‹ Histoire d'IsraelChapitre 149 sur 311 · Thalmud, Yoma, 35, b · texte numérisé non relu

Thalmud, Yoma, 35, b

A NADOI LD ASE

ILLEL ET SCHAMMAIÏ. 237

instant, un profond amour de l’humanité, prenant sa source dans l’humble sentiment qu’Illel avait de lui-même et dans le jugement avantageux qu’il portait sur les autres. L'avenir n’a pas présenté un plus parfait idéal de douceur et de modestie. Illel est presque le frère de Jésus, comme il en est presque le contemporain. À lui appartient la belle parole : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit à vous-mêmel » ; et cette autre: « Aime la paix et la recherche ; chéris les hommes », Quelqu’un d’Ierouschalaïm ayant fait le pari avec un autre de jeter Illel -dans un accès de colère, n’en put venir à bout, malgré toutes les questions enfantines et peu respectueuses dont il accabla le docteur, déjà en possession d’une immense autorité. Sans s’émouvoir, Illel répondit à toutes ses demandes. Aussi lui prête-t-on cette maxime : « Le maître irascible enseigne mal? ».

Des païens désirant prendre le titre de prosélytes y mettaient souvent les plus ridicules conditions. L’un voulait apprendre le judaïsme dans l’espace de temps qu’un homme peut se tenir sur un pied. Un autre ne demandait pas mieux que de savoir la loi écrite, mais sans avoir à se préoccuper de la tradition orale. Un troisième consentait à entrer dans le judaïsme, mais à la condition qu’il serait cohène-hagadol. Par de douces réponses, Illel inclinait les prosélytes à se départir de leurs prétentions.

Les seuls hommes à qui Illel ait lancé des paroles amères sont les marchands, parce que leurs affaires les détournent du soin principal de l’homme, c’est-àdiré de l'étude de la Thora : « Le marchand, disait-il, celui qui dès sa jeunesse se livre aux affaires, acquiert rarement la sagesse et l'intelligence, à »

Page 1