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4, Sap., VIII, 19-40.
Sr Jap, IX, 15.
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266 HISTOIRE DU PEUPLE D’IsRAËEL.
porte bien une marque particulière, et, par ses idées et par la langue nouvelle qu’elle emploie, nous découvre l'influence qu'ont subie les Juifs dans la savante Alexandrie.
Contre la persécution de Caligula a été écrit le troisième livre des Makkabées. Si l’auteur ne prend point de nom supposé, il essaye, du moins, de simuler l’époque de Ptolémaios Physkon pour dépeindre à son aise celle de Caligula et sa persécution.
Au même temns a été écrite l’épître du pseudo-Irmia (Jérémie). Le nabi de l’époque de Nabou-koudour-ousour est censé dépeindre à ses concitoyens les dieux en or, en argent, en pierre, des Kaldéens. En réalité, c’est un juif-alexandrin contemporain de Caligula qui, avec ce détour habile, accable de ses railleries les représentations égyptiennes de la divinité, ces dieux impuissants à se protéger eux-mêmes, sur le dos desquels pourrit la pourpre, que les voleurs dérobent, dont la nature ne diffère pas de celle de la pierre d’où ils sont tirés.
Si ce que les gertils ont de mauvais, si leurs dieux mbéciles que l’on outrage surtout aux.jours de persécution, leur appartiennent bien, en revanche ce que les philosophes des nations renferment de meilleur ne découle pas de leur propre fonds, mais leur vient des Juifs.
C’est même la dernière pensée qui domine dans a littérature judéo-alexandrine., Mais comment parvinton à la faire prévaloir ? :
Comment tirer de la Bible les systèmes de la philosophie grecque? Pour obtenir ce résultat, les judéoalexandrins ont eu recours à l’allégorisme, auquel le nom de Philon est surtout attaché.
Avant d'étudier le plus illustre représentant de la littérature juive d'Égypte, il est utile d'exposer le principe qui a dominé complètement sa pensée et inspiré ses nombreux livres.
Dans beaucoup de passages bibliques, dit Philon, Dieu est représenté comme unhommeavec des :nembres
et un mouvement local. N’est-il pas évident que cela ne peut être entendu littéralement? Pour mieux être comprise, l’Écriture s’est accommodée à la faiblesse de l’intellect humain; mais, devant l’impossibilité du sens littéral, il faut chercher dans ces passages un sens plus élevé et à la. fois plus profond, qui est lallégoriquet,
Heureux si Philon et les autres Alexandrins avaient appliqué l’allégorisme seulement dans ies endroits où le sens littéral n’est pas possible! Mais, avec des subtilités inouïes, ils trouvèrent des sens ailégoriques, ou tropologiques, aux mots les plus simples, aux préceptes les plus clairs, et même aux faits historiques. Si forte et si universelle fut la coutuine d’allégoriser chez les juifs-alexandrins, qu’elle s’était emparée même du peuple, de telle sorte que les docteurs, au Schabbath, en expliquant la loi, étaient contraints de céder au goût du jour.
Si l’on veut un exemple, entre mille autres, du point où le système fut poussé, qu’on lise le livre Des songes de Philon, qui ne diffère pas du reste, par l’esprit, de ses autres opuscules. Le grand alexandrin rapporte le récit biblique : Jacob partant de Beer-Schéba ou puits du serment, pour se rendre à Harran ; dans la route, au coucher du soleil, il met, pour dormir, des pierres sous sa tête.
La-dessus, Philon se pose à lui-même plusieurs questions, parmi lesquelles celles-ci : Quel est ce puits du serment? Qu'est-ce que Harran?
Le puits, c’est la science, parce que de sa nature celle-ci est située aux lieux profonds, et non à la surface ; elle ne réside pas dans un endroit manifeste, mais caché. Ce n’est pas aisément qu’on la trouve, mais après un long travail, nécessaire même aux moindres spéculations. La science est un puits sans fond et sans fin que l’on n’épuise jamais.