‹ Histoire d'IsraelChapitre 108 sur 311 · C’est bien, en effet, vers ce moment qu’il faut placer la · texte numérisé non relu

C’est bien, en effet, vers ce moment qu’il faut placer la

Après la mort du Makkabi, les méchants fleurirent en Israël, c’est-à-dire que l’hellénisme y prit des proportions inquiétantes. Bakkhidès frappa tous les amis d’Iehouda ; jamais, depuis la captivité, on n’avait vu pareille angoisse en Israël.

Les Juifs fidèles se rallièrent autour d’Ionathan. D'une bravoure moins inconsidérée qu’'Iehouda, le

composition du livre, mis sous le patronage d’un juif pieux de la captivité, Daniel, Dans le canon hébreu, cette apocalypse n’a pas été placée au rang des écrits prophétiques, mais parmi les hagiographes. Elle est également exclue du Targum sur les prophètes, attribué à Jonathan bèn-Uzziel.

On y remarque un certain nombre de mots grecs et persans, qui seraient un anachronisme au temps de Nabou-koudour-ousour. Les instruments de musique ont dans Daniel des noms grecs (III, $;: 10, 15).

. Le livre diffère essentiellement des écrits de la captivité, d’abord par son caractère mystérieux qui en fait la première apocalypse. — Jahvé, dans cette œuvre, ne communique plus

irectement avec l’homme, comme aux jours des prophètes. On y voit, veillant sur les nations, des anges semblables à ceux qui apparaissent dans le 1Ie livre des Makkabées. Par son angélologie compliquée, Daniel se rapproche du livre d'Énoch. Pas d'allusion au retour de Babylone. — Le rêve des éxilés était de s’installer, après le} retour de Babel, dans le pays d’où ils avaient été bannis, sous la protection des rois de l’est, pour lesquels ils offriraient des sacrifices. Ici, rien de pareil: l’auteur de Daniel conçoit une domination théocratique d'Israël sur les peuples domptés.

S’ilest impossible de rapporter le livre de Daniel à l’époque. de la captivité ou immédiatement après le retour, tous les traits historiques de cette apocalypse, d’un autre côté, indiquent pour sa composition le temps d’Antiokhos Epiphanès.

Les persécutions religieuses de Nabou-koudour-ousour figurent celles du roi syrien. L'image d’or, c’est l’idole proposée aux adorations des Juifs et de tous les peuples. La folie du monarque babylonien, c’est la démence de celui qui mé-

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nouveau chef gagna le désert de Théqoa au sud d’Ierouschalaïm et campa près d’une citerne nommée Asphar.

Cependant il fut amené à passer l'Iardèn. Une tribu du pays d’Édom, les bené-Amri, s’était emparée de Ja foule des femmes et des enfants que, sous la direction d’Iamnès son frère, Ionathan, avait en-

rita le sobriquet d'Épimanès. Les vases sacrés portés à Babel marquent le pillage du trésor saint par le tyran de Syrie. Et même l’humilité repentante de Nabou-koudour-ousour, en échange de sa raison recouvrée, n’est pas sans analogie avec les remords prêtés à Antiokhos qui offrit, mais trop tard, de restaurer Le mobilier sacré (II Macc., 1x). Mille traits du récit en marquent la date avec certitude. Les quatre parties de l’image dans le songe de Nabou-koudour-ousour, et ailleurs les quatre bêtes, marquent, sans doute, les monarchies: kaldéenne, mède, persane et grecque. La dernière, l'empire d’Alexander, est décrite tout au long (VII). A la fin du chapitre, il y a une peinture manifeste d’Antiokhos Épiphanès et de sa persécution.

L'auteur de Daniel ne va point au delà d’Antiokhos Épiphanès et d’Iehouda-Makkabi. Aucune allusion aux événements postérieurs.

Le merveilleux abonde dans cette apocalvpse, où les phrases ne doivent jamais être entendues littéralement : Les trois enfants dans la fournaise, Nabou-koudour-ousour changé en bête, la mystérieuse écriture tracée sur la muraille, la destruction instantanée de tous les accusateurs de Daniel, les anges innombrables, les édits impossibles, comme celui de Nabou-koudour-ousour ordonnant à tous les peuples d’adorer lahvé, voilà quelques-uns des faits qui.ne permettent pas de voir, dans Daniel, un récit contemporain de la captivité.

