Sagesse XLIV-LI
PERSÉCUTION D’ANTIOKHOS ÉPIPHANÈS. 149
pieux Onia IIT, le cohène-hagadol, dépossédé, qui s'était retiré dans un asile à Daphné, près d’Antiokhéia. Cependant ,comme ïil ne pouvait payer les sommes promises, Ménélaos fut mandé près du roi Antiokhos Epiphanès1,
Ecarté pendant quelque temps du souverain pontificat, il parvint à le reprendre. Envain des ambassadeurs juifs vinrent-ils, à Zour, se plaindre à Antiokhos de leur abominable grand- prêtre ; celui-ci, avisé, avait gagné à prix d’argent le préfet de la Cœlésyrie et de la Phénicie, Ptolémaios Macer, qui prit sa défense. Sans doute, les Juifs, obstinés, absolus, étaient souverainement déplaisants aux Grecs subtils et nuancés. À ceux qui l’importunaient de leurs plaintes, Antiokhos fit couper la tête.
Le bruit de la mort du roi, parti pour une expédition en Egypte, s'étant répandu dans Ierouschalaïm, de tous côtés la joie éclata. Jason même, quittant le pays d’Ammon, rentra,avec mille aÿenturiers, dans la ville sainte. Dans la citadelle s'étaient retirés Ménélaos et ses partisans. Sans doute, Ierouschalaïm apprit qu’Antiokhos n’était pas mort: saisie de crainte, elle chassa Jason.
Celui-ci, empêché par Haréthath, roi des Arabes, de gagner Ée gypte, se rendit à Lacédémone, où il mourut dans la dernière pauvreté.
Malgré sa soumission, Ierouschalaïm ne fut pas épargnée. Aidé par Ménélaos, Antiokhos pénétra dans le temple, qui fut violé et saccagé. Dans le sang de quatre-vingt mille cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants, le roi voulut éteindre toute velléité de révolte nouvelle :
Dans tout le pays d'Israël il y eut un grand deuil, Les princes et les zegénim gémirent; Les vierges et les adolescents en furent affaiblis,
ol Mucc, IV.
Et jusqu’à la beauté des femmes se fana.
Tout nouveau marié se lamentait, Et toute vierge entrant dans le lit nuptial éclatait en sanglots\.
En 168, Antiokhos reprit la lutte contre l'Égypte, à laquelle il demandait Péluse et l’île de Chypre. Mais son armée fut arrêtée par trois légats romains, qui lui interdirent tout combat contre Ptolémaios Philométor et son frère Ptolémaios Evergètés.
Il ne restait plus à Antiokhos que les Juifs à torturer. Apollonios, son préfet de l’impôt, il l’envoya dans Ierouschalaïm, avec ordre d’en massacrer la population. Pour avoir un prétexte d’inonder la ville de sang, le roi commanda à un de ses serviteurs, Athoœæneos, d’installer dans le temple de Zeroubabel la statue de Dios olympien,et dans celui du Garizim celle de Dios hospitalier. C'était au 1$ de khislev 168.
La ville sainte fut livrée à toutes les profanations.
Le 2$ du même mois, sur un autel dressé à Jupiter Capitolin au dessus de celui des holocaustes, on immola des porcs. Partout, dans les villes et dans les bourgs, surgirent des autels où les Hébreux durent, sous peine de mort, apostasier leur loi. Il leur était interdit de se circoncire, de sacrifier à Iahvé, d’observer.les fêtes et le schabbath. Les copies de la Thora étaient prises et brülées, et ceux qui les conservaient mis à mort.
Des soldats, des hommes sans foi ni loi, la plupart apostats, avaient été installés dans une citadelle, VAkra, qu’'Antiokhos avait fait batir, et d’où ils dominaient la ville.
Tel était le fruit de la conduite des grands-prêtres, qui avaient divisé, et par la même affaibli le peuple. Avec le noble Schimeëün-hazadiq, les rois de Syrie n'auraient jamais songé à introduire violemment dans Ierouschalaïm la civilisation hellénique.
ÉPAITEMACC 022,05
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Comment du reste Epiphanès, naturellement bienveillant, a-t-il été poussé à la persécution? Deux causes l'ont entraîné, dont la première a été l’embarras d'argent. Il faut en effet voir le principe de tous les troubles, qui amenèrent les répressions sanglantes, dans la vente du pontificat à Jason et à Ménélaos. De plus les Juifs avaient dans leur sein un parti d’hellénisants qui accueillaient avec joie les importations grecques. Cela ne déplaisait point à Epiphanès de voir les jeux et le culte des Grecs s'installer à Ierouschalaïm. C'était, semble-t-il, un esprit chimérique, rêvant l’unité universelle, et, par ses décrets contre la religion d’Iahvé, s’imaginant travailler à la réalisation de son idéal.
Parmi de lâches soumissions, il y eut d’ héroïques résistances, C’est une des belles heures de l’histoire, où la conscience humaine, se soulevant contre la force, a prouvé qu’elle était plus forte qu’elle. Parmi les martyrs qui préférèrent les plus atroces souffrances à V’apostasie, on a gardé le nom du vieil Eléasar, le sopher, et le souvenir d’une femme qui expira avec ses sept fils!. Les poètes religieux et nationaux faisaient monter vers Iahvé la clameur de leur colère et de leur espoir :
Jusqu'à quand, 6 Élohim, l'ennemi loutragera-t-il ? Insullera-t-1l ton nom ?
Pourquoi retirer ta maïn ?
Dégage ta droite de ton sein et anéantis-les 2.
Autour d’une famille va se grouper tout ce qu’i y avait de bon et de fidèle dans Iehouda.