Sapience, XIII et x1v
Ce qui enflamme l’auteur à tel point contre les images, c’est qu’il écrit au temps où Caligula voulait poser les siennes dans le temple d’Iahvé.
Dans un autre endroit, le pseudo- -Schelomo raille agréablement le César, de ce qu’il prétend à la divimité :
« Moi aussi, dit-il, jai été roi; en naissant, j'ai respiré l’air commun: j'ai été élevé dans les langes, et avec inquiétude. Car aucun roi ne commence autrement son existence; tous entrent dans la vie et en sortent de [a même manière, Il n’y a point d’autre Dieu que le Dieu unique des Juifs, qui a tout fait avec nombre, poids et mesure 2. De lui, découle la vraie sagesse, qui pénètre tout, qui est un souffle de la puissance de Dieu, une émanation véritable de la gloire du Tout-Puissant. Elle s'étend d’un bout du monde à autre, disposant tout utilement, »
Mais si la Sapience raille Caligula et attaque violemment le polythéisme, elle fait néanmoins son profit des doctrines émises par les philosophes grecs, et spécialement par Platon. On y lit : « La main toute-puissante de Dieu a fait le monde d’une matière informe 8. » La préexistence de l’âme, ainsi que l’opposition entre l'âme et le corps, fondement de la gnose, sont marquées dans /a Sapience : « Étant bon, il vint dans un corps non souillé#.... La chair corruptible opprime l'âme, etlatente terrestre est un poidspour l'esprit méditatif$ », Comme la philosophie grecque, la Sapience compte quatre vertus cardinales : la tempérance, la prudence, la justice et la force.
Quelle que soit l'harmonie entre les livres de l’Ancien Testament et la Sapience, celle-ci cependant