‹ Histoire d'IsraelChapitre 203 sur 311 · Josèphe, Antiq. jud., XVI, 1v · texte numérisé non relu

Josèphe, Antiq. jud., XVI, 1v

fille-de Schalomé, qui ne le lui pardonnaït pas. Tout entière, du reste, sous le joug de sa mère, Bérénikê dévoilait à celle-ci ce qu’elle avait pu surprendre des propos de son époux.

Assailli de dénonciations contre ses fils, dans son palais semblable à une véritable géhenne, Hérodès devenait de plus en plus sombre. Phéroras, son frère, ligué d’abord avec Schalomé, s’en sépara violemment. Qui le croirait? Dans cette famille tourmentée déja par l’esprit de vengeance et par l’ambition la plus désordonnée, l'amour vint encore s’ajouter a tant de calamités.

Epris d’une femme de service, Phéroras négligea successivement pour elle les deux filles d’'Hérodès, ses fiancées. Sans doute, Schalomé, femme de la race des vipères, n’était point étrangère aux embarras de Phéroras1,

Celui-ci, peu satisfait du roi et de Schalomé, semble avoir eu des rapports plus fréquents avec les jeunes princes. Un jour, il lui échappa de dire à Alexander, tendrement attaché à sa femme Glaphyra, qu'Hérodès brûlait pour cette dernière d’une flamme incestueuse. Dans un moment de furieuse jalousie, le jeune prince éclata devant son père et lui dévoila toute l'accusation de Phéroras. Celui-ci, mandé par Hérodès, rejeta tout sur Schalomé, la déclarant l’auteur de la calomnie. Dans cette circonstance, les femmes du roi Hérodès (il en avait huit), craignant l’infernale Schalomé, s’unirent à Phéroras pour la perdre.

Un jeune Arabe, Syllœus, attendri par cette juive dont la beauté ne se fanait pas, mais n’ayant pu l’épouser parce qu’il avait refusé d’embrasser le judaïsme, passa pour avoir entretenu avec elle un commerce intime. Les concubines d’Hérodès, du moins, accusèrent Schalomé d’avoir accordé ses faveurs au jeune Nabatéen et déshonoré ainsi la maison de son

1, Josèphe, Ani$z. jud., XVI, vrr.

frère. En ce moment propice, Phéroras fit donner pour femme à un de ses fils une des filles du roi, qu’il avait lui-même rejetée, et que Schalomé voulait pour l’enfant né de son union avec Kostobar.

Ces complications ne détournaient malheureusement aucun malheur de la tête des deux jeunes princes. Au milieu des troubles qui remplissaient la maison royale, Antipater continuait à marcher froidement et. sûrement vers son but : la mort des fils de Mariamna. Il suborna les trois principaux eunuques d’Hérodès, son échanson, son serviteur de table, et un autre qui avait pour fonction de l’endormir, soit avec des philtres, soit avec des chansons. Peut-être aussi ce dernier, dont le rôle est mal défini par l’historien juif, était-il un simple flabellifère, comme on en voit près des monarques orientaux, chargé d’écarter de la face du roi les mouches et les insectes 1,

Dans tous les cas, mis à la question, les trois eunuques redirent au roi les méchants propos tenus sur son compte par Alexander. Celui-ci était donc l’ennemi mortel de son père Hérodès!

. Le roi dissimula, mais il était intérieurement rongé par le soupçon. Tout lui devint suspect. Il interdit son approche à ses amis même, bannit les plus dévoués d’entre eux, Andromakhos et Guemellos, sages conseillers que redoutait Antipater. Maître de l’esprit

«d'Hérodès, ce dernier y exaspérait le soupçon et la soif des vengeances terribles. On mit encore à la torture de prétendus confidents d’Alexander, dont l’un, au milieu d’atroces souffrances, déclara que les deux princes avaient formé le dessein de tuer le roi dans une chasse, puis de s’enfuir à Rome pour y réclamer le trône de Judée.

Alexander fut chargé de chaînes. Mais son père demeurait encore dans toutes les angoisses de l’incere titude. Grâce aux soins d’Antipater, rien ne fut né-

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