Antig. jud., XIII, XI
ALEXANDER IANNÉAS, 199
appel à Ptolémaios Lathouros, chassé d'Egypte par sa mère Kléopatra, et réfugié dans lîle de Chypre. Mais un certain Démainétos leur fit entendre qu’ils allaient se donner un maître dans Ptolémaios et en même temps une ennemie dans Kléopatra: ils Jaissèrent Ptolémaios débarquer aux pieds du Karmel avec environ trente mille hommes, mais lui tinrent fermées les portes de leur ville. ;
Cependant Zoïlos conclut avec l’Egyptien un traité. Mais Iannéas le juif, poussant la ruse jusqu’à la scélératesse, promit 400 talents à Lathouros s’il lui livrait le tyran de Dora. Le marché allait se conclure quand Lathouros apprit qu’en même temps Iannéas traitait avec Kléopatra, sa propre mère. Furieux d’avoir été trompé, il commença par mettre lui-même le siège devant Ptolémaïs; puis, une fois les opérations entamées, il laissa à ses lieutenants le soin de les poursuivre, se précipitant, avec la plus grande partie de ses bandes, sur la Judée.
Il y avait comme de l’acier dans le pâle Iannéas. Avec une armée levée à la hâte, il se tint debout devant l'invasion, prêt à lui faire face.
Lathouros, ayant fait irruption dans la ville d’Asokhis un jour de schabbath, y prit deux mille têtes de troupeaux et un riche butin. I] tenta ensuite la conquête de Sepphoris, mais fut obligé de se replier sur Ptolémaiïs.
Iannéas, le croyant sans doute fort affaibli après cet échec, eut l’audace d’aller lui. offrir une grande bataille à Asophon, non loin du Val de l’Iardèn, L’armée juive, plus reposée, semblait en effet destinée à vaincre. Mais Jannéas ne sut pas prendre ses précautions. I1 laissa l'ennemi franchir tranquillement l’Iardèn, comptant le jeter sans difficulté dans le fleuve. Imprudents, les Juifs furent culbutés par le choc désespéré des bandes de Ptolémaios. Trente mille Iehoudites jonchèrent de leurs cadavres la rive brûlante de l’Iardèn. Le reste avait été fait prisonnier ou mis en fuite (104).
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Il fut terrible, ce terrible Ptolémaios Lathouros. Le soir, dans les bourgs juifs, il faisait couper par ses soldats les femmes et les enfants en morceaux. On jetait ces membres mutilés dans des chaudières bouillantes, afin de terroriser les Juifs en leur persuadant que leurs ennemis se nourrissaient de chair humaine. Dans ce dernier trait, Josèphe a peut-être exagéré le récit de Nicolas, son guide.
Le grand éspoir des Juifs et d’Iannéas fut en Kléotes Inquiète des succès de son fils, la reine d'Égypte s’apprêta en effet à y mettre un terme. Elle envoya sa flotte et ses archers en Palestine sous la conduite des juifs Hilqia et Hanania. Ceux-ci s’emparèrent de la Phénicie, mais non de Ptolémaïs, qui refusa de les recevoir.
Lathouros crut qu’il lui serait bon de faire une diversion sur l'Egypte, sans doute sans défense; mais Kléopatra se tenait sur ses gardes; il dut regagner Gaza, Ptolémaïs s’étant rendue.
Heureux de cet événement, Iannéas envoya de riches présents à la reine Kiéopatra. À Scythopolis, en Célésyrie, elle contracta une alliance avec Alexander Iannéas. Ses amis lui avaient conseillé de s'emparer du Juif pour occuper énsuite tout le Pays, mais Hanania, son général, de race juive, l’en avait détournéet,
Délivré de Ptolémaios, Iannéas reprit ses projets de conquête, s’empara de Gadara (Oum-Keïs actuelle), d’Amathos, au delà de l’Iardèn, où Théodoros, fils de Zénon Kotylos, avait enfermé ce qu’il avait de plus riche et de plus beau. Mais, tombant à l’improviste sur les Juifs, Théodoros prit sa revanche, en tua dix mille et pilla tous les bagages d’Alexander Iannéas.
Sans se laisser décourager, ce juif tenace se jeta, des bords de l’Iardèn, sur la côte, où il enleva Raphia et Anthédon au sud de la Palestine. Gaza, étant sans défense, et du côté de Lathouros, qui avait regagné Chypre, et du côté de Kléopatra, qui était retournée