On voit ici l’origine de la messe chrétienne
ILLEL ET SCHAMMAÏ. 235
. Poussé par les Boéthusiens, Hérodès supprima les Eroubs.
Comme la vie était mauvaise pour eux, les patriotes se livrèrent à la spéculation.
Après Schemaïa et Abtalion parurent deux grands docteurs que la tradition a couronnés d’une auréole toute légendaire, Illel et Schammaï.
Sous Hérodès, ils purent enseigner, mettant sans doute en pratique le sage conseil que donnait Abtalion aux maîtres de la doctrine : « O sages, soyez prudents dans vos paroles, sinon vous pourriez être proscrits, et exilés dans un lieu où les eaux sont mauvaises, Les disciples qui viendraient après vous en pourraient boire et mourir; et le nom de Schammaï (les cieux pour Iahvé) serait profané.i »
D'un tempérament fort doux, Illel ne devait éprouver nulle peine à se conformer aux paroles d’Abtalion. Beniaminite par son père, Iehoudite par sa mère, Illel occupe une si grande place parmi les docteurs, que la tradition juive a voulu le rattacher à la race de David! Son enfance et sa jeunesse s’écoulèrent en Babylonie, dans la pauvreté la plus absolue, son frère Scheboua fournissait, grâce au négoce?, à son entretien et à celui de toute la famille.
Aux exilés volontaires des bords de l’Euphrate parvenaient les nouvelles d’Ierouschalaïm et la renommée des sages qui illustraient la patrie. À l’époque d’Illel, les noms de Schemaïa et d’Abtalion étaient aussi connus dans la Babylonie qu’en Judée. Avide de science, Illel partit un jour pour aller se mettre sous la discipline des deux maîtres célèbres.
Ce fut vers l’an 36 avant Jésus-Christ, au commencement du règne d’'Hérodès, qu’il entra dans Ierouschalaïm, Seul, sans ressources, il fut obligé de se livrer au travail des mains pour subvenir à sa vie et à l’im-