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Josèphe, Ant. jud,, XIV, xvr

HÉRODÉS LE GRAND. 316

gèrent rien pour la défense de la ville et du temple d’Iahvé,

En vain, Schemaïa et Abtalion, les deux synhédristes, secrètement hostiles à Antigonos, prêchaientils la soumission, sous prétexte qu'Hérodès, partout vainqueur, était bien Vélu d’Adonaï. Ni les parouschites ni le peuple ne penchaient pour la paix, mais, sous la conduite des Benê-Baba, se montraient disposés à tout plutôt que de se rendre.

La famine et la maladie les décimaient sans qu’ils songeassent à ouvrir leurs portes à létranger. Il fallut quarante jours à la puissante armée romaine pour franchir la première enceinte de murs, et quinze pour arracher la seconde à un peuple exténué, mais à qui le patriotisme religieux donnait la plus extraordinaire énergie.

L’'Hiéron extérieur et la ville basse enlevés, les Juifs se retirèrent dans l’Hiéron intérieur et dans la ville haute, demandant toutefois qu’on leur laissât venir des victimes pour le sacrifice quotidien. Dans Véspoir de les apaiser, Hérodès se rendit à ce désir, mais sans amollir leur résistance.

Malgré son indomptable courage, le lion d’Ichouda dut succomber.

Un jour de Schabbath, croula un pan de muraille qui livra passage aux Romains. Le flot furieux, longtemps comprimé, se précipita contre la ville haute et le temple, écrasant tout sans distinction d’âge ou de sexe. Le sang des prêtres coula, se mêlant à celui des victimes qu’ils immolaient (Sivan, juin 37).

Effrayé de la haine que tant de massacres allaient accumuler contre lui, craignant aussi la totale destruction de sa capitale, Hérodès, par des présents, essaya de contenir la rage des soldats romains.

Antigonos descendit de la tour de Baris et se jeta aux pieds de Sossius; mais le brutal soldat ne trouva, pour accueillir tant d’infortunes, que la plus odieuse des moqueries, féminisant le nom du roi et l’appelant Antigona.

Après avoir consacré une couronne d’or à Iahvé, Sossius, avec le haschmonide chargé de chaînes, quitta Jerouschalaïm. Hérodès n'eut pas de repos qu Pil n° eût obtenu d’Antonius que son rival Antigonos fût condamné au supplice de la roue.

Son trône portait sur le sang des Juifs et sur celui, en particulier, de la vieille famille nationale des Makkabées. Par son fidèle serviteur, Kostobar, il avait eu soin, au moment de la prise de V’'Hiéron, de faire massacrer ses principaux ennemis, Il fit crever les yeux au docteur de la loi, Baba-bèn-Bouta ?; et, pour satisfaire ses ennemis les Romains, il imita leurs procédés de confiscations.

N’avait-il pas aussi à fournir aux prodigalités et à la vie folle d’Antonius, son ami, et de la voluptueuse Kléopatra?

Deux personnages étaient seuls désormais en état de troubler la quiétude d'Hérodès, un vieillard, Hyrkanos, et un adolescent, Aristoboulos. Tombé aux mains des Parthes, le vieux grand-prêtre avait été sur sa paroie mis en liberté, et les Juifs babyloniens l’entouraient d’honneurs. Pourquoi Hyrkanos n’acheva-t-il pas doucement sa vie parmi les colonies juives de l’Euphrate, qui le vénéraient comme le descendant d’une noble races? Hérodès lui ayant fait dire par Saramalla qu’il désirait partager le trône avec lui, le naïf vieillard reprit la route de sa ville aimée, En

1. Il est resté des monnaies de cet Antigonos. Un type, dont il y a quelques exemplaires au Cabinet des médailles, porte, d’un côté, enroulé autour d’une couronne et avec des suppressions de lettres : Bacileôs Antigonou; de l’autre côté, la légende hébraïque plus ou moins abrégée : Matlhathia, le cohènehagadol et la confédération des Tehoudites, avec deux cornes d’abondance. Deux autres types n’ont au revers qu’une corne d’abondance.

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