Les soixante-dix semaines (années) partent de la prophétie de Jérémie (XXIX, 10); celui qui a reçu l’huile d’onction, le christ ou messie, Onia III, 4 été égorgé. A la fin l’abomination, c’est-à-dire la statue de Jupiter est dans le temple, et, sur l’autel des holocaustes, on immole des porcs. Pendant

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voyés chez ses amis les Nabathéens. Un jour que les

benê- Amri célébraient les noces de l’un des leurs

avec la fille d’un. grand de Kenaan, lonathan s’embus-

qua sur le passage du cortège nuptial. Il vit, en effet,

le fiancé avec ses parents et ses amis, s’avancer au

son des tambourins et des kinnors. S’élançant tout à

une demi-semaine ou trois années, il n’y eut point, dans le temple, de sacrifice offert à Jahvé.

Voir, sur Daniel, Philip S. Desprez, Daniel and John. Il faut avouer que, pendant près de deux mille ans, l’authenticité de Daniel n’a rencontré aucune opposition, si ce n’est celle de Porphyre dans: Discours sur les chréliens. Semler et Eichhorn ont repris la thèse de Porphyre qui a été généralement adoptée, depuis eux, par la critique allemande.

A la même époque, un certain nombre attribuent le Livre d’Esther, comme Meyboôm, Raadselachtige verhalen uit het O.en het N. V.,I c., p. 109, et Graetz, Geschichte, t. II, 2e partie, p. 333, 339-343. Le premier fait d’Esther une œuvre mythologique, composée par un zaddougite et exprimant la lutte du soleil (Esther), de la lune (Mardkaï), et du vent (Haman). Avec infiniment plus de raison Graetz y voit une œuvre destinée à ranimer le courage des Juifs vers le temps d’Antiokhos Epiphanès. Pendant que le livre mystique de Daniel, montrant partout le doigt de Dieu, dans tous les événements humains, sortait de la main d’un Hassidite, un patriote moins zélé, se rapprochant des zaddouqites, écrivait le livre d’Esther, dans lequel le salut arrive à la nation juive par une suite d'événements tout naturels, dont le principal est l’empire que les charmes d’Esther exercent sur le roi persan.

Ii est impossible d'admettre l'hypothèse de M. Kuenen, qui voit dans Æsther un pur roman, écrit à moitié comme simple passe-temps, à moitié pour expliquer l’origine de la fête de Pourim, fort semblable à la fête persane de Furdigan. C'est pour lui une œuvre contemporaine de PEcclésiaste ou Qohéleth (3° siècle avant J.-C.). Kuenen, The religion of Israel, t. 111, p. 148-153.

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coup de leur retraite, le Juif et les siens massacrèrent la noce joyeuse, et au chant des harpes firent succéder le râle des mourants. Après quoi ils se cachèrent dans les jungles qui s'étendent à l'embouchure de l’Iardèn.

: Surpris là par Bakkhidès, un jour de Schabbath, mais sur la rive droite, ils lui tuèrent mille hommes, et, probablement par un gué, lui échappèrent et s en= fuirent sur l’autre rivef.

Irrité et craignant sans doute, après cet échec, un soulèvement général des Juifs, Bakkhidès planta dans toute la Judée des places fortes. Il ceignit de murailles et de lourdes portes ferrées Ieriho, Emmaoüs, Beth- Horon, Beth-el, Thimna, Piraton, Tappouah, Beth- Zour, Gadara, dans le voisinage d’Aschdod.

Parmi les Juifs, partisans des Grecs, Ionathan de son côté, dans Akra, fit enfermer comme otages des enfants choisis parmi les familles juives les plus considérables, répandant l’épouvante; il en massacra une cinquantaine qui avaient comploté contre lui avec Bakkhidès. Dans le Nedjeb, il se retira avec Schimeôün et les siens. Ils s’enfermèrent dans un lieu fortifié, Beth- Basi. Trahis sans doute par quelques scheiks des environs, ils y furent atteints par Bakkhidès. Ionathan sortit du petit bourg où il laissait son frère Odoura, écrasa l’un après l’autre les petits scheiks, comme les frères de celui-ci et les benê-Pasiron, et revenant tout a coup sur Bakkhidès, le mit en pleine déroute (158).

Fatigué d’une lutte aussi longue qu’inutile, le lieutenant syrien quitta la Judée après avoir conclu une trève avec les Haschmonides.

Jonathan, chef de la nation, s'établit à Mikmasch et fit aux hellénistes une guerre sanglante.

Son ancien ennemi, Démétrios [*, roi de Syrie, aux abois par l’arrivée d’ Alexander Bala dans le port de Ptolémaiïs, lui fit demander des secours. Le douteux fils d’Antiokhos IV s'était fait donner par le sénat ro-

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