‹ Histoire d'IsraelChapitre 164 sur 311 · dntiq. jud., XII, x · texte numérisé non relu

dntiq. jud., XII, x

Flaccus, le gouverneur, lui livra les Juifs, qui furent exposés à tous les sévices. Sur l’ordre de l’empereur, on essaya de mettre sa statue dans le temple de Honion. Mais les Iehoudites ayant refusé de la recevoir, on les priva de leurs droits de citoyensi,

Livrés à la foule, les Juifs étaient traînés dans .les rues, foulés aux pieds. On vit même trente-huit membres du synhédrion, personnages respectables, liés, promenés par la ville, dépouillés de leurs habits, et, tout nus, frappés de verges sur la place publique. On s’emparait de femmes juives que l’on contraignait à manger de la viande de porc.

Les maisons des Juifs étaient pillées, détruites souvent par les flammes, ainsi que bon nombre de leurs Proseuhkèns ou lieux de prière, Dans les oratoirés qui restaient debout, on plaçait de force les statues du divin Caïus. On mettait à sac, dans le port, les vaisseaux qui apportaient aux Juifs les objets de leur commerce.

Oisive, sceptique et moqueuse, la population d’Alexandrie assaisonnait ses violences de sanglantes railleries. C'était le rire aux lèvres, et comme en se jouant, qu’elle martyrisait Israël. Elle se donna, un jour entre autres, un spectacle fort réjouissant. Se rendant de Rome dans son pays (38), lé petit-fils d'Hérodès, Agrippa, passa par Alexandrie. Pendant qu’il séjournait dans la ville, on prit un fou Karaba, connu de partout, et qui errait depuis des années de rue en rue, sordide et à peine vêtu. Accoutré en roi, un diadème de papyrus sur la tête, un roseau demi-brisé dans les mains, des enfants portant devant lui des bâtons en guise de lances, Karaba reçut tous les hommages ironiques des Alexandrins. On le saluait, et, pour mieux marquer que Karaba représentait le roi Agrippa, on lui criait à tue-tête le mot syrien Marin (6 notre maître !).

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