Thalmud, Jérus., Taanith, 1v
pôt dont Hérodës avait frappé les disciples qui fréquentaient les écoles juives 1,
Un de ces jours d’hiver que la neige tombe comme une laine sur Ierouschalaïm et ses campagnes, on raconte qu’Illel, incapable de payer la rétribution exigée à la porte de l’école par l’agent d'Hérodès, monta sur la terrasse qui formait le toit de la maison où enseignaient les docteurs. De là, il les put entendre; mais, vaincu par le froid, il s’endormit sous un épais suaire de neige, d’où il ne fut tiré que le lendemain, tout raide, par Schemaïa et Abtalion, Bien que ce fût jour de Schabbath, les deux docteurs essayèrent de le ranimer. « Son vif dévouement à la science valait bien, disaient-ils, qu’on violât la loi du Schabbath?. » Grâce à leurs soins, Illel reprit la vie, dont il devait faire un si noble usage.
Volontiers on se représente le docteur tel que la tradition l’a dépeint. Avec son vêtement jamais neuf et toujours taché par le travail manuel, silencieux, ne laissant échapper de sa bouche, quand on l’interroge, qu’un léger filet de voix, roulant sans cesse dans son esprit ses sujets favoris d'étude, Illel est bien le vrai type du juif livré à la spéculation et coupant un cheveu en mille, dans ses explications de la Thora. Parlant peu, il le faisait toujours en termes aussi élégants que précis, évilait avec soin les énigmes et les discussions obscures: « Ne dis pas de choses difficiles à entendre », ajoutant3 : «On m’entendra plus tard, et, sion ne m’entend pas, je m’expliquerai », — « Peut-être n’auras-tu pas le temps de t’expliquer ? » tel était un des dictons fa voris d’Illel#. Le trait dominant de sa nature, c'était une inaltérable douceur, qui ne se démentit pas un seul