Das Judenthum in Palestina zur Zeit Christi
Is aël sera élevé par-dessus les aigles et logera dans les étoiles.
Entre sa mort et cette heureuse époque, Mosché assure qu’il s’écoulera deux cent cinquante temps (semaines d’années).
Ioschoua exprimant à Mosché le sentiment qu’il a de sa faiblesse et de son insuffisance à la grande tâche de conduire le peuple élu, le prophète lui répond que, dès le commencement, il a été choisi de Dieu pour cette œuvre, non à cause de sa force, mais par pure bienveillance. Si le peuple garde les divins commandements, il prospérera; sinon, les païens seront chargés de le châtier.
Tel est l’objet de l’Assomption de Moïse. L'auteur semble se prononcer contre la résistance armée au despotisme romain. On doit attendre que le fort paraisse pour tout rétablir dans l’ordre. Jusqu’à ce jour-là, le culte lévitique avec ses sacrifices et ses offrandes, il vaut mieux le suspendre.
Quelle est la date de l’Assomption?
M. Volkmar place la composition de cette apocalypse sous Hadrien, en 137 ou 138, et, dans Taxo, reconnaît Rabbi Aqiba, qui prêcha la croisade de bar-Kozibal, Dans Agiba, grâce à la ghématrie ou science des chiffres, M. Volkmar retrouve Taxo. Mais M. Volkmar est presque seul de son avis sur la date de ce livre, On ne conçoit guère qu'après la mort de bar-Koziba, un écrivain palestinien ait appuyé sur la répression de
1. Quelques livres deutéro-canoniques, comme l’épître de Jude, demandent, pour les protestants, que soit reculée la date de certaines apocalypses, La pensée de livres messianiques apocryphes précédant la venue de Jésus-Christ etla préparant, a dû fort effrayer aussi M. Volkmar. — Je ne discute pas lopinion de M. Philippi, Das Buch Henoch, p. 105-106, d’après laquelle l’Assomption serait d’origine chrétienne et composée dans le premier tiers du 11° siècle,
Il 36
Varus, qui aurait disparu dans la perspective sombre et sanglante de près d’un siècle et demi.
Presque tous les critiques font de /’Assomption une œuvre antérieure à la ruine de Jérusalem et du temple, l’an 70. Pour MM. Merx et Schmidt, c’est un livre postérieur à Claudius, écrit entre $4 et 64, par un Essénien 2. M, Hilgenfeld l’attribue à l'époque même de Claudius, vers l’an 44.
Ce qui est le plus acceptable, c’est la pensée d'Ewald. L'Assomption a été composée aussitôt après la révolte d’Iehouda le Gauloniteë. Ce fut pour apaiser cette sédition que Quintilius Varus, l’an 4 avant notre ère, marcha sur Jérusalem, détruisit une partie du temple et mit des Juifs en croix. Le ton de l'écrivain, si ardent contre le parti dominant, sans doute les Parouschites, on le comprend aisément de la part d’un partisan du zélote Iehouda le Gaulonite, Les quatre heures dont il est fait mention dans le texte désignent, pour Ewald, la lignée des rois hébreux,'avec les Persans, les Grecs et les Romains. Taxo représente peutêtre quelque sage du temps, ou bien quelque messie attendu. Une faute de copiste est peut-être aussi la cause de la difficulté insoluble que présente ce passage de l’Assomption de Moïse 4.
1. M. Loeb (le Taxo de l’assomption de Moïse) s’est rangé de l’avis de Volkmar. Il en diffère cependant en ce qu’il ne reconnaît pas Aqiba, le farouche rabbin, dans le paisible Taxo, mais plutôt le doux rabbi Ioschoua bèn-Hanania. Malgré toute la science de la ghématrie et toute la subtilité d'esprit qu'il déploie, M. Loeb ne m'a pas plus convaincu que n’avait ait M. Volkmar.
2. Dans Îa description des temps meilleurs qui attendent Israël, les deux critiques reconnaissent même un psaume essénien. Cependant le parallélisme, il le faut avouer, s’il existe, est à peine sensible dans ce morceau.