poursuivant sa prophétie, il s’écria :

Malheur à qui vivra quand El fera ces choses! Des vaisseaux viennent des côtes de Kitthim (?); Ils oppriment Assour, ils oppriment Héber ;

Et lui aussi (Assour) est voué à la destruction.

Après avoir annoncé le triomphe d’Iagob et les invasions lointaines (peut-être celles des Mèdes et des Scythes) sous lesquelles devait plier toute la race sémitique, avec le prodigieux empire d’Assyrie lui-même, le nabi quitta le roi Balag !.

Ayant évité les enchantements de Bileäm, Israël eut à lutter contre une magie bien plus redoutable. Les voluptueux cultes voisins vont essayer de le corrompre. Les Midianites, en bons rapports, dans le désert, avec les Hébreux, les vinrent visiter dans leurs campe-

1. La prophétie de Bileäm semble avoir été à peu près achevée vers la fin du règne de David. Elle célèbre l'unité intérieure d'Israël, les victoires de son premier roi sur Moab etsur Séir, Le souvenir d’Agag, le puissant roi des Amaléqites, épargné par Schaôul et égorgé par Schemouël, est encore vivace. Sans doute ce beau poème, entrecoupé de récitatifs, résonna souvent, accompagné du kinnor, dans le splendide palais de Millo.—VoirKalisch, Bible studies, t. 1.— B. R. de Geer, De Bileamo, eius historia et vaticiniis, — Hengstenberg, Die Geschichle Bileams und seine Weissagungen, mais avec une opinion différente de la nôtre. — H. Ewald, Jahrbücher der biblischen Wissenschaft..…. Achtes Jahrbuch : 1856, Die Weissagungen Bileams.

ments. Aux fêtes des dieux, les Israélites et la jeunesse de Midian s’en allaient ensemble à Baal-Péor, lieu de pèlerinage 1. La, selon l’usage, les femmes et les filles midianites devaient vendre aux étrangers leur chasteté, et, avec le produit de la prostitution sacrée, offrir aux dieux un sacrifice. Entraînés par ce culte ardent, les Hébreux, en grand nombre, s’y laissaient aller tout entiers.

Pinéhas (la bouche d’airain), petit-fils d’Aharon et fils d’'Éléasar, le cohène-hagadol, fut pris d’indignation en voyant une Midianite, qu’un des chefs de Schimeôün, aux yeux de tous, conduisait dans sa tente. Il perça l’Israélite, qui avait nom Zimri, et la jeune femme, Cozbi, fille de Zour, un des nassi (chefs) de Midian. Quelques jours plus tard, sur l’invitation de Mosché, Israël s’arma contre Midian, lui prit tous ses troupeaux avec toutes ses femmes. Les filles de Midian encore vierges furent conservées, les autres exterminées.

Dans tout le pays conquis jusque-là, riche en päturages, s’établirent Gad et Reôubèn. Ces deux tribus de pasteurs bâtissent des qirioth (bourgs) pour eux et des enclos pour leurs brebis.

Pendant cette période de première conquête, la jeune poésie hébraïque s'était mise à chanter les exploits d'Israël. Ces chansons guerrières, ou #70schlim, semblent avoir formé une collection qui prit le nom de Livre des guerres d’Iahvé. Dans la Thora sont cités trois de ces chants. Le premier peint la migration des tribus jusqu'au moment où elles ont un campement moins éphémère :

Vaheb (?) est prés de la jungle (ou embouchure de l'Arnon) Et des ruisseaux de l’Arnon.

Le cours des ruisseaux

Incline vers l’assiette de la ville,

Et touche les frontières de Moab.

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