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Macc. VI, VII, JA PS IEXXIV

LES PREMIERS HASCHMONIDES.

Mattathia. — Iehouda Makkabi (167). — La purification du temple (25 kilev 165). — Le jour de Nikanor (13 adar 160). — Le livre de Daniel. — Le livre d'Esther. — Tonathan, grand-prèlre (160-143). — Schiméon ; le monument funéraire de Modin} la fête du 23 d'lär 141, celle du 7 de Sivan. — Schiméon est proclamé grand-prètre et nassi des Juifs, et ces titres héréditaires dans sa famille (140). — Les premières

- monnaies juives. — Les livres des Makkabées. — Les origines égyptiennes de la fête de Hanouka.

N vieillard entouré de cinq fils, cinq héros, se leva en Israël. Son nom était Mattathia, fils d’Iohanan (Jean), fils de Schimeün, 7e Haschmonide. Aharonide, i il descendait de la famille d’Ioarib et avait eu d’abord son séjour à Ierouschalaïm; mais à la suite de la persécution il s'était retiré dans le petit bourg de Modin (aujourd’hui Khirbet- Mediyeh), à peu de distance au nord de la ville sainte. Iohanan Gadi, Schimeün Thassi, Iehouda Makkabi, Eléazar Avarani et Jonathan Apphous, telsétaient les” noms des fils de Mattathia.

1, TEMacc ur.

MATTATHIA. 153 te

Sans cesse le vieux prêtre gémissait sur la ville d’Iahvé profanée, sur le temple dépouillé de son précieux mobilier :

Ses nourrissons [d'Ierouschalaïm] ont été tués dans les rues,

Ses jeunes gens percés par l'épée,

Tout ce que nous avions de saint, de beau de glorieux a été ravagé q 425 €

Et les gentils l'ont profané.

Pourquoi vivre encore ?

Toute sa famille, en signe de protestation, portait le deuil.

Un officier du roi, étant venu à Modin pour faire

exécuter les ordres de son maître et fumer l’encens d’un sacrifice, voulut que Mattathia et ses fils donnassent l'exemple à la foule, « Vous serez chargés, leur dit-il, d’or, d'argent et d’autres nombreux présents. — A Dieu ne plaise, s’écria Mattathia, que nous délaissions la Thora et ses préceptes! » Maisun Juif s’étant avancé pour sacrifier sur l’autel, Mattathia, dans sa fureur, le massacra ainsi que l'officier royal, et renversa l’autel,

Dans le pays au sud-est chaine près de la mer Morte, la où il y a de hauts rochers et des cavernes, Mattathia se réfugia avec ses fils et des Juifs zélés. Peu à peu sa troupe augmenta.

Dans de grandes excavations, mille d’entre eux furent surpris, un jour de Schabbath, par des soldats d’Antiokhos. Pour obéir à la Thora, les Juifs ne firent pas un mouvement de résistance, refusant en même temps de sacrifier aux Elohim étrangers. Dans la flamme et la fumée, ils périrent tous, avec les femmes et les enfants, et jusqu au bétail.

Emu de cette catastrophe, Mattathia déclara que désormais il serait permis de se défendre, même le jour du Schabbath. Il communiqua une vigueur nouvelle à ses partisans, dont le nombre grandit encore, et parmi lesquels on compta les Hassidim (pieux), qui prenaient l’engagement de verser pour la loi jusqu’à

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Ja dernière goutte de leur sang. Parcourant le pays, l’illustre vicillard, avec les siens, jeta par terre tous les autels étrangers, et circoncit tous les enfants qui ne l'avaient pas encore été.

Sur le point de mourir, Mattathia réunit autour de Jui tous les siens : « ... Des discours de l’homme inique, leur dit-il, ne craignez rien, car sa gloire est destinée à l’ordure et à la vermine; aujourd’hui il est élevé, et demain on ne le trouvera ‘plus : il est retourné à sa poussière, et ses projets sont anéantis. Vous autres, enfants, soyez forts et vigoureux dans la Thora; c'est ainsi que vous serez glorieux. Voici Schimeëün, votre frère, homme de conseil; tous les jours, écoutez- les il vous servira de père. lehouda Makkabi, courageux dès son enfance, qu’il vous dirige dans la guerre; et qu’il combatte les ‘combats du peuple !, 0) Ayant dit, il les bénit. Après quoi il fut ajouté à ses pères. Ses fils l’ensevelirent dans le sépulcre de ses ancêtres, à Modin1.

A la place du vieillard couché dans Modin, se dressa Iehouda Makkabi. D'où vient son surnom de Makkabi ? Est-ce du mot Magab, marteau? Une telle étymologie semble peu probable?

