‹ Histoire d'IsraelChapitre 104 sur 311 · I Mac, v · texte numérisé non relu

I Mac, v

pettes, commençait l’assaut de la forteresse, Iehouda, à l’improviste, tomba sur l’ennemi. *N’ayant avec lui que huit mille hommes, le Makkabi en étendit huit mille de Timothéos sur les pentes de Guileäd, Parmi les villes qu’il saccagea, fut la fertile Heschbon.

S’étant retiré dans la ville d’Aschthoreth (Aschtaroth-Karnaïm), Timothéos y trouva son tonibeau dans le temple même de la déesse, auquel les Juifs mirent le feu. ° '

Ramenant les Juifs d’au delà, Iehouda Makkabi brûla, dans sa marche vers Ierouschalaïm, le bourg d’Ephron, puis traversa l’Iardèn en face de Scythopolis, dont la population, à moitié grecque, n’était pas défavorable aux Juifs.

Pour la fête des Schebouoth, il rentra dans la ville sainte (mai 164) avec tous ceux de Guileäd. On chanta dans cette solennité :

Louez Tahvé, car il est bon,

Car sa bienveillance est éternelle.

Voici le jour qu'a fait Tahveë,

Tressaillons et réjouissons-nous, ce jour-là. 1

Sitôt la fête terminée, Iehouda recommenca ses expéditions.

En son absence, les deux chefs, Ioseph et Azaria, qu'il avait laissés pour la garde du pays et à qui il avait interdit toute initiative, allèrent se heurter à Gorgias, près d’Iamnia, et furent ramenés violemment, par le chef syrien, jusqu’à la montagne d’lehouda, après avoir perdu deux mille hommes.

A cette nouvelle, le Makkabi courut à Gorgias qui s’était rendu en Idumée. Il reprit Hébron dont les Esavites s'étaient de nouveau emparés, en détruisit les murailles et les tours.

Avec le reste de ses troupes, Gorgias gagna Ma-

DITS PS NTESS

IEHOUDA MAKKABI. IG

rescha, à quelques lieues au sud-ouest de Hébron. Ichouda l’y suivit, mais ne semble pas avoir remporté sur les Syriens de victoire signalée. Se portant de là sur Aschdod, les bandes juives y détruisirent les autels, brûlèrent les dieux, et pillèrent les richesses.

Les habitants grecs d’Ioppé avaient fait monter sur des barques des Juifs sans défiance, et les avaient jetés dans la mer au nombre de deux cents. Iehouda, pendant la nuit, surprit les assassins de ses frères, mit le feu au port, brûüla les embarcations, égorgea tout ce que lui tomba sous la main. ;

Comme Iamnia avait tenté d’imiter Ioppé, il en incendia aussi les vaisseaux, de telle sorte qu’à Ierouschalaim même on aperçut les lueurs de cet embrasement.

Ses vengeances assouvies et ses mains pleines de butin, le Makkabi rentra dans la ville sainte.

À court d’argent, Antiokhos Epiphanès était allé en chercher à Suze, dans le grand temple d’Anaïtis. Mais, tombant de son char, il se brisa les membres, et expira dans la ville perse de Taba (164). Avant de mourir, il avait confié à Philippos la tutelle de son jeune fils Antiokhos V Eupator 1.

Mais Lysias prit la place de Philippos, qui dut gagner l’Egypte. À ce moment, le Makkabi pressait dans Akra les hellénisants qui s’y étaient refugiés. Contre eux, il avait entouré le temple sur sa colline d’un mur élevé flanqué de tours.

Les hellénisants purent envoyer vers Eupator pour implorer des secours. Ptolémaios Macer, préfet de Judée, fort bienveillant envers les Juifs, dut s’empoisonner et céder la place à Lysias, La guerre recommença. Voyant ses lieutenants Timothéos, Khæréas, Apollophanès, battus par le Makkabi, Lysias lui-même entra en campagne, au printemps de l’année 163, avec

x. L'Macc:, NI.

cent mille hommes de pied, vingt mille cavaliers, trente-deux éléphants. On était dans l’année sabbatique où les places fortes étaient peu approvisionnées.

Lysias commença par dresser contre Beth-Zour des machines de guerre que les assiégés brülèrent. Se portant au-devant de l’ennemi, le Makkabi vint camper à Beth-Zekaria. Malgré les éléphants, dont chacun portait une tour avec trente-deux hommes, et malgré l’immense armée syrienne, tout étincelante au soleil, les Israélites furent longtemps inébranlables. Un des Makkabis, Eléazar Avaran se couvrit d’une éternelle gloire: avisant le plus beau des éléphants et s’imaginant qu’il portait le roi, il se glissa sous l'énorme bête, la perça, mais périt, écrasé sous sa masse.

Malgré leur héroïsme, les Hébreux durent reculer devant le nombre des ennemis. Beth-Zour capitula; après quoi, Lysias vint camper devant Zion. La montagne du temple sans vivres vit, après une énergique résistance, ses défenseurs se dissoudre.

