‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 9 sur 244 · PRÉFACE, XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE, XI

la mort fut si tragique ; Izébel la grande; sa fille Athalia ; ceux d'Israël et d’Iehouda errant sous les térébinthes avec les courtisanes sacrées et les adolescents phéniciens ; les grands nabis Éliya et Élischa ; les merveilleux chanteurs idéalistes, dont la voix et la harpe n'ont pas de repos; les héroïques Makkabées ; les sombres patrioles — ces grands incendiaires — s’ensevelissant sous les ruines fumanles et sanglantes de la ville sainte : telles sont les visions douces, étranges, furieuses, que depuis longtemps j'entrevois partout. Ma grande ambition serait de les faire se dresser devant ceux qui me liront, telles qu’elles me sont apparues à moi-même.

Comme toute étude sur l'humanité, je termine l'histoire agitée du peuple juif, avec la certitude de plus en plus ferme qu’il a raison, le vieil Ecclésiaste : que la vie est bien un vain tourment départi, par Élohim, aux fils de l’homme. Demandez à Ahab, à Izébel, au vieux nabi Éliya, au doux loseph lui-même, si l'existence n’est pas amère. La seule chose qui puisse faire monter le sourire aux lèvres de l’homme cullivé, c’esi la naïve assurance de l’homme politique et du prédicateur, croyant à la possibilité d’un äge d’or, et travaillant à le faire naître.

Qui sait penser n’ignore pas que l’humanilé est éternellement vouée à l’intrigue, aux larmes et à la tuerie. L'heure la plus désirable à chacun de nous est en réalité celle où il descend dans le schedl, pour s’y engloutir à jamais et ne plus voir. l’œuvre mauvaise qui s’accomplit sous le soleil. Ah! que ce scheül soit pesant et mornel que nulle voix et nul souffle même n’en interrompent le silence! Incapable de concilier en Son esprit ces deux antinomies, l'existence et le repos, l’Indo-Européen s’est souvent surpris à

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