Josèphe, Antig. jud,, XVII, vin
blié, À Augustus, son ami, il laissait dix millions de drachmes.
Ses dernières volontés écrites, Hérodës ne tarda pas à expirer. C'était précisément cinq jours après l'exécution d’Antipater, Il avait régné trente-quatre ans depuis le meurtre d’Antigonos et trente-sept depuis que le Sénat romain l'avait fait roi. On fit de sa mort un jour de fête, le 2 de Schebat.
Aux mercenaires thraces, germains, gaulois, aux doryphores ou gardes du corps qui avaient protégé, dans Ieriho, lagonie du roi, Schalomé et Alexas apprirent la fatale nouvelle. Si la nation eut de la joie ce jour-là, certainement les farouches mercenaires furent pris d’une sincère douleur. Après qu’on leur eut fait la lecture du testament, ils acclamèrent Arkhélaos.
Hérodès eut de pompeuses funérailles dans lesquelles même, chose étrange ! l’homme, avec sa grandeur, ses goûts royaux, se peint tout entier. Sur un coussin recouvert de pourpre reposait le corps, vêtu de pourpre lui-même, un diadème et une couronne d’or à la tête, un sceptre dans la main droite. Dans une litière d’or, suivi de toute la famille royale, de tous les soldats, de cinq cents esclaves portant des aromates, le vieux roi S’achemina vers Hérodium qu’il avait choisi pour lieu de son repos, et où sa tombe n’a jamais été retrouvée,
I1 mérita le nom de Grand, bien que peut-être par là on ait seulement voulu l’appeler l’ancien pour le distinguer de l’autre Hérodès,
Monté sur le trône à une heure difficile, le fils de l’Iduméen, à force d’habileté, donna quelque apparence de vie et même d'éclat à l'Etat juif. Il fut généreux, magnifique, presque malgré lui et par une pente invincible de sa nature; prodiguant les belles constructions à un peuple dont il était l’horreur ; le soutenant, dans la famine, de ses deniers; répandant glorieusement son nom par toute la terre.
Sans doute, la vie privée d’Hérodès n’est pas pure,
Le sang brülant qui circulait en lui le poussait à toutes les voluptés, Il aima violemment les femmes, et jusqu’au jeune Carus.
Mais, malgré l’âcreté du sang, l’Iduméen se montra sensible à cette douce chose qui s’appelle l'amitié. A Augustus, à Nicolas de Damas, à Arkhélaos le Cappadocien même, il donna de vifs et sincères témoignages d’attachement.
Pourquoi, hélas ! comme tous les dynastes orientaux, livra-t-il sa vie aux soupçons et son palais aux intrigues de femmes? Le plus sensible des hommes en vint, dans des accès de crédulité, à massacrer tous les siens,. sauf à les pleurer quelques heures après avoir ordonné leur meurtre,
Qui sait encore si les Juifs, exécrant la mémoire de ce roi iduméen, n’ont pas outré certaines circonstances de sa vie? La légende lui a attribué le massacre des enfants de Beth-léhem, bien qu’il ait expiré quatre ans avant notre ère!
Il est l'horreur des siècles chrétiens, qui lui chantent chaque année, malgré son innocence :
Cruel Hérode,
Pourquoi crains-tu la venue de l'enfant Dieu ?
Quand naquit Jésus, Hérodès le Grand dormait depuis quatre ans déjà dans la citadelle d’Hérodium.
N'importe : la voix de Rahel ne cesse, depuis dix-huit siècles, de crier contre lui et de faire de son nom, malgré l’histoire, jusque dans les plus humbles hameaux de notre occident, quelque chose d’abominable que l’on ose à peine associer à Satan, Dans les puérils mystères du moyen âge, on a représenté comme un matamore ou comme un bourreau, ce prince vraiment glorieux et digne devant la postérité du titre de Grand.
La numismatique d'Hérodès est des plus difficiles à interpréter. Un type de monnaie porte d’un côté un objet considéré généralement comme un casque avec
ses attaches ou jugulaires, et dans lequel M. Madden voit, mais certainement à tort, un vase avec son cou: vercle. De chaque côté de ce casque, apparaît une branche de palmier. Sur le revers de la monnaie se trouve une représentation qui serait, d’après M. de Saulcy, un autel, d’après Madden, un trépied, avec l'inscription grecque, Basileôs Hérodou. Il y a une monnaic de la même année, ayant d’un côté le casque avec la croix ansée et la légende Basileôs Hérodou; sur le revers est représenté un bouclier macédonien; elle est probablement de l’an XV du roi des Juifs.
Une autre pièce de l’an III porte un caducée avec l'inscription grecque, et sur le revers une grenade.
D’autres types de monnaies remplacent le caducée par l’ancre, symbole peut-être de la ville maritime de Césarée, bâtie par Hérodès; sur le revers, paraissent deux cornes d’abondance avec tantôt le caducée, tantôt la tête de pavot.
Le bouclier macédonien est certainement ce qu’il semble le plus étrange de rencontrer sur les monnaies du roi juif; mais on ne s’étonnera pas de l’apercevoir, ainsi que le caducée et le casque, si l’on songe qu’Hé:rodès essaya de rattacher sa généalogie aux anciens rois macédoniens.
1. Madden’s, Jewish coinage, — Deux exemplaires au Cabi. net des médailles. — Madden, Jewish numismatic, dans Num, chron., N. S., 1875, t. XX, p. 45 et suiv.