On a prétendu que ce nom avait été formé de la première lettre de quatre mots qui se rencontrent dans l’Exode : Mi, Kamka, Beélohim, Iahvé (qui est

1. La famille des Haschmonides n’était cependant pas de Modin. Mattathia s'était, par hasard, réfugié dans la ville pour éviter les gens d’Antiokhos.

2. Elle est cependant acceptée par un certain nombre, entre autres par M. Kuenen, The religion of Israël, t. Il, JD ALOZ: M. Delitzsch donne à Makkabi le sens de : « Quiest comme mon père? » Pour M. Samuel Certiss, The name Machabee, Makkabi vient de Makebé, participe hiphil du verbe .Kaba, avec la terminaison ? pour marquer le descendant, l'individu. Alors Makkabi signifierait celui qui éteint l'incendie allumé dans le pays.

IEHOUDA MAKKABI. 1$55

comme toi parmi les Elohim, Iahvéi?) et qu’Israël soulevé avait brodés sur ses étendards.

Iehouda ne fut pas un héros à la manière d’Iphtañ et d’Othniel. Il est loin d’avoir leurs allures libres et de frapper leurs grands coups. Dans l’âme dece vaillant fils de Mattathia, il y a une forte dose d’esprit sectaire qui la diminue et en supprime parfois la poésie. S’il n’est pas aussi grand que les premiers héros, la faute en est peut-être aussi à l’auteur de son histoire, un véritable rhéteur, qui ne manque jamais, avant les batailles, de mettre sur les lèvres du chef une très longue harangue.

Appollonios, préfet de Syrie, réunissant un corps de troupes, s’avança contre les Juifs pour les écraser. Avec lui marchaient les Samaritains et les Gentils. Mais sous le choc héroïque d’Iehouda Makkabi, les païens plièrent et prirent la fuite. Parmi les morts, tomba Appollonios lui-même, dont Jehouda prit la belle épée, qu’il porta toujours dans les combats.

Après Appollonios, Séron, gouverneur de la Cœælésyrie et de la Phénicie, éprouva la force du Makkabi, Sur la rampe de Beth-Horon, à trois lieues au nordouest d’Ierouschalaïm, il rencontra la troupe des Israélites. Leur chef courageux, à qui l’auteur du Livre des Makkabées prête un long discours, se serait écrié vers la fin de sa harangue : « Nous combattons pour nos vies et pour nos coutumes. Jahvé les broiera devant nous. N’en ayez pas peur?. »

De Beth-Horon, l’ennemi s’enfuit dans la Scheféla des Pelischtim. Huit cents des siens restaient étendus, tant sur les pentes et dans le défilé de Beth-Horon, que dans la belle plaine (166).

Exaspéré par ces défaites, Antiokhos résolut d’envelopper au printemps Israël avec une nombreuse armée. Mais comment pourrait-il retenir ses troupes

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de mercenaires jusqu’à la belle saison? Prodigue, il avait épuisé son trésor, si bien que ses sujets, au lieu d'Epiphanès (l'illustre), s’étaient mis à l'appeler Epimanès (le fou). En 166, il s'était ruiné pour établir à Daphné, près d’Antiokhéia, des jeux en l'honneur d’Apollo.

. Laissant les Juifs, il prit la route de la Perse pour y recueillir lui-même les tributs, mais non sans ordonner à Lysias, son lieutenant, de ne pas ménager les Israélites et de raser lerouschalaïm, leur capitale. D’Antiokhéia, Lysias, après le départ du roi, fit partir contre Iehouda quarante mille hommes de pied et sept mille cavaliers, sous la conduite de Ptolémaios, fils de Doryménès, ainsi que de Nikanor et de Gorgias. Au milieu d’elle, l’armée syrienne avait d'énormes éléphants avec des chars armés de faux, que l’on précipitait dans les rangs ennemis. Elle campa à Emmaoüm, à l'entrée des défilés qui mènent au plateau d’Ierouschalaïm. Des marchands d’esclaves, munis d’or, d’argent et de chaînes, affluaient, parmi les Syriens, se préparant à recueillir le butin vivant de la campagne.

Bien triste était la Judée. Toute joie avait déserté lagob; on n’y entendait plus ni la flûte, ni le kinnor. Dans le jeûne, le cilice et la lecture de la Thora, les Juifs, secs et moroses, bien différents de ceux qui avaient précédé la captivité, se préparaient à la lutte. Rassemblés à Mizpa avant le combat, ils criaient à Jahvé : « Comment pouvons-nous faire l’offrande, et comment la peuvent faire les Nazirs, si nous n’avons pas de lieu saint? » Iahvé était bien contraint de leur donner la victoire, puisque sans elle il était impossible d'accomplir la Thora, Suivant la prescription de Mosché, ils sonnaient de la trompette et poussaient des cris 1.

Ichouda Makkabi renvoya, comme le voulait la loi,

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