Mais Lysias, apprenant le retour de Pbilippos, accorda la paix à ce qui restait des assiégés, Eupator toutefois ne respecta pas les conditions jurées. Il fit raser les murailles de la montagne, puis retourna dans Anthiokhéias, laissant aux Juifs la liberté religieuse,

Privés du secours des Syriens, les hellénisants durent quitter la citadelle d'Akra. Ménélaos, le grand-prêtre, après dix ans d’indigne pontificat, fut enfermé par Eupator dans Baroa (Aleppo), où il mourut étouffé dans la cendre. Lysias l’avait signalé au roi comme capable, par ses menées, de rallumer la guerre juive.

Dans Antiokhéia, Lysias envoya au supplice son rival Philippos. Tout-puissant, il donna le grand cohénat des Juifs au prêtre Iaqim, qui se fit nommer Alkimos, et autour duquel étaient groupés les hellénisants. C'était un neveu de l’illustre Iosé bèn-Ioéser.

Mais Eupator et Lysias allaient tomber sous les coups d’un ei.nemi tout à fait inattendu. Le fils de Séleukos, dépossédé par le père d’Eupator, partit

IEHOUDA MAKKABI. 163

de Rome, soutenu par le Sénat romain, fit tuer Eupator et Lysias, et s’empara du trône.

Alkimos et les hellénisants ayant circonvenu le jeune roi Démétrios, celui-ci envoya en Judée le nouveau grand-nrêtre avec Bakkhidès 1.

En cette circonstance les Hassidim eurent un instant de faiblesse. Pendant qu’'Iehouda se montrait implacaole contre Alkimos et Bakkhidès, le conseiller du roi syrien qui venait installer le nouveau cohènehagadol, les pieux furent plus tolérants. Ils tentèrent même de faire leur paix avec Alkimos, qui était de la famille d’Aaron. Sauvage, le grand-prêtre, après leur avoir fait toutes sortes de caresses, fit saisir soixante d’entre eux. Dans un même jour ils furent égorgés, et leurs cadavres jetés hors d’'[erouschalaïm. Dans le nombre, étaient peut-être Ioseph bèn-Ioézer et Ioseph bèn-Iohanam,

Bakkhidès, dans les environs de la ville, à Beth-Zakkaï ou Beth-Zekaria, égorgea aussi des hommes du peuple et précipita leurs corps dans une citerne (161).

Jugeant qu’il y avait assez de sang répandu pour bien asszoir Alkimos dans sa dignité, Bakkhidès retourna en Syrie. Il laissait cependant à l'indigne pon tife un corps de troupes pour le soutenir.

Malgré tant de massacres, les Hassidim ? semblent avoir continué de pactiser avec Alkimos et les Syriens, et de .paralyser l’héroïsme du Makkabi. Il était difficile cependant au cohène-hagadol de tenir contre

1, Ï Macc., vir.

2. Nous racontons les massacres, d’après Josèphe et les deux livres des Makkabées; mais il semble que les historiens juifs aient ici fort exagéré, et que dans tous les cas Alkimos, ambitieux sans doute, mais ni novateur, ni cruel, n’a point trempé dans ces flots de sang.

Ce peuple qui demande à lahvé de broyer sur la pierre les nourrissons de ses ennemis, poursuit avec la dernière fureur la mémoire de ceux qui l’ont trahi.

les bandes nationales et l’antipathie que le peuple lui portait. Il se rendit à Antiokhéia, près de Démétrios, pour réclamer du secours contre Iehouda qui le réduisait lui et les hellénisants à ne plus sortir d’Ierouschalaïm. Il apportait au roi de Syrie une couronne d’or, un rameau de palmier et des branches d’olivier 1.

Démétrios dut envoyer, vers Ierouschalaïm, Nikanor, le chef de ses éléphants, avec des troupes. Celuici, habile, proposa la paix et une entrevue au Makkabi. Son intention était de le faire enlever pendant l’entretien, Mais Ichouda, s’apercevant du piège, rompit rapidement la conversation et s’enfuit près des siens. À Kapharschalama, sur les confins de la Samarie, il tua cinq mille hommes à Nikanor, et contraignit le reste des Syriens à s’enfermer dans Akra.

Pressé dans Akra par Iehouda et entouré d’une population hostile, Nikanor abandonna la citadélle pour camper à Beth-Horon, tant la nation s'était dressée contre lui, car il avait répondu par des sarcasmes et des brutalités aux avances que lui avaient faites les Hassidim et les prêtres d’Ierouschalaïm.

Auxgrands, amis de la civilisation hellénique et dont Ménélaos et Alkimos ontété les représentants, s’était joint un groupe de sages, désireux d’avoir la paix. Le sacerdoce, fatigué des longues guerres, cherchaït à fléchir, en faveur des Juifs, le roi de Syrie.

Mais Iehoudä était toujours là, debout, implacable défenseur de la Thora d’Iahvé. Pour lui, pas de pacte possible avec les Grecs maudits!

Nikanor ne sut pas profiter des dispositions hostiles au Makkabi, qui se manifestaient dans le sein de la nation juive, Il jeta Je peuple tout entier du côté d’Iehouda.

Avec mille combattants, celui-ci s'était posté dans Adasa, à cinq kilomètres de Beth-Horon, où était

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