‹ Histoire d'IsraelChapitre 167 sur 311 · Eusèbe, Préparation évangélique, 1. vit, c. 1-v · texte numérisé non relu

Eusèbe, Préparation évangélique, 1. vit, c. 1-v

Le pseudo-Aristéas appelle les gentils à reconnaître la supériorité de la religion d’Israël et de cette Thora - dont le caractère divinjusque dans la traduction grecque est si bien marqué.

Sous les noms empruntés d’Aristéos, de Démétrios, d’'Eupolémos, d’Artapanos et de Kléodémos, d’autres Juifs s’essayent à faire connaître aux Grecs l’histoire d'Israël qu’ils mêlent de fables.

Ezékiélos met en drame la vie de Mosché et le récit de la sortie d'Egypte; la, Dieu lui-même joue un rôle et s'exprime en vers grecs Î,

Ce fut, semble-t-il, peu avant Caligula, que parurent ces Judéo-alexandrins.

Au règne de ce César se doit rapporter le Livre de la Sapience, que son auteur mit sous le nom de Schelomo, et où le paganisme est infiniment plus maltraité que dans la lettre du faux Aristéas. En pleine persécution, le pseudo-Schelomo est ému. Les croyances grecques sont, à ses yeux, la source de tous les vices, et il ne se peut contenir de le déclarer tout haut.

Voici quelle est, à son avis, l’origine du polythéisme, qui toutefois, au commencement, n'existait point, et ne doit pas durer jusqu’a la fin : contemplant les phénomènes terrestres, les hommes, un beau jour, s’y sont arrêtés, au lieu de s’élever jusqu'au créateur. D’autres, plus misérables encore, se sont mis à adorer les images de leurs mains, les statïes en or, en argent, les figures d'animaux 2. Les représentations, voilà certainement la principale source du polythéisme avec ses mystères impurs, ses adultères, ses assassinats.

1. Eusèbe, Jbid., 1. 1x, c. xxvir et xxix, reproduit une partie des vers grecs d’Ezékiélos, On retrouve du reste dans sa Préparation évangélique presque tous les fragments des historiens et des poètes alexandrins. Les fragments historiques ont été groupés dans Muller, Fragmenta historicorum græcorum, II, 207-230,

Page 1