‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 92 sur 244 · Munk, La Palestine, p · texte numérisé non relu

Munk, La Palestine, p

4. Schittim, nom du bois de l’Ohel-Moëd dans la Bible, es le mot par lequel en égyptien on désigne l’acacia.

L’OHEL-MOED OU TABERNACLE. 135

lores où paraissaient des keroubim ; c'était comme une ample broderie de fin lin dont la blancheur était entremêlée d’hyacinthe, de pourpre et de cramoisi. Au nombre de dix, les tapis étaient réunis cinq par cinq, et formaient deux groupes. Cinquante nœuds de couleur d’hyacinthe et cinquante agrafes d’or les reliaient ensemble. Quarante coudées 1 de long sur vingthuit de large, telle était l'étendue de tous les tapis placés dans l’intérieur de la tente. C'était une tenture de poils de chèvre qui en couvrait l'extérieur, et non plus l’œuvre savante d’Oholiab ; les agrafes d’afrain y paraissaient, au lieu des belles agrafes d’or.

À lorient était l’entrée du Mischkan, comme des sanctuaires égyptiens ; elle était fermée par un voile de lin retors avec des broderies de couleur d’hyacinthe, de pourpre et de cramoisi, qui étaient tendues sur cinq colonnettes en bois d’acacia doré,

Un autre rideau de fin lin, pareillement orné appelé Paroketh, et tendu sur quatre colonnettes, dorées à soubassement d'argent, voilait le lieu très saint. Là était déposée seulement la barque d’alliance, en bois d’acacia, recouverte d’or pur en dedans et en dehors. Par quatre barres de bois garnies d’or et qu’on attachait à quatre anneaux d’or, on la pouvait transporter. Elle était faite évidemment sur le modèle de ces baris (barques) égyptiennes placées à l’endroit le plus mystérieux des grands temples, portant un naos, et dans lesquelles, aux bonnes processions, on était censé promener les dieux et les déesses?, De deux coudées et demie de long, d’une coudée et demie de large et d’autant de haut, "elle renfermait les deux tables de la loi. Son couvercle d’or massif avait, à

1. La coudée hébraïque devait avoir, comme la coudée égypto-babylonienne, om,525. L’Étalon des mesures oo e par J.'Oppert, p. 39.)

2. Voir çà et là Dendérah, par M. Mariette, et Drei fester Kalender de M. Brugsch.

chacune de ses extrémités, un kiroub les ailes déployées. Le grand cohène seul pouvait entrer une fois l’année dans le lieu très saint, où reposait la barque d’alliance.

Quant au lieu saint, ou première partie du Mischkan, les prêtres ordinaires y avaient accès, Là était la fable des pains de proposition, toujouts en acacia doré, avec deux coudées de long, une de large et une coudée et demie de haut. On y voyait des vases d’or pur. Les pains de proposition sans levain, faits de la plus pure fleur de farine, s’y rencontraient toujours au nombre de douze. À chaque Sabbat, on les devait renouveler, laissant les anciens pains aux prêtres, qui les mangeaient dans le lieu saint. À gauche, dans le Mischkan, était placé le chandelier d’or pur à sept branches d’une seule piècel, chef-d'œuvre de Besalel. A sculpter des fleurs d’or et des calices en amande, tout son art s'était exercé. Pour les lampes, qui restaient allumées du scir au lendemain, il y avait des mouchettes et des cendriers d’or pur. Entre le merveilleux chandelier à sept branches et la table des pains de proposition paraissait, devant le rideau du lieu très saint, l’autel des parfums ou autel d’or, où matin et soir un prêtre faisait fumer des aromates. Voila tout ce que présentait aux regards des prêtres la première partie du Mischkan.

: Pour le peuple, il était relégué dans le parvis, qui, à l’entrée de la tente, s’agrandissait en forme de cour pour contenir l’assemblée d’Israël. Le parvis contenait V’autel des sacrifices,en bois d’acacia, couvert d’airain, de cinq coudées de long et de large, et de trois coudées de haut, Sur cet autel, qui regardait l'entrée du Mischkan, brûlait éternellement le feu sacré. Le bassin d’airain, fait avec les miroirs des filles d'Israël, était

1. Ce qu'était le chandelier à sept branches, nous le savons par celui qui est représenté à Rome sur l’arc triomphal de Titus.

placé sur un piédestal d’airain, près du Mischkan, Avant d’entrer dans le lieu saint, les cohènes (prêtres) s’y venaient laver les mains et les pieds.

Commise aux soins de l’Ohel-Moëd, la tribu sainte se divisait en lévites, prêtres, grand-prêtref.

Pas plusque la foule, les simples lévites ne pouvaient entrer dans le Mischkan. Leur rôle se bornait à aider les prêtres dans les différents ministères où il leur était.permis de les suivre, sans toutefois toucher jamais aux vases sacrés. [ls administraient les revenus du temple et en comptaient les troupeaux, selon la mode égyptienne, Ce qui les faisait vivre, c'était la dîime de tous leurs fruits que les propriétaires d'Israël venaient offrir à la fente de convocation. Eux-mêmes devaient donner aux cohanim la dixième partie de ce qu’ils avaient reeu. Une seconde dîme prélevée par les propriétaires servait aux repas communs, les grands jours de pélerinage, sous les figuiers et près des vignes de Schilo. Une fois tous les trois ans, les lévites la devaient distribuer aux nécessiteux d’ Israël. $ je

Au-dessus des lévites, les cohènes de la famille d’Aharon avaient le privilège de pénétrer dans le Mischkan. Ils portaient un costume particulier, dont les trois parties principales étaient le caleçon de lin, descendant probablement jusqu'aux genoux, l'élégante tunique (kitthônet) sans plis, qui pressait le corps et en faisait ressortir les formes , et la ceinture de lin, que Pon adaptait a la tunique, et dont la longueur permettait de la rejeter sur l'épaule et d’en laisser retomber à flots Sur le corps la belle étoffe 2. C'était ce que faisait le prêtre, à l'heure des sacrifices, pour l’empêcher de baigner dans le sang des victimes. La longueur de cette ceinture aurait été, d’après la Guémara de Jérusa-

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