‹ Histoire d'IsraelChapitre 201 sur 311 · Josèphe, Ant. jud., XV, var · texte numérisé non relu

Josèphe, Ant. jud., XV, var

et pendant sept ans encore, d’après une tradition thalmudique, il aurait assouvi sa passion sur la reine assassinée 1.

Le désespoir de son amour ne connut pas de limites. À grands cris, il appelait Mariamna comme un insensé; puis, aucune voix ne répondant, il éclatait en sanglots. Pour étouffer sa douleur, il se jeta dans les débauches les plus effrénées. Peu de temps après le trépas de Mariamna, sévit à Ierouschalaïm une épidémie qui emporta surtout les amis d'Hérodès, ce que Je peuple attribua à la colère divine. A Sébaste, le roi Jui-même fut pris tout à coup de douleurs aiguës à la tête sans que les médecins le pussent soulager,

Alexandra voulut profiter de la maladie du roi, que l’on disait mortelle, pour se rendre maîtresse d’Ierouschalaïm. Prévenu par Ahiab, son cousin, Hérodès envoya l’ordre de la mettre à mort. Elle alla rejoindre sa fille (29).

Sur les dénonciations de sa sœur, le roi fit exécuter Kostobar l’Iduméen, descendant des prêtres de Kozi et deuxième mari de Schalomé, sous prétexte qu’il avait conservé autrefois, malgré ses ordres précis, les bené- Baba et qu’il conspirait avec Lysimakhos, Antipater et Dorothéos. Ces trois hommes et les benê-Baba furent égorgés (28).

Rien de plus nerveux et de plus souple que ce roi d’Iehouda. Portant dans son cœur et à l'intérieur de son palais le deuil: de ses amours brisées, il savait au dehors n’en rien laisser paraître et se comporter en roi à la fois magnifique et habile. Les grandes conceptions foisonnaient dans cette tête, qui, malgré tout, ne répugnait pas aux petites précautions. En cela, il était parfaitement juif, ce roi que la nation juive exécra toujours comme un étranger.

Pour flatter le puissant Augustus, il établit des jeux quinquennaux en l’honneur de la victoire d’Actium,

1, Baba bathra, 36 et Kiddouschim, 70 b.

et, pour les célébrer, bâtit un théâtre à Ierouschalaïm et un hippodrome dans la plaine voisine. Lui-même, près la porte de Damas, sur la route de Sébaste, présida les jeux auxquels accoururent des histrions, des athlètes, des musiciens. Aux vainqueurs, on donnait pour prix de beaux chars avec les chevaux qui les traînaient.

L’hippodrome était magnifiquement décoré de trophées romains, d’aigles, d'inscriptions retraçant les hauts faits de César. Il y paraissait des bêtes féroces ; on y entendait rugir des lions superbes, qui devaient lutter entre eux où avec les condamnés.

Irrités de tant de violations de la Thora, et, en particulier, furieux d’apercevoir là des trophées romains, dix conjurés résolurent de mettre un terme à ces abominations. Parmi eux, ils avaient un aveugle, sans doute Baba-bèn-Bouta. Au moment où il allait pénétrer dans le théâtre et recevoir les coups de poignard des conjurés, le roi, averti du compiot, rentra dans son palais,

Dans les plus affreux supplices, mais vaillamment supportés, périrent les auteurs de cette conjuration. Les considérant comme des martyrs, le peuple voulut les venger : il mit en pièces leur délateur.

En vain le roi, par de savantes tortures infligées à de pauvres femmes, put-il connaître et frapper, ainsi que leurs familles, les auteurs de cet attentat. C'était la nation tout entière, blessée dans sa foi religieuse et soulevée contre lui, qu’il aurait fallu anéantir.

Ce qu'il fit à Schomron ou Sébaste ne fut pas pour Jui ramener le peuple d’Ierouschalaïm. A une lieue de la ville sainte, il fortifia et embellit la vieille ennemie, la rivale, qui adorait sur le Garizim. En même temps, de son palais-fort et de cette puissante citadelle de Baris que, pour flatter Antonius, il avait nommée Antonia, il maîtrisait [erouschalaïm.

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