‹ Histoire d'IsraelChapitre 171 sur 311 · De congressu querendæ erudilionis gratie, S · texte numérisé non relu

De congressu querendæ erudilionis gratie, S

Dans le dernier livre, le noble Philon, rompant avec ce que le judaïsme pouvaitavoir de mesquin, déclare que le législateur Mosché n’a pas seulement recommandé d'aimer ceux de la même race, mais les étrangers qui, ayant quitté leur parenté et leur patrie, les institutions et les rites des ancêtres, sont allés de la fable à la vérité et au culte du seul vrai Dieu,

Dans ces traités, et surtout dans celui Sur le Septenaire et les féles, se découvre un commencement de Kabbale. Philon ne se contente pas de spiritualiser les noms de lieux et de personnes, déclarant que Kaldée signifie « fausse connaissance, » Adam, « pure raison humaine, » Eve, « perception sensuelle ; : » il attache aussi un sens spirituel aux nombres, à ceux par exemple qui expriment les dimensions du Tabernacle. N'est-ce pas l’origine de la Kabbale que nous surprenons là, dans Philont?

En vain le grand alexandrin proteste-t-il, en cent manières, de son respect absolu pour la Thora, déclare t-il que, parmi toutes les races humaines, Dieu a choisi Israël pour son prêtre, son prophète, et pour garder de lui la véritable notion; en vain, pour les dispersés des tribus, pour le peuple opprimé dans le monde à cause de sa vertu, attend-il un avenir idéal, Philon, malgré tout, reste Grec plutôt que Juif.

son système, sa façon de concevoir Dieu et le monde, est purement philosophique :

Dieu infini et incréé n’est comparable à rien de créé; il est élevé au-dessus du temps, de l’espace, des affections humaines ; il se suffit à lui-même; il est plus sage que la sagesse, plus savant que la science, plus beau que la beauté, plus simple que l’unité, plus heureux que le bonheur. On ne peut rien affirmer de particulier, ni rien nier de Dieu. Ce que l’on peut seulement dire, c’est ceci : Dieu est exempt de particulier (Apoios).

Désigrrer l’essence divine par un nom quelconque,

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