Meguillath Taanith, 1v
ardente entre les deux sectes rivales. Etait-ce aux frais du trésor, ou par les offrandes des particuliers, que devait se faire le sacrifice quotidien? Guidés par l’intérêt personnel, les Zaddouqgites résolvaient la question dans le premier sens; les Parouschites furent d’un avis contraire. Arrivés au pouvoir, ceux-ci imposèrent à chaque Israélite, pour le sacrifice de chaque jour, la capitation d’un demi-sicle. Grâce à cet impôt Saccimula dans le temple une somme énorme, qui devint une force aux mains du parti vainqueur.
La casuistique des deux sectes se livrait des batailles acharnées, qui se prolongèrent fort longtemps.
Les Parouschites n'étaient pas fort exigeants pour le cohène-hagadol préparant les cendres de la vache rousse; mais leurs adversaires déployaient, sur cet article, une extrême rigidité, et demandaient une pureté absolue.
En revanche, pour la pureté des vases sacrés, ils se contentaient de peu, laissant les Parouschites se livrer à des lustrations infinies.
Qui touchait la Bible était impur, aux yeux des Parouschites, tandis que les Zaddouqgites se moquaient de cette imagination.
Lorsque d’un vase pur on versait dans un vase impur une liqueur, quelle était en tombant la qualité de celle-ci ? Pour les Parouschites, la liqueur était pure; elle était impure, pour les Zaddouqites.
Sur un autre point plus pratique, les deux sectes différaient encore : d’après les Zaddouqites, l’offrande de farine, jointe au sacrifice sanglant, appartenait au cohène; elle devait, selon les Parouschites, être brülée sur l’autel. Meguillath Taanith signale une fête instituée pour marquer, sur cet article, la victoire des Parouschites.
Dans la loi du lévirat, et dans les observances du
1, M. Para, ir, 7. — Geiger, Urschrifft, p. 134.
PAROUSCHITES ET ZADDOUQITES. 231
Schabbath, les deux partis avaient encore porté leurs divisions passionnées. 1
Partis militants plutôt que dogmatiques, les Parouschites et les Zaddougites se font bien plus connaître par le récit de leurs luttes que par les différentes croyances qu'ils professaient.
Les premiers admettaient un être suprême ; malgré cette foi, ils avaient une résignation absolue aux événements, qu’ils considéraient comme un effet du destin. Qui sait cependant si tous les Parouschites ont ainsi cru à la fatalité? Un des plus illustres d’entre eux, R. Aqiba, passa pour avoir prêché la Providence d’Elohim et le libre arbitre de l’homme?. Dans tous les cas, pour les Parouschites, l’âme était immortelle et, après cette vie, rencontrait des châtiments ou des récom= penses.
Ils professaient le détachement des biens temporels, et un certain éloignement du luxe.
Les Zaddouqites, au contraire, aimaient les vases d’or ou d’argent3. Ils ne croyaient guère à une autre vie, surtout à la résurrection des corps. Esprits subtils, peut-être ne poussaient-ils pas jusqu’à la négation brutale, mais déclaraient-ils seulement que la résurrection ne pouvait être prouvée par aucun texte de la Thora#, Souvent on a confondu les Zaddougites avec les Samaritains, qui en étaient venus à affirmer la fin complète de l’homme après ici-bas 5,
Mais, s’il n’est guère possible de tracer la ligne précise qui sépare les croyances des deux sectes, leur opposition dans la vie pratique est bien marquée, et ne s’effacera point par l’avènement de la dynastie Edomite.
1. Geiger, Hahalouz, vi, 15 et suiv. — Jüd. Zeitschrift, 11, 24-27. — Jos. Derenbourg, Essaï..., p. 134-144.